Infarctus du myocarde: les femmes en première ligne!

Avec des symptômes souvent plus atypiques que chez l'homme, la "crise cardiaque" semble moins dangereuse chez la femme. A première vue seulement...

A l'occasion de la Journée de la Femme 2011, la Fondation Cœur et Artères* a mis l'accent sur la santé des femmes, en insistant sur le fait qu'elles négligent leur cœur et que cela peut leur être fatal. En effet, les maladies cardio-vasculaires sont devenues la première cause de mortalité féminine devant le cancer. Plus précisément, la mortalité cardio-vasculaire féminine n'a cessé d'augmenter en France au cours de ces dix dernières années, et l'infarctus du myocarde, autrement dit la crise cardiaque, qui est la principale cause de décès chez les femmes de plus de 65 ans, est actuellement en augmentation réelle chez les femmes jeunes.

Pourquoi un tel risque?

On observe que les femmes des années 2010 associent une vie moderne, plutôt stressante, à une consommation de tabac et d'alcool plus élevée et à une alimentation excessive... Des facteurs de risques qui ne différencient en fait pas tant les femmes des hommes, mais les infarctus du myocarde sont souvent plus fatals chez elles. Aujourd'hui, davantage de femmes décèdent avant même leur arrivée à l'hôpital. Pourquoi? Essentiellement parce que les symptômes peuvent être différents de ceux observés chez les hommes, et que les femmes connaissent moins ces symptômes. Chez elles, l'infarctus peut plus souvent survenir sans grande douleur, et sans se présenter sous la forme connue d'une grande pression avec douleur dans la cage thoracique.

Des symptômes moins inquiétants... à première vue

Les femmes présentent plus souvent que les hommes des symptômes atypiques d'infarctus, tels que:

  • des douleurs dans le cou, les épaules, le haut du dos, et un inconfort abdominal,
  • des essoufflements,
  • des nausées et des vomissements,
  • des vertiges et des étourdissements,
  • une fatigue inexpliquée.

Des soins urgents sont nécessaires

Malgré ces différences de symptômes, les conséquences sont les mêmes chez les hommes et les femmes: non alimentée, une partie du muscle cardiaque va dégénérer. Le traitement doit alors être réalisé au plus vite par les urgentistes, qui vont dissoudre le caillot de sang – c'est-à-dire la thrombose – en urgence, au niveau de l'artère bouchée. “Si vous ressentez ces symptômes de manière anormale, poursuit le Professeur Duriez, appelez ou faites appeler immédiatement les secours (SAMU: 15) et ne prenez pas votre véhicule personnel pour vous rendre aux urgences.”

Mais avant d'en arriver là, il est possible de prévenir l'infarctus, en réduisant au maximum les facteurs de risques cardio-vasculaires dans notre quotidien.

En priorité, réduire les facteurs de risques

La Fondation œur et Artères conseille d'adopter une hygiène de vie saine en mangeant des fruits et des légumes, en limitant la consommation de graisses animales, mais aussi de sel et d'alcool. Il ne s'agit pas de bannir tout plaisir, mais bien de manger en quantité raisonnable. La clé se trouve également dans la pratique d'une activité physique régulière, en enfin le tabac, loin d'être anodin sur notre cœur, doit être proscrit.

* Reconnue d'utilité publique, la Fondation Cœur et Artères soutient la recherche et la prévention des maladies cardiovasculaires et leurs facteurs de risque. Pour plus d'infos: www.fondacoeur.com

Sur le même sujet