La révolution des cleantech est en marche

A l'heure où la question environnementale est sur toutes les lèvres, les cleantech prennent de plus en plus d'ampleur. Mode passagère ou révolution durable?
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« Le monde a connu une succession de révolutions, notamment la révolution industrielle, explique Eric Plan, secrétaire général de CleantechAlps, le cluster des technologies vertes en Suisse occidentale. Pendant les dernières décennies, il y a eu une certaine accélération avec d’abord la révolution des technologies de l’information et de la communication, puis celles des Biotech et des Nanotech. C’est maintenant au tour des Cleantech. » Les cleantech se définissent comme l’ensemble des produits, des services et des technologies qui visent à une utilisation pérenne et durable des ressources et à la production de nouvelles énergies. « Les cleantech touchent tous les secteurs de l’économie. Nous assistons donc désormais à une révolution transversale. » Les éléments déclencheurs de cette révolution résident dans l’acceptation du fait non seulement que les ressources énergétiques primaires sont limitées mais aussi que le réchauffement climatique est réel. Les cleantech sont par conséquent un secteur à part entière comme le montrent les chiffres des récentes études. Rien qu’en Suisse, les cleantech génèrent chaque année 18 à 20 milliards de francs de la valeur ajoutée brute. Cela représente entre 3 et 3,5% du produit intérieur brut (PIB). Les technologies vertes occupent près de 160.000 personnes en Suisse, soit 4,5% de la population active. Ces valeurs sont comparables à celles du tourisme.

Une vision à long terme

« Les cleantech ne sont pas seulement une thématique à la mode, mais c’est surtout un passage obligé. Nous avons enfin réalisé que les ressources étaient finies. Nous changeons progressivement de paradigme. Nous entrons réellement dans l’ère du ‘vrai’ développement durable. » Etant donnée la croissance de la démographie, la consommation d’énergie, d’eau et d’aliments va continuer à augmenter. C’est une évolution inéluctable. Ce secteur n’est toutefois pas totalement nouveau. Il s’appuie en partie sur des technologies et concepts éprouvés depuis longtemps (Stations d'épuration, usine d’incinération, etc.). « Ce n’est pas un feu de paille. C’est un changement sociétal qui va devenir un mode de vie .» D’ici à 2020, les cleantech devraient produire, chaque année, 2200 milliards d’euros dans le monde, soit une croissance annuelle de 8 à 10%. En 2008, l’industrie de l’eau générait 1,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, d’ici 2011, ce montant devrait atteindre 2,5 milliards d’euros.

Une opportunité pour la Suisse

La Suisse est pionnière dans le secteur des cleantech. Le tri des déchets y est exemplaire et l’électricité est majoritairement issue d’énergie renouvelable (hydraulique). Les standards de construction écologiques, comme par exemple les labels Minergie et Minergie P , existent depuis longtemps dans notre pays. Par ailleurs, outre les fonds d’investissement durable, des concepts novateurs, tels que la « société à 2000 W » , sont nés en Suisse. Par ailleurs, le thème des cleantech est mis en lumière par des projets phares, tous initiés en Suisse occidentale : ainsi, le bateau Planet Solar a commencé son tour du monde sans escale uniquement grâce à l’énergie solaire. De son côté la voiture éolio-solaire, du projet Icare continuera à utiliser uniquement les forces du soleil et du vent pour propulser deux reporters sur quatre continents. Quant à Solar Impulse , l’avion solaire de Bertrand Piccard, il devrait accomplir son tour du monde par les airs à l’énergie solaire en 2013.

Développer le domaine du cleantech

Beaucoup d’initiatives sont actuellement chapeautées par le Masterplan cleantech de la Confédération helvétique. La troisième Conférence sur l’innovation, qui s’est tenue récemment à l’initiative de la présidente de la Confédération, Doris Leuthard, a approuvé cinquante mesures et recommandations proposées dans ce Masterplan. Les mesures couvrent tous les aspects de la chaîne de création de valeur, de la recherche au marché en passant par la régulation et la formation. L’ensemble des actions préconisées sera donc mis en œuvre par la Confédération, les cantons et les milieux économiques et scientifiques au cours des prochaines années. Le but est de permettre à l’économie suisse de se positionner au mieux à l’échelle mondiale sur le marché en plein essor des technologies propres et respectueuses des ressources. La consolidation des acteurs et des initiatives est en place et commence à déployer ses effets à l’exemple du cluster CleantechAlps (Suisse occidentale) ou de Cleantech Switzerland (plateforme nationale tournée principalement vers les activités d’export). Par ces différentes mesures, la Suisse s’engage sur la voie de l’économie verte via la diminution de la consommation de ressources et entend ainsi dynamiser l’industrie dans le domaine des cleantech.

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