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GÉRARD VICTOR

Publié dans : Les articles Culture de Gérard Victor

L'ASSASSIN d'Elio Petri en DVD et Blu-ray

Ce film, de 1961, est le premier que réalisa Elio Petri après avoir longtemps travaillé, en tant que scénariste ou assistant, auprès de Giuseppe De Santis

Après avoir appris son métier avec l'une des figures les plus marquantes du cinéma néo-réaliste italien, pour son premier long-métrage, Elio Petri collabora avec des scénaristes de renom comme Pasquale Festa Campanile ou Tonino Guerra. Ce dernier a été celui de Michelangelo Antonioni (L’Avventura, en 1960. La Notte, en 1961) avant de travailler pour Federico Fellini ou Francesco Rosi ou encore Vittorio De Sica et bien d’autres... Qui plus est, Elio Petri bénéficia du talent de Carlo Di Palma, un des plus talentueux directeurs de la photographie italien qui œuvra avec les plus grands cinéastes mondiaux, et de celui du monteur Ruggero Mastroianni (frère de Marcello). Une belle équipe à l’affiche d’un premier film.

Nous sommes à Rome où Alfredo Martelli (interprété par Marcello Mastroianni), un antiquaire aux méthodes peu scrupuleuses est arrêté alors qu’il devait se rendre à Lucques retrouver sa fiancée Nicoletta Nogaro. Après l’avoir mené au commissariat, les policiers le laissent "mariner". Alfredo ne sait absolument pas pourquoi on l’a interpellé. Cela lui laisse le temps de réfléchir si ce n’est celui de se remémorer quelques évènements du passé. Comment il a acheté à un receleur une horloge 5 000 lires qu’il a revendue 150 000...

C’est finalement après quelques heures qu’il sera reçu par le commissaire Palumbo. Il lui apprendra que son ancienne associée et maîtresse Adalgisa De Matteis (incarnée par Micheline Presle) a été retrouvée morte. On le soupçonne de l’avoir assassinée car tout un faisceau de preuves témoigne contre lui.

Un récit en flashbacks

La structure du récit en flashbacks nous éclaire peu à peu sur le profil psychologique d’Alfredo Martinelli qui est très loin d’être un héros positif. Accablé par les preuves qui se multiplient, il résiste néanmoins. Le récit témoigne également d’une Italie asphyxiée par une bureaucratie envahissante et les méthodes d’une police dont tous les cadres ont débuté sous l’ère fasciste d’où un climat paranoïaque assez délétère. Elio Petri ne fait pas montre ici de ses engagements politiques mais dresse en demi-teinte un portrait sans concession de l’Italie à la veille de son renouveau.

Un premier film d’une grande qualité qui révèle le talent d’Elio Petri qui connaîtra la consécration avec Enquête sur un Citoyen au-dessus de tout Soupçon (chroniqué ici), Prix Spécial du Jury à Cannes et Oscar du Meilleur Film étranger en 1970, et La Classe Ouvrière va au Paradis, Palme d’Or au Festival de Cannes 1972.

Un film à découvrir ainsi que les Bonus qui l’accompagnent.

Film (94’ – 98’) – Bonus : Petri par Paola (Paola Pegoraro, épouse d’Elio Petri et Jean A. Gili racontent la production de L’Assassin, de la genèse du projet à la confrontation avec la censure) 16’ – Coupable Innocence (Jean A. Gili explique pourquoi le premier film d’Elio Petri incarne la société italienne d’après-guerre et contient déjà l’essence de son cinéma) 16’ - Blu-ray - Carlotta

Film ♥♥♥1/2

Bonus ♥♥♥

À propos de l'auteur

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