Piratage informatique : les pirates appellent à la maison

Les faux informaticiens avertissent la victime que son PC est infecté : un message d'alerte est parvenu chez Microsoft à la centrale. Le piratage est lancé

Incroyable, mais vrai ! De faux techniciens de Microsoft appellent les particuliers en Suisse et en France pour réparer l'ordinateur à distance....Méfiance ! C’est une arnaque. 'Une nouvelle vague touche la Suisse et l'Europe", prévient Marc Henauer, chef de la Centrale d'enregistrement et d'analyse pour la sûreté de l'information (MELANI). Les arnaqueurs n’hésitent plus à téléphoner à leurs victimes pour tenter de pirater leur ordinateur.

Il semblerait que des dizaines de milliers de particuliers soient victimes d'escrocs de nouvelle génération. En effet, le site Wikipedia apporte des informations intéressantes, à la différence des médias modernes, qui semblent relier les hackers informatiques à des pirates informatiques, bien que la traduction de « pirate » ne correspond pas aux définitions de « fouineur » ou de « bidouilleur » que l'on peut trouver dans les institutions qui font référence en langue française.

Selon Wikipedia, "le hacking coexiste bien souvent avec la sécurité informatique, mais ces deux domaines ne sont pas à confondre. Cela n'empêche nullement que les hackers soient aussi des spécialistes en informatique.... La différence notable entre ces deux pratiques sont que le hacker le fait, normalement, pour aider à "patcher" ces brèches et le pirate le fait dans le but d'exploiter cette dite faille."

Ce que confirme Marc Henauer, joint par téléphone ce 29 août 2012, "les personnes ont appris à se méfier des spams et autres tentatives de hameçonnage sur internet. Mais avoir au bout du fil une vraie personne qui tente de vous manipuler pour pirater votre ordinateur c’est pour le moins déconcertant.... ".

Mieux que l'hameçonnage

D'après Chantal Billaud, vice-directrice de la Prévention Suisse de la Criminalité (PSC), contactée par téléphone, "Les gens n’ont pas l’habitude de se faire piéger de la sorte au téléphone... Le risque est donc accru de se faire voler des données sensibles.

'Le mode opératoire est toujours le même. Une personne parlant anglais appelle en se présentant comme un membre du service d’assistance de Microsoft. Son accent indien n’éveille pas forcément les soupçons, vu le nombre de call center délocalisés dans ce pays......"

L’antivirus est un maliciel qui explorera la machine à la recherche d'informations confidentielles

Le faux informaticien avertit sa victime que son PC est infecté. Un message d’alerte est parvenu chez Microsoft à la centrale. "Le pigeon est alors prié de se rendre sur internet pour télécharger et installer un logiciel qui résoudra le problème. Évidemment, il s’agit d’un maliciel qui espionnera la machine à la recherche d’informations sensibles, comme les données bancaires ou le carnet d’adresses. Dans d’autres cas, l’escroc demande à sa victime un numéro de carte de crédit" ajoute Chantal Billaud.

"La seule réaction recommandée : raccrocher. Inutile de noter le numéro de l’escroc, car c’est un faux, généré aléatoirement pour brouiller les pistes, explique encore Chantl Billaud. Cette méthode d’hameçonnages via téléphone est apparue en 2011 déjà. Elles reviennent par vague toucher la Suisse. Sur le fond, les arnaques sont toujours les mêmes, c’est uniquement leur emballage qui change. D’où l’importance d’en reconnaître les mécanismes. Une entreprise sérieuse ne demande jamais d’informations personnelles par téléphone ou par mail. Cela devrait mettre la puce à l’oreille des victimes potentielles.....".

Internet a démultiplié les gains des fraudeurs

Comme le révèlent différents sites en ligne, notamment Escroqueries sur internet, Cybercriminalité , depuis la vulgarisation de l’Internet, "les fraudeurs font des ravages, même si ces derniers restent difficiles à évaluer. Avant qu’Internet soit entré dans l’usage public, les fraudeurs utilisaient, dans les années 1980 où certains situent l’origine de ces actes, le fax ou la voie postale. Le processus était plus lent, plus coûteux aussi. Et sans doute moins rentable. Mais, ça fonctionnait. En révolutionnant la manière de travailler des fraudeurs, l’Internet a multiplié leurs gains....".

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