Le Régalec : la légende vivante du serpent de mer

Observé dans son milieu naturel, le "roi des harengs" pourrait prévoir les séismes
23 Déc
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Le Régalec, un poisson au physique assez particulier

Le poisson serpent Régalec fait partie de l’ordre des Lampridiformes, du sous ordre Trachypteroïdés et de la famille des Régalécidés. Son nom latin Regalus glesne date de 1772. Il possède de nombreux noms tels qu’Oarfish pour les anglophones, roi des harengs, poisson-rame ou poisson ruban pour les plus poétiques.

Il s’agit d’un poisson dont la taille spectaculaire fait sa renommée. En effet, il possède une longueur comprise entre 5 et 12 mètres (le plus grand spécimen mesurait 17 mètres) qui le hisse à la première place du plus long des poissons osseux. Son poids est quant à lui compris entre 150 et 260kg, mais sa longévité reste encore aujourd’hui inconnue.

Le Régalec possède un corps très fin qui lui donne son allure de serpent des mers. Il possède de plus une nageoire dorsale richement colorée dont les premiers rayons sont libres et très longs. Son nom de poisson-rame vient de ses nageoires ventrales agencées en un long rayon possédant un appendice foliacé. Sa tête se compose d’une bouche qui peut s’étirer vers l’avant grâce à une disposition particulière de ses mâchoires. De plus, ces yeux très grands et proéminents lui donnent un air particulier.

Ce poisson-ruban possède aussi une aptitude assez étrange : il peut nager à la verticale grâce à l’ondulation de sa nageoire dorsale. Il nage dans toutes les mers du globe mais évite les régions arctiques et antarctiques. Il vit en profondeur, souvent en dessous des 200 mètres. Il s’agit donc d’une espèce pélagique. Son régime alimentaire se constitue de poissons et de céphalopodes. Sa reproduction n’est aujourd’hui pas bien connue. Cependant, les scientifiques savent que les jeunes ont un aspect très différent des adultes. En effet, les juvéniles sont très petits et font partie du plancton.

Le Régalec possède de plus une aptitude à l’autonomie, c'est-à-dire qu’il a la capacité de perdre une partie de son corps de manière volontaire, tel le lézard se débarrassant de sa queue. Cette aptitude a généralement pour objectif de fuir un ennemi, mais les scientifiques ne connaissent pour le moment aucun prédateur au Régalec.

Le Régalec, un poisson pélagique difficile à observer

Dans le passé, certains spécimens furent observés en agonie à la surface.

Mais c’est en 2010 qu’un Régalec fut filmé pour la première fois dans son environnement naturel, en parfait état, aux profondeurs respectives de 496 et 829 mètres. Il a été filmé par un ROV (Remotely Operated "underwater" Vehicle : robot télé-opéré) par l’équipe de Mark Benfield du département d’Océanographie et des sciences du littoral de la Louisiana State University au sein du Serpent projet, au niveau du golfe du Mexique.

C’est la vision d’un long tuyau d’une longueur comprise entre 5 et 10 mètres (qui aurait put être un résidu de la plate-forme pétrolière située juste au dessus) qui a attiré l’attention des scientifiques. Ils se sont ensuite rendu compte qu’il ne s’agissait absolument pas d’un tuyau mais d’un Régalec qui nageait sous la plate-forme. Le ROV a ainsi pu filmer ce poisson pendant 5 minutes.

Le Régalec, à l'origine de légendes maritimes effrayantes

Le physique monstrueux de ce poisson étrange, ses couleurs vives, et sa rareté semblent être à l’origine de nombreuses légendes. C’est ainsi que de nombreux marins l’ont pris pour un serpent des mers, alimentant les mythes maritimes.

L’une de ces légendes explique sa dénomination de "roi des harengs". En effet, il guiderait des bancs de harengs et de saumon. Mais les scientifiques expliquent finalement que ces bancs constituent le garde-manger du Régalec.

Chez les bouddhistes, il existe le Naga qui représente à la fois l’esprit de l’eau et le Régalec. Cette culture explique la prise de vue la plus célèbre de ce poisson (voir illustration de l’article) où l’on voit des soldats américains dans une posture triomphante (reprenant celle de la croyance du Naga) portant le Régalec en 1973. Cependant cette photographie ne constituait finalement qu’un acte de propagande et un canular car elle fut réellement prise en 1996.

Malgré cette réputation de serpent de mer, le Régalec, lors de ses rencontres avec l’homme, est resté un animal non agressif et sociable, pouvant même être caressé par des plongeurs.

Le Régalec, un poisson capable de prévoir les séismes ?

Encore aujourd’hui, le Régalec suscite le mystère. En effet, il semblerait qu’il puisse prévenir des séismes. De nombreuses personnes ont retrouvé des Régalecs agonisant en surface peu avant des séismes. Des récits relatent des faits similaires surtout pour les régions asiatiques telles que le Japon.

L’hypothèse de ses prévisions serait que le Régalec remonterait pour agoniser à la suite d’un dysfonctionnement de son système de navigation. Dysfonctionnement qui pourrait être causé par les secousses lorsque l’épicentre se situe en mer. Cependant, aucune étude scientifique n’a pour le moment pu prouver cette hypothèse.

Sources:

- Reportage Thalassa en février 2011 : épisode 1 , épisode 2 , épisode 3 .

- Site de futura-science propose une description complète du Régalec et les nouvelles observations de celui-ci.

- Description d'un Régalec.

Pour en savoir plus :

- Explication de la légende Naga , en rapport avec le Régalec .

- Explication du canular photographique anti-américain.

- Information sur Mark C. Benfield .

- Observation et relevés de Régalec en France en 2002 par l' I FREMER.

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