La Winchester, arme emblématique de la conquête de l'Ouest

L'histoire de la conception à l'issue de la guerre de Sécession des deux premières et mythiques armes d'épaule à répétition de la conquête de l'Ouest.
142

Lorsque l’on parle cinéma américain des années 50, le genre « western » vient tout de suite et sans difficulté à l’esprit des moins avertis. Un des films éponymes de cette période évoquant la conquête de l’Ouest américain est le culte des armes aux États-Unis est sans nul doute « Winchester’73 » réalisé en 1950 par Anthony Mann. Cette œuvre cinématographique, comme son titre l’indique clairement, met en vedette l’arme la plus révolutionnaire et mythique de l’histoire américaine du XIX ème siècle. Voici un court aperçu de sa genèse et de sa mémorable carrière.

La Winchester modèle 1866

Avant 1860 et en matière de fusils à répétition, il n’existait que celui fabriqué vers 1837 par le légendaire Samuel Colt fonctionnant sur la base du mécanisme du barillet utilisé sur les révolvers Paterson. Peu utilisé, il n’a pas su séduire les rudes utilisateurs de l’Ouest.

Avec la guerre de Sécession et la mise au point d’une cartouche à étui métallique et amorce incorporée utilisant du fulminate de mercure, la célèbre et emblématique carabine Spencer’60 à levier de la cavalerie légère reconnue pour sa fiabilité fut mise sur le marché. A l’issue du conflit, elles furent rachetées aux enchères par Oliver F. Winchester, un richissime entrepreneur en confection de vêtements en « toile de Nîmes ». Ce dernier récupère également les brevets du fusil à répétition de la firme « Volcanic » et fonde son usine sous le nom de la « Henry Repeating Arms Company ». En 1862, son ingénieur Tyler Henry met alors au point un fusil à répétition qui portera son nom avec comme innovation un magasin de 16 cartouches et un canon très précis jusqu’à 200 mètres. Le fusil Henry sera modifié par l’introduction d’améliorations apportées par le nouvel ingénieur Nelson King en 1866 sur le système d’extraction des étuis vides et l’ouverture d’introduction de la poudre. Cette même année, la fabrique sera renommée « Winchester Repeating Arms Company ». Ainsi est produite la première Winchester mod. 1866. Elle sera surnommée « Yellow Boy » en raison de la couleur dorée de sa carcasse en laiton. La société vendra en 7 ans pas moins de 120 000 armes dans ses déclinaisons à canon de 20, 24 et 27 pouces. 30 000 d’entre elles seront même vendues en Europe notamment lors du conflit opposant la Russie et la Turquie (bataille de Plevna en 1877) .

D’un fonctionnement simple et robuste, elle est composée d’un magasin tubulaire logé sous le canon pouvant contenir 13 cartouches de calibre 0,44-28 inch à percussion annulaire. Les munitions sont introduites dans le magasin par l’intermédiaire d’une fenêtre placée sur la partie droite de la culasse. Un simple mouvement en avant et en arrière du levier ouvre et ferme la culasse en engageant une cartouche dans la chambre et ainsi de suite…

La Winchester modèle 1873

Avec ce modèle, le laiton est abandonné au profit de l’acier pour la fabrication de la carcasse. Ce choix n’augmente en rien le poids de l’ensemble (on gagne même 50 grammes par rapport au précédent modèle). La nouveauté réside surtout dans l’utilisation d’une munition plus puissante de calibre 0,44-40 inch à percussion centrale beaucoup plus fiable que celle annulaire. Le magasin perd quant à lui une munition (12).

Après 1876, les chasseurs de bisons, grizzlys et cervidés pourront acquérir le dernier modèle de la série chambré en deux versions de 0,45 et 0,50 inch.

Ce sera l’arme emblématique de la conquête de l’Ouest, objet de convoitise des cow-boys, des chasseurs, comme des Indiens. Le 7ème Art l’immortalisera pendant plus de tente ans.

Quatre autres modèles seront produits jusqu’au début du XX ème siècle mais l’aventure continue de nos jours…

Source :

- S. Masini et G. Rotasso, Le livre des armes à feu, Paris : éditions Solar, 1988, P.195 à 197.

Sur le même sujet