Le fashion toxique

Les nouvelles technologies dans la mode vestimentaire peutvent s'avérer toxiques pour ceux qui les portent et pour l'environnement.
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La mode non plus n'échappe pas a l'application des nouvelles technologies. De plus en plus de nouveaux tissus aux couleurs flamboyantes ou synthétisés avec des matériaux aux propriétés variées font leur apparition.

Cependant, les colorants utilisés dans l'industrie textile peuvent s'avérer toxiques pour l'homme, sans parler des dommages sur l'environnement.

De nos jours, les vêtements sont aussi très techniques, ils peuvent avoir des propriétés antibactériennes, imperméables, réfléchissantes ou encore protéger des températures très basses.

Afin de conférer à ces vêtements les nouvelles propriétés, de nouveaux produits chimiques sont utilisés.

Le procédé de fabrication des textiles en coton

Le procédé de fabrication des textiles en coton, qui est la fibre naturelle la plus utilisée dans la fabrication du textile, comprend cinq étapes:

  • Culture et récolte
  • Processus de préparation
  • Filage
  • Tissage
  • Finition

Au contraire, la phase de finition requiert un grand nombre de substances chimiques dont certaines engendrent des réactions allergiques. Plus particulièrement, la phase de coloration est une phase critique dans l'utilisation de composés chimiques comme les colorants, décolorants ou produits de rinçage.

Toxicité des composés chimiques appliqués sur le coton

Au cours de l'étape de coloration, de nombreux produits chimiques sont employés afin d'obtenir un produit fini.

Il existe environ 8000 composés chimiques utilisés pour la coloration qui comprennent de nombreuses substances chimiques différentes et dont les applications sont très variées.

De nombreux composés chimiques sont également utilisés pour conférer aux produits finis des propriétés particulières:

  • Imperméable: aluminium, sels de zirconium, cires, complexes de métaux, composés pyridinium et méthyl
  • Antibactérien: composés ammonium, acrylonitrile, nanoparticules d'argent, dérivés de chloromélamine
  • retardateur de flamme: polybromide biphenyl, Polybromide diphényléthers (PBDE)

Il a été mis en évidence que puisque les propriétés permettant aux colorants de réagir avec les fibres de tissu peuvent également leur permettre de se lier aux proteines de notre corps, alors le danger pour la santé dû à une telle exposition est significatif.

De nombreux tissus peuvent aussi relâcher du formaldéhyde, dont les effets nocifs sont reconnus: irritation de la peau, des yeux et du système respiratoire (James 1985, IARC 2004, Carlson et al. 2004). Etant donné que de fortes concentrations en formaldéhyde peuvent être à l'origine de cancer, le registre international des composés chimiques provocant le cancer a classé le formaldéhyde dans le Groupe I: cancérogène pour l'Homme (IARC 2004).

Il a également été révélé que les tissus denim indigo sont des agents mutagènes, mais étant donné que le pouvoir mutagène de l'indigo est bas, la génotoxicité ( compromet l'intégrité physique ou fonctionnelle du génome ) du denim doit être due à d'autres composés inconnus ou à des réactions inconnues. Il est donc difficile pour les pouvoirs publiques d'en interdire les utilisations.

Toxicité du produit fini

L'industrie du textile utilise de nombreux composés chimiques au cours des étapes de lavage, coloration et finition pouvant contenir des substances corrosives, toxiques pour l'environnement et l'être humain. L'union européenne a donc été obligée de recommander un usage limité de ces composés chimiques (2001/838/EG).

Les causes de la toxicité des tissus peuvent être difficilement identifiées puisqu'elles peuvent être dues à plusieurs effets combinés des composés chimiques présents dans le tissu. Alors que les problèmes causés par les agents utilisés dans la fabrication du textile sont reconnus, les effets nocifs potentiels du produit fini ne sont pas étudiés de manière systématique, et par conséquent les informations disponibles pour le consommateur sont très limitées.

Bibliographie:

  • Textile toxicity, Klemola K., 2008
  • Wright and Lee, 1986
  • Von Essen, 1996
  • Vernez et al.,2006
  • Keneklis, 1981
  • Rannung et al., 1992

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