Bonobo, singe menacé de disparition

La déforestation du Bassin du Congo et le braconnage perpétré par plus de dix années de guerre civile ont eu un impact dans la diminution des bonobos en RDC
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Singe de la famille des hominidés et de l’ordre des primates les bonobos sont en fait estimés à environ 10.000 individus contre 100.000 évalués au début des années 1980. La réduction vertigineuse de cette espèce résulte du déboisement excessif et incontrôlé subi par la forêt équatoriale, lieu propice de vie pour les bonobos. En outre, le braconnage perpétré par les armées loyalistes et rebelles éparpillées dans les brousses de la cuvette centrale en quête de survie contribue à l’extermination de cette race d’animal spécifique à la RDC. La bête est prisée pour sa chair qui se vend facilement ou encore pour son orphelin qui est commercialisé comme animal de compagnie. Pourtant, le bonobo est protégé par les lois congolaises et la Convention de Washington.

Animal à protéger

Il est impérieux de protéger le bonobo à plus d’un titre. D’abord, à cause de son patrimoine génétique qui est très proche de celui de l’homme, à environ 99%. Son comportement social est très éloquent à cet effet. Il est le seul animal qui contracte ses relations sexuelles en coït ventro-ventral ou en face à face comme l’homme. De plus, il pratique la masturbation, l’homosexualité et s’adonne à toutes les positions possibles que s’offre l’homme pour faire de la copulation un spectacle et un plaisir. Son activité sexuelle s’écarte cependant de celle de l’homme à cause de son excessivité. Elle couvre toute l’essentielle de sa vie et est exécutée en moyenne toutes les 90 minutes pendant 10 à 15 secondes. La copulation pour le bonobo vise généralement le plaisir et rarement la reproduction. Mais, malgré son activité sexuelle importante, ce primate à la différence des autres anthropoïdes principalement du chimpanzé, primate le plus proche de lui, ne pratique pas l’inceste. Il vit en groupe dans une société égalitaire et pacifique. Aussi, la femelle met bat une fois après cinq ans un petit qu’il allaite pendant trois ou quatre ans.

La description assortie de la définition de cet animal est une mine d’information capable de susciter le tourisme mais, aussi et surtout, de révolutionner les sciences de la vie et du vivant. Le bonobo peut servir, grâce à son patrimoine génétique proche de l’homme, aux expérimentations de la médecine, de la biologie…

Réserve artificielle

Avec l’état actuel de la dégradation de l’habitat naturel des bonobos qui représente une menace pour la survie de cette espèce, le gouvernement de la RDC et l’Initiative de conservation du Bonobo ont créé un parc dans la région du Kasaï. C’est la réserve naturelle de Sankuru qui abrite plus d’un millier de bonobos. Dans la périphérie de Kinshasa, une autre réserve dénommée « Lola ya bonobo » (Paradis des bonobos) abrite une population quasi moins nombreuse que celle du Sankuru. Outre, ces deux initiatives salvatrices pour le primate aucune autre n’existe. Plutôt en lieu et place, on retrouve parfois des personnes qui élèvent les bonobos comme animal de compagnie ignorant les détails caractéristiques de l’élevage d’une telle bête.

Aujourd’hui, la guerre civile est presque finie en RDC. Et l’Etat s’emploie de plus en plus à remettre de l’ordre et son autorité là où il a perdu le pouvoir. Notamment la forêt équatoriale où il doit faire face aux LRA (Lord's resistance army), "Mbororos" (éleveurs nomade venus de l’Afrique sahélienne), MLIA (Mouvement de libération indépendante et alliés)… C’est dans la même forêt que les bonobos attendent que les intrus quittent leur habitat. Apparemment, ils doivent encore attendre longtemps, car les décideurs politiques sont toujours aux abois. Entre temps, un film de 1h30 intitulé Bonobos est sorti en mars dernier. Réalisé par Alain Tixier, le documentaire appelle l'humanité à venir au secours de cet hominidé dont la survie est menacée.

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