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LIONEL CANTEGREIL

Publié dans : Les articles Culture de lionel cantegreil

Critique - Rocky Balboa.

Présentation du film Rocky Balboa, résumé de l'histoire, casting et avis.

La genèse du film Rocky Balboa (2006) :

Il convient de cerner pourquoi la saga Rocky et donc le dernier film Rocky Balboa ont vu le jour, il est capital de préciser que le destin de Sylvester Stallone et celui du héros cinématographique Rocky sont d'une étonnante similitude, au point de difficilement faire la distinction, le parcours ayant été d'une certaine façon parallèle entre l'acteur et le héros que lui-même a créé.

En 1976, sortait le film Rocky qui allait changer l'histoire du cinéma, ce film et tous les autres qui en ont découlé, ont mis en scène un personnage tellement imparfait et donc si identifiable pour l'Amérique et le monde entier finalement, car ce dernier arrivait des milieux défavorisés et était parvenu à accéder à la célébrité.

Ce personnage si banal en apparence, créé par Sylvester Stallone, était devenu et est toujours une icône très représentative du rêve américain.

Stallone était lui-même d'origine très modeste et rêvait lui aussi du rêve américain, et c'est ainsi qu'il décida de raconter sa vie en filigrane et son désir de reconnaissance au travers de son alter ego, Rocky Balboa.

C'est en cela que la performance et l'ingéniosité de Stallone ont fait de son personnage, ce qu'il est devenu aujourd'hui.

Le hasard voulut par la suite que la carrière de Stallone et le personnage Rocky aient évolué main dans la main, après le succès du film de 1976, Stallone devint une célébrité au même titre que son personnage.

Les opus suivants montrèrent l'embourgeoisement de Rocky qui était devenu très riche, ce qui était également le cas dans la réalité pour Sylvester Stallone.

Le Rocky 5 fut un échec commercial cuisant et fit la démonstration de la déchéance de Rocky, suite à une arnaque financière, ce dernier redevint pauvre et retourna vivre dans les quartiers ouvriers de Philadelphie. Etrangement, cela correspondait aux années quatre-vingt-dix, où Sylvester Stallone amorçait une lente et sinueuse déchéance dans sa côte de popularité qui se conclura par des films totalement ignorés par les critiques et le public en général.

Stallone connaîtra dès lors une interminable traversée du désert, mais c'est l'émission de téléréalité sur la boxe intitulée The Contender en 2005 à laquelle il participera, qui sera une révélation et un déclic formidable pour l'acteur.

En effet, il lui vint l'idée que sa carrière pouvait être relancée, s'il réussissait le pari fou de faire renaître de ses cendres son personnage fétiche Rocky.

Pour faire rebondir sa carrière, il devait revenir aux sources de son succès, aux origines de sa popularité qui ne pouvait être lié qu'avec ce qu'il avait connu jadis avec le film Rocky de 1976 !

Après avoir signé le scénario du film en y mettant toute son âme, en 2006, le tournage de Rocky Balboa démarre enfin sous sa direction, Stallone sait concrètement comment il doit aborder le retour de son héros, car lui aussi est un devenu un has been au même titre que son personnage et personne ne peut se mettre dans la peau de son héros mieux que lui, il sait aussi que si il échoue dans ce film, sa carrière sera définitivement finie...

L'histoire narre la vie empreinte de tristesse et de solitude d'un ancien champion du monde de la boxe qui a beaucoup perdu, sa fortune, son fils qu'il ne voit presque plus, mais surtout sa chère épouse décédée trois ans plus tôt d'un cancer du sein.

La musique originale du compositeur Bill Conti (auteur pour mémoire du thème Gonna Fly Now connu mondialement dans le premier Rocky) signe là, un thème symphonique particulièrement émouvant en adéquation avec l'atmosphère mélancolique de l'histoire.

Un succès inespéré, une réussite complète :

Selon moi, le dernier volet de la saga Rocky est une réussite complète, peut-être même le meilleur film de tous les Rocky, ce film respire la sincérité.

La corde passéiste et nostalgique profondément touchante émaille cette histoire qui pouvait paraître invraisemblable en apparence, mais se révèle très réaliste car le personnage Rocky est très humain avec ses faiblesses, ses doutes, ses peurs et sa colère immanente.

De prime abord, on était en droit de penser que cette histoire ne pourrait jamais tenir la route, il paraissait improbable qu'un sexagénaire remette les gants face à un boxeur dans la force de l'âge, et qui plus est au sommet.

Mais la détermination incroyable, la foi inébranlable en ce projet et le véritable talent de Sylvester Stallone transparaissant via son personnage forcent le respect et l'admiration, car le réalisateur/acteur est aussi excellent derrière la caméra que devant et donne une profondeur à son personnage jamais égalée, jamais il n'a été aussi loin dans la psychologie du héros Rocky.

A plusieurs instants du film, on ressent une boule dans la gorge et on se surprend à avoir les yeux larmoyants, car je peux le dire c'est vraiment la première fois que je me suis senti aussi proche de ce personnage.

La scène d'ouverture, où Rocky se recueille sur la tombe de sa femme, est magique, les envolées lyriques de la bande son de Bill Conti n'y étant pas étrangères.

Ce qui rend Rocky si attachant, c'est son attachement à tout ce qui lui rappelle son passé, sa vie heureuse avec la femme de sa vie, la solitude et la tristesse qui le rongent et qui le pousseront à réagir en évacuant sur le ring cette colère et cette rage trop longtemps enfouies. Il se révoltera face à la vie pour montrer qu'il est toujours en vie et pour se réconcilier avec lui-même.

La romance refoulée entre Rocky et le personnage Marie interprété par l'actrice Geraldine Hugues est un des joyaux de cette histoire, deux personnes un peu perdues vont se retrouver et s'apporter mutuellement, même si des sentiments profonds vont naître entre eux, rien ne sera possible malheureusement, car comme le dit si bien Rocky dans le film, "ma femme est morte sans l'être".

Geraldine Hugues est très éloquente dans toutes les scènes, ce rôle était fait pour elle, à n'en point douter.

Le style visuel est magnifique à bien des égards, la scène de début du film où l'on assiste à l'altercation très poignante entre Stallone et Burt Young est merveilleuse en émotions, mais aussi dans le choix des angles de vue, dans le jeu des lumières et dans les flashbacks.

Les choix de réalisation dans le combat final avec le jeu des contrastes entre le noir et blanc et le rouge pour le sang est digne d'un génie, et pourrait faire pâlir un certain Tarentino (d'ailleurs Tarentino avait été contacté par Stallone pour signer la réalisation, mais avait refusé).

Au final, Stallone se révèle être un acteur capable de donner de véritables émotions aux téléspectateurs, chose qui lui avait été reprochée bien souvent, par ailleurs, il réalise son film avec excellence et manière, car personne aurait pu faire mieux que lui dans ce film, personne ne pouvait sentir son personnage mieux que lui.

Bref, c'est du très grand Stallone qu'il nous est donnés de voir, il s'agit de l'œuvre de toute une vie, pendant longtemps l'acteur a essayé de fuir ce personnage, car on l'assimilait toujours aux Rocky quand on le voyait, ironie du sort, c'est en revenant vers son personnage fétiche, celui qui lui colle aussi bien à la peau que sa carrière a pu repartir, la preuve qu'il ne faut jamais oublier ce qui vous a tant apporté et ce qui vous correspond vraiment.

Un film que je recommande tout spécialement.

À propos de l'auteur

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LIONEL CANTEGREIL

Ecrivain, rédacteur web, compositeur de musique electropop (sous le nom d'artiste Kunds) ...
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