Les règles de la Formule 1 pour 2011

Comme tous les ans, la Fédération Internationale de l'Automobile, présidée par Jean Todt, a apporté quelques modifications au règlement antérieur.

Si la majorité des règles ne bougent pas, en revanche, quelques points sont à souligner, destinés à renforcer le spectacle offert par les équilibristes de la piste.

Un fournisseur unique de pneumatiques

Après Goodyear et Bridgestone, c'est Pirelli qui s'attelle à la tâche titanesque de fournir les pneus aux écuries. Le manufacturier italien relève le défi de taille de reprendre au pied levé cet élément fondamental de la course. Nécessitant des investissements en R&D plus que conséquents, il faudra plusieurs mois, voire plusieurs années, pour obtenir des résultats probants. Sur les deux premiers grands prix, on a pu constater que la durée de vie des pneus était assez limitée et que la gestion des gommes primait autant que la conduite pure. C'est ce qui a permis au Britannique Jenson Button de prendre la deuxième place derrière Sebastian Vettel au grand Prix de Sepang (Malaisie) le 10 avril 2011, tandis que Lewis Hamilton souffrait terriblement de la détérioration de ses pneus. Les deux types de pneumatiques (tendres et durs) doivent être chaussés pendant la course pour que la voiture soit classée. Seule exception notoire, en cas de pluie.

Un aileron arrière ajustable

Décidément, l'aérodynamique des monoplaces se rapproche de celle des avions de chasse, avec la nouvelle possibilité de modifier en course, essais et qualifications l'inclinaison de l'aileron arrière. Ce mouvement permet alors de faciliter la circulation des flux d'air et de gagner de précieux dixièmes, notamment pour dépasser un concurrent. Seule contrainte pour le pilote, être moins d'une seconde derrière la voiture chassée pour pouvoir l'engager, à un endroit précis de la piste. Au premier freinage, le dispositif s'éteint.

Le KERS ou Kinetic Energy Recovery System

Puisque les monoplaces doivent désormais allier sport intense et développement durable, la FIA permet désormais aux écuries d'utiliser le KERS pour récupérer une partie de l'énergie cinétique produite lors d'un freinage. Cette énergie supplémentaire permet d'insuffler un pic d'énergie supplémentaire à la voiture de près de 80ch pendant 6 à 7 secondes, largement de quoi prendre l'ascendant lors d'un dépassement. Cette technologie a été testée l'an passé sur certaines voitures, mais n'est présente sur toutes les monoplaces que depuis cette année. Conséquence: il existe encore un certain nombre de soucis dans certaines écuries pour l'utiliser au mieux (par exemple chez Mercedes) tandis que d'autres préfèrent ne l'utiliser que sur certains circuits considérés comme plus adaptés (par exemple Red Bull).

Les 107% fatidiques

Désormais, la FIA corse également les qualifications. Jusque-là découpées en 3 temps, elles intègrent désormais un autre paramètre, difficulté supplémentaire pour les nouvelles écuries engagées. Ainsi, tout pilote ayant réalisé un temps de qualification supérieur à 107% du meilleur temps des qualifications, ne sera pas autorisé à s'aligner sur la grille de départ. Cette règle avait été supprimée en 2002, et est réintroduite cette année à la demande des écuries. Pour rappel, lors des Q1, toutes les monoplaces sont autorisées à tenter de faire le meilleur temps. À l'issue de ces 20 mn, les 18 meilleures continuent sur Q2 pour 15 mn, et enfin Q3 permet aux dix meilleurs pilotes de s'affronter pendant 10 mn pour la pole position et les places suivantes au départ. Ensuite, les monoplaces sont rangées en parc fermé jusqu'à la course du lendemain. Bien sûr, quelques manipulations seront autorisées avant la course mais aucune modification fondamentale ou changement de pièce.

Quelques règles supplémentaires

Finies les pannes sèches à peine passée la ligne d'arrivée à la Lewis Hamilton. Désormais, les voitures doivent pouvoir regagner les stands par leurs propres moyens pour être classées.

La question du dépassement en présence de la voiture de sécurité dans son dernier tour a été réglée également. Pour couper court à toute discussion, ce vide est désormais comblé: tant que la voiture de sécurité est présente sur la piste, interdiction formelle de doubler.

Les changements intempestifs de trajectoire sont également dans la ligne de mire des commissaires sportifs. Plus question de zigzaguer pour empêcher un adversaire de doubler. Deux changements (hors trajectoire) sont autorisés, ensuite, seule la trajectoire doit être empruntée sous peine de sanction immédiate. Lors du Grand Prix d'Australie, la question s'était posée avec l'agacement de Jenson Button derrière Felipe Massa, et au Grand Prix de Sepang, Hamilton a abusé également des coups de volant, agaçant et perturbant son chasseur Alonso, qui a fini par le percuter. Les deux hommes ont ainsi écopé d'une pénalité de 20s, le premier pour changements de trajectoire anti-sportifs et le second pour avoir causé l'accrochage.

À ce propos, pour améliorer l'image des sportifs, leur comportement devra être exemplaire sur la piste comme dans le paddock: plus de bagarres intestines, plus d'interdiction de consignes d'équipes, seulement des attitudes de gentlemen-drivers sur tous les plans.

Enfin, la boîte de vitesse devra durer 5 courses, au lieu de 4 l'an passé. Ce dernier point s'inscrit dans la lignée des décisions visant à réduire l'impact sur l'environnement en travaillant sur des matériaux fiables et les moins consommateurs possibles.

Le règlement complet

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