Ken, Eric et les autres au Festival Lumière 2012

Eric Cantona remettra le Prix Lumière à Ken Loach lors du Grand Lyon Film Festival où ont rendez-vous du 15 au 21 octobre , 80 000 amoureux du 7ème art

Jour « J » moins 24 pour l’ouverture de Lumière 2012. Intéresser le plus large public aux films cultes de l’histoire du cinéma, n’est pas la seule originalité du Grand Lyon Film Festival. Lancé par Thierry Frémaux et Bertrand Tavernier avec le soutien du Grand Lyon et de la Région Rhône-Alpes, ce « festival du film restauré et du cinéma retrouvé » invite les plus grands cinéastes et comédiens du moment, à évoquer les œuvres de leurs aînés. Ainsi, après avoir vu l’an dernier Gérard Depardieu et Benicio del Toro commenter leurs films préférés, c’est le tour de Guillaume Canet de présenter L’Epouvantail au côté de Jerry Schatzberg, un réalisateur qu’il connaît bien , pour avoir tourné en 2000 avec lui « The Day the Ponies come back. »

Guillaume Canet et Jerry Schatzberg en lever de rideau

Projeté le 15 octobre à la Halle Tony Garnier, en ouverture du Festival Lumière, L’Epouvantail raconte l’histoire très seventies de Max et Lion, deux déclassés (Gene Hackman et Al Pacino) unis par le destin. Palme d’Or du Festival de Cannes en 1973, le film serait toujours impossible à voir sur grand écran, si la Warner et Park Circus n’avaient restauré et tiré en copie neuve pour le Festival Lumière, le chef d’œuvre de Jerry Schatzberg. Dans l’Epouvantail, le réalisateur de Portrait d’Une Enfant déchue et de Panique à Needle Park filme « l’idée que les Etats Unis appartiennent à l’humanité tout entière : un pays où les gens doutent, espèrent, se battent, on l’a parfois oublié en ces derniers temps d’hégémonie mondiale », souligne Thierry Frémaux.

Le fabuleux destin de Louise Brooks

Le délégué général du Festival de Cannes et directeur de l’Institut Lumière accompagnera son président Bertrand Tavernier, au moment d’accueillir Max Von Sydow, Jacqueline Bisset, Lalo Schifrin, Tim Roth, Agnés Varda, Mark Cousins et Nicolas Winding Refn. Dès le 17 octobre, les artistes et spectateurs des premiers jours du Festival craqueront en cœur pour Loulou. Le chef d’œuvre de Pabst a les honneurs du traditionnel Ciné-Concert à la partition réglée par l’Orchestre National de Lyon et le chef Timothy Brock, sur une musique spécialement créée par Airelle Besson et Yonnel Diaz. Ajoutez le cadre magique de l’Auditorium, grande coquille Saint-Jacques de béton, pour revivre le fabuleux destin de Louise Brooks, devenue avec Loulou, une icône internationale du 7ème art.

Une nuit musique et cinéma avec les Beatles

Très rock ‘n roll la nuit du cinéma ! Orchestrée le 19 octobre par Thomas Sotinel, auteur de Rock et Cinéma aux éditions de La Martinière, la projection de quatre films, dont une copie inédite de Quatre Garçons dans le vent, se poursuivra jusqu’au petit matin, avec une pause dortoir conseillée derrière le grand écran de la Hard Day’s night des Fab Four et de leurs fans réconfortés par la désormais traditionnelle corbeille de croissants. Et c’est reparti le 20 octobre pour une longue soirée de cinéphilie dédiée à Ken Loach.

Lauréat du Prix Lumière, comme le furent avant lui Clint Eastwood, Milos Forman et Gérard Depardieu, Ken Loach est toujours resté fidèle à ses idéaux. Ceux d’ «un homme qui soutient les laissés pour compte et les oubliés», déclare Bertrand Tavernier à propos de cet « héritier d’Orwell qui a recensé , la rage au cœur, les erreurs et les lâchetés des hommes politiques.

L'hommage aux "sculpteurs de temps"

Témoignages accablants des égarements de la société capitaliste, ses films sont aussi la preuve que l’on peut rêver d’une autre société, faite de fraternité et de croyances collectives.» Héros de Looking for Eric, Eric Cantona remettra lui-même le Prix Lumière à Ken Loach « pour sa contribution à l’histoire du cinéma anglais, européen, mondial et aussi parce qu’il aime le foot ! »

Des rétrospectives à la gloire de Vittorio de Sica, Max Ophuls et Dean Martin aux hommages à Max Von Sydow et Lalo Schiffrin, le Festival Lumière 2012 multiplie les occasions d’explorer les univers cinématographiques les plus variés. A redécouvrir lors des projections des plus belles copies restaurées de 2012, Cléo de 5 à 7 d’Agnès Varda, Voyage en Italie de Roberto Rossellini et le Samourai de Jean-Pierre Melville pérennisent les œuvres des « sculpteurs de temps » chers à Andreï Tarkovski, l’un des réalisateurs les plus fascinants et les plus universels du cinéma russe.

www.festival-lumiere.org

Sur le même sujet