Hollande : quelle stratégie de relance ?

La hausse du chômage couplée à la baisse du pouvoir d'achat mettent le gouvernement français au pied du mur
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L’obscurantisme a remplacé l’antisarkozysme, même si celui-ci est toujours bien présent dans le camp socialiste. Cette stratégie de donner des droits (retraite à 60 ans, vote des étrangers) sans tenir compte du niveau de dépenses - au lieu de régler des problèmes majeurs et des enjeux de taille économique importante a réellement payé du début de la campagne présidentielle 2012, jusqu’à aujourd’hui. Et après ? Cette décalcomanie de l’aube mitterrandienne et jospiniste de 97 est-elle réellement la roue de secours du président français ? Sera-t-il de taille à redresser la nation, à affirmer sa volonté de « changement d’une Europe de droite », selon les termes de Cécile Duflot, alors invitée du Journal Télévisé de TF1 en mi-septembre ?

En ce temps de crise, les critiques fusent contre le nouveau président de la République : inactivité, passivité face à la crise, habillage voire couvrage de sa politique… Les critiques sont nombreuses, et plus particulièrement celle de ne pas mener la courageuse politique de Gerhard Schröder, également socialiste, menée alors en Allemagne au début des années 2000. Fiscalité, organisation de l’Etat, et temps de travail étaient faisaient partie des nombreux thèmes mis en vigueur par l’ancien chancelier allemand : au contraire de François Hollande, une politique polémique fondée sur l’augmentation des impôts, voire le « matraquage fiscal » pour reprendre les termes de Laurent Wauquiez pendant la campagne présidentielle. Lors de cet annonce, nombreux sont les entreprises ayant décidé de délocaliser leurs cadres les plus fortunés, en partie vers la « City » de Londres, information évidemment démentie par Libération et quelques journaux de la presse de gauche... Le même journal ayant fait une couverture satyrique tirée de la phrase sarkozyste tristement célèbre « casse-toi, pauvre con », rehaussée jusqu’au PDG de LVMH, Bernard Arnault, suite à sa demande de nationalité belge en « casse-toi, riche con ». Toujours cette haine de l’entreprenariat, de la richesse, de l’ambition… Qui aurait envie de travailler, de créer des entreprises et des emplois avec ce diktat moral ? Soyons réalistes, ce ne sont pas les idées artificielles des technocrates qui vont redémarrer l'économie, c'est l'innovation, et l'investissement dans les meilleures résultats, ceux qui vont briller sur les marchés internationaux.

Il n'y a pas de raccourcissements ou de solutions faciles. Et si Monsieur Hollande continue à refuser cette réalité, il ira sereinement tout droit contre le mur, et ce ne sont pas les médias, le vent en poupe, qui l'avaient lancé qui vont lui trouver les excuses, ou essayer de réparer les dégâts.

Rappel à ceux qui ont oublié: de 1981 à 1981, trois dévaluations du franc. Après quelques mois de pouvoir de la gauche en1981 et de mauvaises mesures, aggravation du chômage, accroissement des charges des entreprises et baisse du pouvoir d'achat et déficit des caisses de retraite figuraient sur l’addition. Suite à l’abaissement de la retraite à l’âge de 60 ans sans en prévoir le financement, il a fallu appliquer une politique de rigueur en mars 1983 et abandonner les objectifs dogmatiques de 1981 pour rester dans le SME. François Hollande a-t-il envie de commettre les mêmes fautes que le ps d’autrefois, ou compte-t-il se redresser en menant une politique à même de redonner courage aux Français ?

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