La Tunisie dans l'oeuvre de quatre écrivains français du XXe

La perception de la Tunisie n'est pas la même chez Georges Perec, Claude Roy, Jean Daniel ou dans les écrits de Claude Rondeau.
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Il existe de nombreux livres sur la Tunisie. Guides touristiques, beaux livres, photos d’art, romans... Dans la seconde moitié du XXe siècle, lors de l’indépendance du pays, des écrivains français ont découvert la société tunisienne et parlé des Tunisiens.

Quatre écrivains évoquent dans leurs écrits les différentes manières dont le pays peut être perçu par le visiteur.

Peut-être celui d’aujourd’hui passe-t-il de l’indifférence des personnages de Georges Perec à l’intérêt que Claude Roy et Jean Daniel ont manifesté pour les Tunisiens.

Une autre attitude apparaît avec Daniel Rondeau qui mêle passé et présent dans sa promenade au milieu des ruines de Carthage. L’histoire et la culture priment.

Georges Perec

Georges Perec (1936- 1982) est un écrivain français. Le Larousse 2011 indique qu’il a adhéré à l’atelier littéraire l’OULIPO (OUvroir de LIttérature POtentielle) créé en 1960. « Cet atelier de littérature expérimentale (fondée sur l’utilisation de contraintes formelles) a notamment accueilli en son sein I. Calvino, G. Perec, J.Roubaud) » (Larousse 2011). « Les contraintes formelle auxquelles ce membre de l’OULIPO s’est astreint dans son œuvre romanesque traduisent la difficulté d’être (Les Choses, 1965 ; La Disparition, 1968 ; La Vie, mode d’emploi, 1978) » (Op.cité).

Dans son ouvrage L es choses - Une histoire des années 60 (Editions Julliard, Collection Les Lettres Nouvelles, 1965, 130 pages), l'auteur évoque la Tunisie et plus particulièrement la ville de Sfax. Il livre une description de la ville de Sfax au début des années 60. La société tunisienne est absente de cet épisode dans la vie des protagonistes de son roman.

Une vingtaine de pages décrit la vie des deux jeunes protagonistes du roman partis enseigner en Tunisie. Ils ne s’intègrent pas à la société. Ils vivent en marge. Et l’auteur conclut : « Ils vécurent sans doute à Sfax les huit mois les plus curieux de toute leur existence » (p.104 opus cité).

Claude Roy

Claude Roy (1915-1997), nom de plume de Claude Orland, est tout à la fois un poète, un journaliste et un écrivain français. Jean Daniel lui rend hommage dans son ouvrage Les miens (Editions Gallimard, Collection Folio, 2010, 421 p.). Il évoque l’homme, l’œuvre et « les trois somptueux volumes d’autobiographie, Moi je , Nous , Somme toute et les trois volumes de carnets » (p.297 op. cit.).

Dans son livre Nous (Editions Gallimard, collection folio, 1980, 562 p.) Claude Roy consacre un chapitre à la Tunisie qui s'intitule Les figues de barbarie . Il décrit ses premiers contacts avec Tunis et évoque son amitié avec Paul Sebag. Les premières pages du chapitre décrivent les impressions laissées à l’auteur par son premier contact avec Tunis. « Je m’endormis déçu chez mes hôtes, ce soir-là. Je me réveillai trop tôt. ». La découverte de la ville n’a pas été facile. La société est très différente de ce que l’auteur connaît. « Je me sentais de trop. Je n’aimais pas Tunis. J’y suis revenu au moins dix fois. »

Jean Daniel

Jean Daniel est le fondateur de la revue française Le Nouvel Observateur . Dans son livre de souvenirs et de portraits Les miens il évoque la Tunisie. Il y consacre deux chapitres.

Le premier intitulé Le lieutenant tunisien rappelle l’épisode douloureux de la guerre de Bizerte. Le second, consacré à Elio et Ginetta Vittorini, reprend un article paru dans la revue Senso qui mentionne le village tunisien de Porto Farina. L’auteur écrit : « je fais un pèlerinage dans le pays le plus italien du Maghreb, je débarque dans cette Tunisie avec laquelle j’ai tissé des liens qui ressemblent à des racines ». Dans l'article Eternitalie qui paraît dans la revue Senso de mars 2003 il écrit : "En Tunisie, il y a un petit port très italien, Porto Farina, où je me suis souvent rendu avec Michel Foucault parce que ce port lui rappelait Le Rivage des Syrtes, le roman de Julien Gracq... ".

Il avait déjà évoqué la Tunisie dans ses carnets parus sous le titre Avec le temps - carnets 1970-1998 en septembre 1998. Commencés le 21 juillet 1970, jour des 50 ans de l'auteur, ces carnets évoquent Hammamet, Tunis Sidi Bou Saïd et la Marsa,  Nefta Tozeur et Douz, Djerba.

Dans le second tome de ses carnets Soleils d'hiver carnets 1998-200 0, il raconte comment il a appris à Tunis la mort d'Albert Camus. Plus en avant il évoque le 9 avril 2000 Bourguiba.

Daniel Rondeau

Daniel Rondeau est tout à la fois romancier, éditeur, journaliste et depuis 2008 diplomate, Cet écrivain français est né en 1948.

Son livre Carthage évoque le passé glorieux de la ville détruite par Rome. Sa promenade au milieu des vestiges est une invitation au voyage.

La Tunisie a un passé glorieux car sa terre est chargée d’histoire. Alors lisons et relisons ces auteurs qui en parlent si bien.

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