L'agence tous risques, une série indémodable

Alors que de nombreuses séries des années 80 vieillissent mal, l'Agence tous risques reste un roc dans l'univers télévisuel, voire cinématographique.

Si les corps bodybuildés ou siliconés d' Alerte à Malibu se sont essoufflés, tout comme Supercopter ou autre Manimal , l'Agence tous risques ne vieillit pas d'une ride, à tel point que Liam Neeson a pris les traits d'Hannibal Smith en 2009 pour le grand écran. Mais quels sont les secrets d'un tel succès?

L'histoire

Accusés à tort d'avoir commis un vol et sans moyen de prouver leur innocence, quatre militaires aux talents un peu spéciaux décident de fuir la cour martiale et de vivre dans la clandestinité. Leur particularité : venir en aide à tous ceux qui n'ont plus de recours devant la méchanceté ou la cupidité d'hommes entourés de bandes armées, toutes plus dévastatrices et sans pitié les unes que les autres. Chaque membre de la " A team "- titre original- défend tour à tour une valeur particulière, en révélant davantage sur sa personnalité : la famille pour Barracuda, la beauté pour Futé, les enfants pour Smith ou encore son psychiatre pour Looping.

Des héros attachants

Le chef de l'équipe est le colonel Hannibal Smith, c'est le cerveau de la bande. Il conçoit les plans les plus abracadabrants pour se sortir de n'importe quelle situation. Habitué à jouer des seconds rôles- et plus particulièrement des monstres d'ailleurs- pour gagner sa vie de fuyard, Smith utilise ses talents pour se grimer et rencontrer les pauvres âmes ayant besoin de ses services. Parfois vieille dame, chercheur d'or, vieil aveugle, clochard ou autre personnage atypique de l'Amérique des années 1980, il conclut souvent ses missions par le célèbre "J'adore qu'un plan se déroule sans accroc", qui signifie en général que ça a dégénéré en fusillade.

Le pilote s'appelle "Looping", considéré par la plupart des spécialistes comme un fou furieux, il est enfermé dans un hôpital psychiatrique où il s'amuse avec des créatures imaginaires : chien, chaussette... et s'échappe pour prêter main-forte à ses camarades en cas de mission. Pilote génial, Looping peut diriger tout ce qui vole, y compris la plus petite bricole équipée d'un moteur et d'une hélice. Spécialiste des délires verbaux en tous genres, il se chamaille régulièrement avec Barracuda, créant toutes sortes de quiproquo.

Le grand costaud c'est Barracuda, sa spécialité est double : bricoleur hors normes, il peut tout faire pour peu qu'il ait un fer à souder et un peu de ferraille, en un rien de temps un vieux tacot se retrouve transformé en char d'assaut au blindage infranchissable, mais c'est aussi une force de la nature qui fracasse les crânes à tour de bras, atout de poids dans une bagarre à 10 contre un... Seule faiblesse : il ne supporte pas de prendre l'avion, ce qui oblige ses amis à le piquer ou l'assommer systématiquement pour le faire embarquer, le mettant dans une colère noire dès son réveil.

Enfin, le beau gosse du groupe est " Futé". Toujours tiré à quatre épingles, le sourire charmeur, c'est la séduction incarnée, aucune femme ne lui résiste, ce qui n'est pas sans lui rendre service pour obtenir divers renseignements. Son second rôle dans l'équipe est de trouver des véhicules et autres fournitures impossibles dans les lieux les plus reculés, ou encore de jouer des tours aux "méchants" pour leur faire perdre du temps, décrocher des contrats ou faire la communication dans toutes sortes de situations.

L'intérêt de la série

Finalement, les épisodes se suivent et se ressemblent : une pauvre victime se retrouve confrontée à de sales types accompagnés d'hommes de main, et après un petit séjour à l'hôpital décide de s'offrir les services de l'Agence tous risques. A partir de là, Hannibal Smith teste la véracité de l'histoire avant de s'engager et de montrer aux vilains de quoi ils sont capables.Futé récupère matériel et informations nécessaires pour le plan du colonel, et Barracuda entre ensuite en scène avec ses bricolages. Le tout se termine par une fusillade terrible et une intervention aérienne de Looping avent que le plan ne s'achève "sans accroc". Mais ce schéma récurrent devrait finalement fatiguer le spectateur et il n'en est rien, pourquoi? Certainement parce que le côté hétéroclite de l'équipe donne un humour et un capital sympathie énorme à chaque nouvelle histoire. Les comportements de Futé et de Looping y sont d'ailleurs pour beaucoup, avec des dialogues souvent sculptés et des jeux d'acteurs plutôt réussis, qui en font un vrai divertissement sans âge. Finalement le film a voulu transcrire cet esprit et le choix des acteurs s'est révélé payant de ce point de vue là. Le problème réside plutôt dans l'autre aspect de la série, celui du bricolage de bric et de broc qui s'est transformé en grand n'importe quoi d'effets spéciaux tous plus délirants les uns que les autres dans le film. Comme quoi, il vaut parfois mieux rester dans la "sobriété".

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