Rio, le film d'animation du printemps

Deux aras bleus en voie d'extinction sont invités à faire perdurer l'espèce, par les humains. Mais rien ne se passe comme prévu.

Sortie cinéma le 13 avril 2011

Réalisateur : Carlos Saldanha

Avec les voix de Anne Hathaway (vo), Jesse Eisenberg (vo), Laetitia Casta (vf), Lorant Deutsch (vf)

Un ara dans le Minnesota

Blu n’est pas un perroquet comme les autres. Victime de la contrebande dès son plus jeune âge, il a été recueilli par hasard par Linda, une fillette solitaire et débordante d’affection. Depuis, il coule des jours heureux d’animal domestique dans le Minnesota. Il ne sait pas voler mais il est choyé, dorloté, humanisé... Et tout cela lui convient parfaitement.

Jusqu’au jour où débarque Tulio, un ornithologue brésilien lunaire, débordant d’enthousiasme. Selon lui, Blu serait le dernier mâle de l’espèce des aras bleus. La dernière femelle se trouvant dans son laboratoire, au Brésil. Pour lui pas de doute, les deux perroquets doivent se rencontrer et faire des petits pour sauver l’espèce.

Après quelques tergiversations, Linda et Tulio se mettent d’accord. Et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, ils débarquent à Rio de Janeiro, à la veille du célèbre Carnaval.

Samba !

Mais ce qui ne devait être qu’une formalité se révèle un plan complètement raté. La première rencontre entre Blu et sa promise, la belle caractérielle Perla, est un désastre. Et les ennuis de continuer lorsque les deux perroquets sont enlevés par des trafiquants.

Blu et Perla se retrouvent ainsi enchaînés dans une cage, sous l’œil mauvais d’Hector, un cacatoès violent à la solde des truands. L’avenir semble soudain bien sombre pour Blu, habitué à son petit confort américain et pour Linda, désespérée, qui sillonne la ville à sa recherche.

Mais Perla n’a qu’une idée en tête : retrouver la liberté. En deux temps trois mouvements, quelques plumes arrachées et des insultes à Blu qui se comporte comme un boulet, les voilà dans la jungle. Le nouveau challenge est désormais de se débarrasser de la chaîne qui les entrave et de surtout ne pas se faire reprendre par Hector. Y parviendront-ils ? Blu se décidera-t-il enfin à voler ? Réussiront-ils à être hors de danger pour fêter le Carnaval ?

Le droit à la différence

A l’instar de son prédécesseur, l’ Age de Glace , Rio invite le spectateur à suivre l’évolution d’une bande de bras cassés hyper attachants. Blu, l’oiseau qui ne sait pas voler en tête. Un postulat de départ a priori peu évident et qui a pourtant fait ses preuves. D’où le scénario sans surprise qui fonctionne à merveille.

On aime que Blu compense son handicap par un langage soutenu. On apprécie aussi que la femelle soit pugnace, comme sa cousine Eli, de l’ Age de Glace . Et la comparaison ne s’arrête pas là : les seconds rôles (la poule fan de hip-hop et le canari ninja) rappellent étrangement les opossums de l’ Age de Glace 2 et 3 . Les humains, en particulier l’ornithologue, apportent un grain de folie supplémentaire tout à fait jouissif.

Mention spéciale enfin au personnage de Luiz, le bouledogue, bave aux babines plus que réaliste, qui arrive aux deux tiers du film. Il est à la fois le sauveur tant attendu et un personnage canin complètement décalé dans l’univers des oiseaux. Fun !

Un feu d’artifices

Mais peut-on encore être surpris par la texture d’un film d’animation en 3D ?

La réponse est oui, trois fois oui !

Oui, parce que dès les premières minutes, les couleurs vives emportent le spectateur au cœur de la jungle brésilienne. Le bleu des perroquets, les habits multicolores des carnavaliers, le vert luxuriant de la jungle jusqu’au blanc sale du méchant cacatoès, c’est une véritable explosion de couleurs qui met de bonne humeur.

Oui, parce qu’assis dans son fauteuil de cinéma, le spectateur est à Rio. Il vit à Rio, il ressent le vent dans ses cheveux lors des courses-poursuites à moto dans les favelas et admire la ville du ciel grâce au point de vue des oiseaux. Rio vue de haut, plus que réaliste, donne envie d’acheter son billet d’avion.

Et oui, parce le rythme brésilien n’est pas un légende. Carnaval virtuel mais carnaval quand même. Le rythme des musiques gagne du terrain au fur et à mesure que le Carnaval approche. L’ambiance, les odeurs et la chaleur sont palpables. On plonge tête la première dans la fiesta. Que du bonheur.

Excellent voyage

Rio est donc le film à ne pas louper pendant les vacances de Pâques. Film familial par excellence, il divertit les enfants en amusant les parents grâce à ses différents niveaux de lecture. On sort de la séance de bonne humeur, un voile arc-en-ciel devant les yeux avec une furieuse envie de partir au Brésil pour les prochaines vacances.

A propos de Carlos Saldanha

Diplômé de l’Ecole des Arts Visuels de New-York, Saldanha fait ses débuts en 1993, au sein du Studio Blue Sky. Il y supervise les séquences d’animation de films comme Joe’s appartment et Fight Club . En 2002, il coréalise l’ Age de Glace avec Chis Wedge. On lui doit aussi le court métrage L’aventure inédite de Scrat et Robots. Il a réalisé Rio pour rendre hommage à ses origines brésiliennes.

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