Les rois du sixties-punk : The Chesterfield Kings

Les Chesterfield Kings furent l'un des premiers groupes américains à revenir au son garage-punk

Les Chesterfield Kings ne viennent pas de Chesterfield (nom d'une célèbre marque de cigarettes américaines blondes sans filtre) mais de Rochester dans l'état de New York. Le groupe a été fondé à la fin des 70's par le journaliste rock et avide collectionneur de pépites 60's Greg Prevost, et le jeune (16 ans à l'époque) Andy Babiuk. Les Chesterfield Kings ont certainement inspiré les ex Tina Peel qui se transforment en Fuzztones ou les Unclaimed avec Syd Griffin futur fondateur des Long Ryders ou encore les Cynics et les suédois Stomachmouths et Nomads.

I Ain't No Miracle Worker

Le premier single du groupe paraît sur Living Eye Records. La face A est une reprise des Brogues (groupe qui comporte des futurs Quicksilver Messenger Service) : « I Ain't No Miracle Worker » repris aussi par le Chocolat Watch Band. La face B est une autre reprise, d'un groupe nommé The Heard, « Exit 9 ». Cela montre l'obsession de Prevost et Babiuk pour le rock garage-punk même si leur son a évolué par la suite.

Here Are The Chesterfield Kings

Leur 1er album, Here Are The Chesterfield Kings, est entièrement composé de reprises obscures comme « Expo 2000 » du Chocolat Watch Band, « The Hustler » des Sonics, « Outside Chance » des Turtles, « Little White Lies » des Painted Ship, « 99th floor » des Moving Sidewalks. On ne peut pas dire que les Kings font dans la facilité. D'ailleurs à l'époque, ils se promettent de ne jamais enregistrer un titre sorti après 1966, c'est dire... Le son est une reproduction fidèle sinon obsessionnelle du son des groupes de l'époque.

Stop

Leur second album, Stop , (1985) est dans la même veine que le 1er bien qu'il voit les premières compositions Prevost-Babiuk comme le très punk « She Told Me Lies » ou « Cry Your Eyes Out ». Bien sur, il y a encore des reprises obscures comme « Fight Fire » des Fantastic Deejays. Après cet album, la composition du groupe change et leur son avec. Il enregistre Don't Open Til Doomsday (1987) avec une reprise des Kinks, « Time Will Tell », « Social End Product » des Blue Stars ou des originaux comme « I Can't Get Nothin » très inspiré par les Byrds.

Changement de son

Un grand changement se produit en 1990 avec l'arrivée du guitariste Paul Rocco et l'album The Berlin Wall Of Sound où les Kings adoptent un son plus dur. Vient ensuite un disque de reprises blues, Drunk On Muddy Waters (1990). C'est le début d'une série qui semble vouloir montrer que les Kings sont capables de reproduire le son de tout ce qui s'est fait dans les 60's. Ainsi Let's Go Get Stoned (1995) dont la pochette et la musique a de fortes réminiscences de Beetween The Button s des Rolling Stones. Même esprit avec Surfin Rampage (1997) un album dont les 32 titres sont consacrés au Surf et à la Hot Rod Music. 1999 marque le retour aux racines des Kings avec Where The Action Is, un album pratiquement entièrement composé de reprises (« Ain't It Hard », Electric Prunes, « I'm Five Years Ahead Of My Time », des Third Bardoo, « We Ain't Got Nothin' Yet » des Blues Maggoos, etc.)

Les années 2000

Il est remarquable de constater que ce groupe malgré une musique « datée » est toujours en activité dans les années 2000. Peut-être est-ce du à son authenticité et à l'amour qu'il porte à la musique qu'il joue ? Toujours est-il qu'en 2003 sort Mindbending Sounds , un album très lysergique qui fait suite à la recréation sixites-punk du disque précédent avec des arrangements qui évoquent les Electric Prunes comme « Transparent Life » ou « Disconnection ». On note aussi la participation de l'ex guitariste du Jefferson Airplane, Jorma Kaukonen, sur deux titres. Les revivalistes et la légende se rencontrent... Les dernières nouvelles que l'on ait du groupe datent de 2009 et de l'album Live On Stage... If You Want It. Encore une référence, aux Rolling Stones cette fois et au EP de 1965 Got live If You Want It .

Les Chesterfield Kings, passionnés de rock 60's, jouent une musique passionnante car semblable à un jeu de piste (de qui est ce titre ?). Cette passion est leur force et leur authenticité. Ce qui explique qu'ils soient toujours en activité alors que tant d'autres ont remisé les chemises à pois et les coupes Brian Jones au placard. Si vous aimez votre rock sans concessions, engagé, avec de larges doses de Farfisa, de guitares saturées, de vocaux arrogants, les Chesterfield Kings sont votre groupe.

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