L'ordre des Assasins : une secte meurtrière du Moyen Âge

Alors que le jeu vidéo "Assassin's creed" remporte un grand succès, voici une histoire de cette secte islamique qui terrifia la population.
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Véritable secte, l'ordre des Assassins est créé en 1090 par Hassan-Ibn-Sabbah, sur les hauteurs de la forteresse d'Alamut, près de la mer Caspienne, dans la région du Daylaman. Juchée sur un rocher, la forteresse est quasiment inaccessible. Durant au moins deux siècles, les Assassins ont suscité la peur par leurs meurtres imprévisibles.

Hassan-Ibn- Sabbah et la naissance de l'ordre

L'histoire des Assassins est liée à celle de l'ismaélisme, l'un des courants de l'Islam issu du schisme entre les sunnites et les chiites. C'est un courant minoritaire de l'Islam chiite, fondé au VIIIe siècle qui donne naissance à la dynastie des Fatimides. Les Ismaéliens ne croient qu'en la forme cachée du Coran, l'interprétation allégorique dont le sens apparent et connu de tous n'a pas de valeurs à leur yeux. Ce que prône Hassan-Ibn-Sabbah.

Les Abbassides quant à eux sont une dynastie de califes sunnites. Ils sont les descendants directs de Mahomet et prennent le pouvoir suite à une révolution aux mains des Omeyyades.

Hassan-Ibn-Sabbah considère les Abbassides comme des usurpateurs. Il souhaite mener un combat contre eux afin que les Fatimides (issus de la branche schiite ismaélienne, pour laquelle le calife doit être choisi parmi les descendants d'Ali) les renversent. En 1094, une nouvelle prédication s'organise sous son contrôle : les Nizârites.

Afin de mener à bien ses projets, cet érudit sillonne les terres orientales afin d'y monter une armée en convertissant le peuple à la religion Ismaélienne.

En septembre 1090 Hassan-Ibn-Sabbah devient le grand maître et établit ses quartiers dans la forteresse d'Alamut. Il fait de cet endroit hostile un véritable jardin d'Eden, une cité imprenable grâce à ses ingénieux travaux.

Il crée l'ordre des Assassins, aux règles extrêmes, strictes et immuables. Mais son ordre est mal perçu et le vizir veut l'exterminer. Il met alors en place une stratégie de combat bien pensée reposant sur la peur: effrayer l'adversaire en préparant des attaques imprévisibles survenant n'importe où et n'importe quand.

Hiérarchie de l'ordre et règles sévères

L'ordre peut être décomposé en six fonctions hiérarchiques:

  • Le grand maître
  • Les "Daï", qui sont les missionnaires envoyés à travers le monde oriental afin de convertir
  • Les "Rafik", qui commandent les forteresses et dirigent l'organisation de l'ordre
  • Les "Lasseck", qui s'occupent du ravitaillement de la communauté
  • Les "Mujibs", en quelque sorte les novices qui suivent l'éducation Ismaélienne pour accéder aux autres grades
  • Les "Fidaï", "ceux qui se sacrifient", les soldats qui sont envoyés pour les meurtres.
Hassan-Ibn-Sabbah met en place des règles strictes. Ses hommes consacrent leur vie à leur entrainement physique et à leur formation intellectuelle. Ils reçoivent une formation religieuse intense pour ne pas avoir peur de la mort et plutôt la recevoir comme une récompense, une délivrance.

Entre mythe et réalité

Il est souvent dit que les Assassins étaient des fumeurs de haschich d'où proviendrait d'ailleurs leur nom: "Haschichiyoun". Cette confusion vient en partie de Marco Polo. Il aurait rapporté en Occident, selon quelques sources, que la forteresse d'Alamut était un paradis où le vin coulait à flots, où de belles vierges s'offraient aux guerriers et où les Assassins étaient drogués afin de mener à bien leur mission pour accéder au paradis suite à leur suicide.

Mais aucune recherche sérieuse ne permet à ce jour d'attester ces dires.

En réalité le nom serait "Assassiyoun", "ceux qui sont fidèles au Assas", le fondement de la loi.

La fin d'un ordre puissant

En 1265, suite aux invasions mongoles sous le commandement de Gengis Khan, la forteresse d'Alamut est détruite. Mais la secte s'essouffle depuis longtemps et tombe dans la décadence à cause du petit-fils de l'homme qui avait été nommé grand maître par Hassan- Ibn-Sabbah à sa mort. Jugeant les règles trop sévères et ne supportant plus cette rigidité, cet homme allège la vie de la communauté et les meurtres mal accomplis prennent fin ainsi.

Une fin bien triste pour un ordre si bien construit et si bien pensé.

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