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LÉON-MARTIN MBEMBO

Publié dans : Les articles Religions & Ésotérisme de Léon-Martin MBEMBO

21/12/2012 : Les raisons de croire à une fin du monde ajournée

Le 21/12/2012, il n'y aura pas de fin du monde. Car le calendrier qui est d'usage actuellement a été conçu sur la base d'une erreur décelée aujourd'hui.

La comptabilité du calendrier maya est incompatible avec le calendrier grégorien qui rythme la vie des hommes et des institutions actuellement. Ce calendrier, qui est le plus répandu et qu’on retrouve dans beaucoup de maisons, a été conçu sur la base d’une erreur. C’est la datation de la naissance de Jésus-Christ à l’an zéro. Ainsi si l’on reconsidère cette erreur, il apparaît une évidence scientifique : Jésus n’est pas né à l’an zéro, mais bien plus tôt. D’où, le 21 décembre 2012 serait une date à renvoyer quelques années avant cette année. Ce qui par ricochet sous-entend que la fameuse fin du monde prédite par les Mayas est déjà passée. « Naturellement, sans être vraiment une fin du monde ».

Comment comprendre cela ? Voyons d’abord comment l’incompatibilité entre les calendriers grégorien et maya a émergé. Et ensuite, pourquoi il n’y aura pas de fin du monde le 21 décembre 2012.

Le calendrier grégorien

Au XVIe siècle, le pape Grégoire XIII voulut offrir aux chrétiens un calendrier qui leur permettrait de lire la Bible en 365 jours. Car, faut-il dire, chaque mouvement religieux depuis la nuit de temps possède un calendrier défini selon ses croyances. Et le calendrier que Grégoire entreprit de créer devrait aider les chrétiens à affermir leur foi en Jésus-Christ.

Comme tout calendrier est défini par rapport à un cycle de vie donné, le pape Grégoire XIII choisit de correspondre le cycle de son calendrier avec l’histoire de la nouvelle alliance de Dieu avec son peuple (1). Cette histoire, d’après la théologie catholique, a commencé par la naissance du Christ des entrailles de la vierge Marie et prendra fin le jour où il reviendra pour juger les vivants et morts, séparer les bons des mauvais. Tout porte donc à croire que le calendrier créé par Grégoire est une sorte d’éphéméride rappelant à chaque chrétien qu’il sied d’être vigilant, de lire la Bible quotidiennement afin de changer de cœur.

Cependant, bien que son calendrier ait été créé seize siècles après la naissance de Jésus, Grégoire XIII choisit de placer son début à l’année que les historiens eurent attribué à la naissance du Christ. Et symboliquement, il va nommer cette année « l’an zéro ». Selon la théologie catholique, zéro est un chiffre qui échappe à la comptabilité. Il se tient avant le « 1 », inaugurant ainsi toute comptabilité et après le « 9 » qui la clôture. Sémiotiquement, l’intention de Grégoire était d’enseigner aux chrétiens que Jésus est l’Alpha et l’Oméga. Autant que le chiffre zéro, il dépasse toute comptabilité. Il est le commencement et il est la fin ; il est celui qui a inauguré la nouvelle alliance en choisissant de naitre en l’an zéro et la clôturera le jour de sa seconde venue.

Aujourd’hui, le calendrier créé par Grégoire XIII est le plus répandu. Il rythme la vie des hommes et des institutions, mais plusieurs chrétiens ignorent qu’il est truffé de beaucoup de symbolismes.

L’erreur de Grégoire XIII

Pour retrouver l’année que les historiens eurent attribuée à la naissance de Jésus-Christ, le pape Grégoire XIII avait recouru aux travaux de Jules César, le titulaire du calendrier julien qui rythmait la vie avant le calendrier grégorien, de Dionysius. En effet, Dionysius fut un moine catholique. Les historiens le considèrent comme le premier à avoir déterminé avec une forte probabilité l’année de naissance de Jésus-Christ (2). De ce point de vue, la plupart des travaux d’histoire qui ont eu pour objet « la vie de Jésus » fondent leur base épistémologique sur les estimations de Dionysius.

Aujourd’hui, des archéologues nantis des moyens ultradéveloppés de datation d’évènements sapent la fiabilité du calcul de Dionysius. Ils pensent que celui-ci s’était trompé et que Jésus serait né sept ans plutôt que l’année de naissance lui attribuée. Mieux que les archéologues, le pape Benoît XVI vient de l’attester dans son ouvrage paru le 21 novembre 2012 : « le commencement de notre calcul du temps - la détermination de la naissance de Jésus - remonte au moine Dionysius Exiguus, qui dans ses calculs s'est à l'évidence trompé de quelques années. La date historique de la naissance de Jésus est donc à fixer quelques années auparavant » (3).

Outre l’hypothèse de l’erreur de Dionysius, l’histoire démontre avec évidence que l’an zéro n’avait jamais existé dans le calendrier en usage dans la Rome antique (4). Ce calendrier dont la comptabilité a commencé par la fondation de la ville de Rome en –753 a progressé en décroissant jusqu’à l’an –1. Et l’année qui venait après, c’était directement l’an 1. Jésus n’est donc pas né à l’an zéro. C’est une certitude scientifique. Mais, quand est-il né alors ? Il est probable que le Christ soit né entre –4 et –7, selon les estimations actuelles des archéologues. Quoi qu’il en soit, la certitude de la non-existence historique d’une année zéro rabroue l’âge attribué Jésus et à l’avènement de la nouvelle alliance.

Le 21/12/2012 : la fin du monde ajournée !

Si l’on devrait corriger le calendrier grégorien aujourd’hui, nous ne serions donc pas en 2012, mais entre 2016 et 2019. Ce qui sous-entend que la fameuse date du 21 décembre 2012 est déjà passée. Probablement entre 2005 et 2008, dans le cas où l’on compterait les années sans prendre en considération l’erreur commise par Dionysius. Tout est donc réuni pour asserter que le 21 décembre 2012, il n’y aura pas de fin du monde. Car, les prédictions du calendrier maya se révèlent incompatibles avec le calendrier grégorien et désuet. Une fois de plus, le monde vivrait une fin du monde ajournée !

Sources :

(1) http://www.liturgiecatholique.fr/Histoire-du-salut.html

(2) http://www.secouchermoinsbete.fr/382-jesus-n-est-pas-ne-en-l-an-zero/1 ou encore http://fr.wikipedia.org/wiki/Denys_le_Petit

(3) Joseph Ratzinger Benoit XVI, L’enfance de Jésus, Paris, Flammarion, 2012. Lire aussi http://www.la-croix.com/Religion/S-informer/Actualite/Le-pape-publie-un-livre-sur-l-enfance-de-Jesus-_NG_-2012-11-20-878009 ou encore http://www.linternaute.com/actualite/societe-france/benoit-xvi-le-pape-corrige-la-date-de-naissance-de-jesus-1112.shtml

(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Ann%C3%A9e_z%C3%A9ro

À propos de l'auteur

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LÉON-MARTIN MBEMBO

Professeur de sémiologie, communication et marketing, il s'intéresse également au marché et à la sécurité informatique.
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