Apprendre à nos enfants à construire leur bonheur

Trouver son bonheur ou un sens à sa vie demande un apprentissage, celui de la joie.
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Les français font partie des plus grands consommateurs d' antidépresseurs dans le monde Cette constatation est d’autant plus troublante que, déjà dans les écoles, beaucoup d’enfants souffrent d’un certain mal être : problèmes comportementaux, manque d’intérêt scolaire, etc. Ils ont perdu leur joie de vivre.

Foule sentimentale

Etre heureux, nager dans le bonheur, s’épanouir, chacun le recherche à sa façon. Or, la société ne nous apprend pas la joie mais la frustration, comme nous le montre si bien Alain Souchon dans sa chanson Foule sentimentale . Le malheur vient d’une absence de but et de sens à sa vie. Mais comment lui trouver un sens dans une société où le chômage et la pauvreté marchent à côté du phénomène de consommation de masse qui, sans vergogne, fait croire en un bonheur illusoire ?

Certains enfants grandissent dans ce contexte, sans but à leur existence, si ce n’est gagner de l’argent. L’argent fait-il le bonheur ? Beaucoup trop d’enfants et d’adolescents n’attendent rien de la vie et on observe alors une très grande démotivation voire une désespérance par rapport à leur avenir professionnel et parfois même sentimental. Alors comment retrouver la joie de vivre ?

Qu’est-ce que la joie ?

La joie est une émotion qui survient quand nous gagnons quelque chose : un objet, une marque d’affection, la visite d’une personne ou simplement lorsque nous recevons des stimuli externes. Par exemple, une musique, un beau coucher de soleil ou encore un massage, peuvent procurer de la joie.

Les enfants ont besoin d’exprimer de la joie pour conserver le goût de vivre, devenu parfois si rare aujourd’hui. En effet, au niveau biologique, la joie stimule la production d’hormones, comme les endorphines, qui procurent un certain bien-être. Elles agissent à la manière d’un système de récompense où la joie appelle la joie. Ces hormones ont un rôle antidépresseur.

Encourager et valoriser l’enfant

Les parents et les éducateurs ont pour rôle d’encourager et de féliciter les enfants. Parfois, ceux-ci font des expériences qui leur paraissent dangereuses (monter sur un muret, sur une table, sauter les marches…) et ils ont tendance à les interdire. Les expressions « descend tu vas tomber » ou « tu vas te faire mal » sont des réactions normales de la part des adultes. Or, elles risquent d’inhiber l’enfant en le privant de sa confiance en lui. A l’âge adulte, ce manque de confiance peut mener à l’échec, à l’inaction et même à la dépression. L’enfant perd sa joie de vivre.

Encourager et valoriser un enfant va au contraire lui procurer de la joie et ainsi l’aider à s’épanouir. Cela va le pousser à tenter de nouvelles aventures, faire des efforts et se dépasser. Le succès donne en général envie de grandir, de prendre des initiatives pour aller plus loin.

Construire sa vie

Un enfant qui aura été encouragé, valorisé et soutenu dispose d’un « moteur » pour persévérer dans la vie : s’il se sent fier de lui, il peut s’appuyer sur ses forces et puiser de la joie dans ses ressources. La réussite entraine la motivation pour une autre action à accomplir, et ainsi de suite. Apprendre à se dépasser est toujours source de joie.

Si un enfant paraît trop heureux à l’école, les parents ont tendance à penser qu’il ne travaille pas sérieusement. Or, les méthodes d’apprentissage les plus performantes se font par le jeu et le théâtre mais on leur reproche souvent d’être trop ludiques.

Ainsi, face aux épreuves que ne manque pas d’apporter la vie, la capacité à positiver les évènements, à les prendre du bon côté, est une grande aide. Il est essentiel de rester en contact avec ses ressources intérieures pour inventer des solutions et trouver la joie, à l’instar de sainte Thérèse de Lisieux, qui, d’après ses textes, accomplissait chaque geste de la vie quotidienne avec amour et par amour. Et si c’était la clé du bonheur ?

Sources : « Au cœur des émotions de l’enfant » Isabelle Filliozat

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