L'achat d'une voiture en copropriété: des économies appréciables

Acheter en commun une auto neuve ou d'occasion épargne des frais d'autopartage et d'agence de location. C'est aussi un geste qui préserve l'environnement.
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Que ce soit pour des motifs financiers ou pour contribuer à la sauvegarde de la planète, la tendance à posséder un véhicule avec ses voisins ou amis, plutôt qu’en solo, semble prendre de l’ampleur.

Ce mode de fonctionnement, adopté même par des individus qui ne font pas vie commune ni n’entretiennent de lien de dépendance, assure la disponibilité d’un véhicule à la maison environ la moitié du temps, pour une partie du budget auto traditionnel. Une seule voiture pour plus d'un ménage permet aussi de poser un geste écologique en diminuant le flot de circulation routière et les émissions polluantes.

Partager son auto: exigences, avantages et inconvénients

Le concept, tout à fait légal au Québec, s'adapte bien à ceux qui n’utilisent pas la voiture de façon quotidienne pour le travail et les activités, et dont les sorties en auto sont occasionnelles et facilement prévisibles. Une condition essentielle au succès du système est la proximité du lieu de résidence des copropriétaires, souvent amis, ex-conjoints avec enfants, ou simplement voisins. Selon entente, chaque partie garde la voiture la moitié du temps, une semaine sur deux, par exemple.

Posséder une voiture en copropriété exige notamment une excellente capacité d’adaptation, en plus d’une grande confiance de part et d’autre et, malgré les avantages économiques évidents, les participants doivent accepter les inconvénients d'une baisse de liberté de mouvement et de flexibilité inhérents au partage. Chacun doit aussi faire des compromis sur la personnalisation de l'auto et renoncer à son utilisation comme bureau ou deuxième chez-soi, ce qui peut générer une certaine frustration.

Une voiture pour moins cher en divisant les frais

En copropriété, les coûts fixes d’achat, d’immatriculation et d’assurance de la voiture, neuve ou d’occasion, sont divisés à parts égales entre les parties, diminuant d’autant le budget y étant dévolu. C’est l’avantage financier le plus important. Au Québec, il est permis d’immatriculer une voiture au nom de plus d’une personne habitant ou non à la même adresse, alors qu’une seule peut être désignée conducteur principal auprès de la compagnie d’assurances, les autres étant inscrites comme conducteurs occasionnels.

Quant aux coûts variables d’utilisation, d’entretien et de réparation, ils sont partagés au prorata de l’emploi du véhicule, selon le carnet de route que chaque copropriétaire se fait un devoir de remplir. Pour le déneigement du stationnement privé résidentiel, il n’y a cependant pas d’économie réelle.

Utilisation de l’auto: établir les règles du partage

Par prudence, les parties devraient rédiger un contrat de partage ou de copropriété établissant clairement les modalités de l’accord et les obligations, évitant ainsi les conflits pouvant survenir en cas par exemple de difficulté à payer, d'usage très inégal ou d'accidents fréquents de la part d’un copropriétaire.

S’il arrive un accident d’un côté ou de l’autre, seul le dossier du conducteur lors des faits est touché, la personne identifiée en tant que conducteur principal ne se voit plus automatiquement pénalisée auprès des compagnies d’assurances, comme c’était le cas auparavant.

Vers une utilisation écoresponsable de la voiture

Loin d’être conçu pour les maniaques de l'automobile, ce mode de partage est apprécié des gens dont la vie n’est pas centrée sur la voiture, et qui peuvent en compenser l’absence temporaire par une utilisation judicieuse des transports en commun. Malheureusement, en Amérique du Nord particulièrement, posséder sa propre voiture en solo symbolise encore fortement l’indépendance et la réussite.

Moindre mal pour les uns, nécessité pour d’autres, détenir une auto en copropriété est un phénomène encore marginal. Au Québec actuellement, selon la Société de l'assurance automobile du Québec, environ 100 000 véhicules sont détenus par plus d’une personne. Ces copropriétaires ont-ils signé une entente de partage, s’accommodent-ils verbalement ? Impossible de le savoir.

Pour en savoir plus: MonVolant.Cyberpresse

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