Le pou : son histoire, son mode de vie, son traitement

Le pou est la prise de tête de tous les jeunes parents quelle que soit la saison. Quel est cet animal de mauvaise compagnie et comment s'en débarrasser ?
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"Connaître son ennemi pour mieux le combattre" dit l'adage. Rien n'est plus vrai quand il s'agit de livrer bataille aux poux qui franchissent les frontières de nos chevelures et y prennent leurs quartiers, en toute illégalité. Quel est ce parasite redoutable ? Comment l'identifier, le localiser et l'éradiquer ? Vous trouverez ici tout ce qu'il faut savoir sur le pediculus , son histoire, son mode de vie, ses points faibles... et tout ce qu'il faut pour, à votre tour, lui chercher des poux !

Le pou, cet insecte millénaire

"Laid comme un pou", "fier comme un pou", la tradition populaire prête moult adjectifs à ce parasite si familier de nos crinières. Une chose est sûre, qu'on le trouve répugnant ou fascinant, sa ténacité est incontestable. Ainsi, des peignes anti-poux ont été retrouvés dans des tombes égyptiennes 3000 ans avant J.-C. Différents modèles en bois, en os, en ivoire ont fait leur apparition dans les siècles qui suivirent, témoignant de notre acharnement à lui faire la chasse.

Jadis, on considérait le compagnon le plus fidèle de l'homme comme étant issu d'une sécrétion naturelle de la peau : le pou naissait soi-disant de la chair. Aristote en parle d'ailleurs dans son Histoire des animaux, vol 1 .

S'ils avaient tort sur ce point, nos ancêtres avaient en revanche parfaitement établi que les "vers de peau" vivaient aussi bien dans le poil humain que le poil animal, notamment celui de l'oiseau et du cochon. Et si l'on était point d'accord sur ses caractéristiques, il n'en restait pas moins que les Amérindiens et les esquimaux le dégustaient avec plaisir.

Les croyances autour du pou

D'un point de vue étymologique, pou qui vient du bas latin peduculus a donné pouil en ancien français. Il est associé aux adjectifs désignant la saleté, la crasse. Par extension, l'état pouilleux évoque la misère physique liée à la pauvreté. Autrefois "chanter pouilles à quelqu'un" signifiait qu'on l'accablait de reproches et d'injures.

Malgré son appartenance au champ lexical de la fange, le pou est tout d'abord porté aux nues. Au XVIIe siècle, on prétend qu'à l'instar des sang-sues il permet de manger le mauvais sang et l'on prend bien soin de ne pas les éradiquer tous. Avoir des poux est un gage de santé. A la cour du Louvres et de Versailles, se chercher les poux est une activité noble qui porte chance.

Au XVIII et XIXe siècles, la superstition ne fait néanmoins pas fi du confort et les épouilleuses ont fort à faire pour se débarrasser de cette vermine qui mange et démange. Les pouilleux se lancent alors dans un "Chauve qui peut !" et remplacent leur chevelure sacrifiée par de belles perruques qui n'échapperont cependant pas à l'obstinée colonie.

Il faut attendre la fin du XIXe siècle pour que l'on prenne conscience du fléau qu'est la pédiculose et que l'on cherche de véritables solutions à son éradication. Les insecticides mis au point après 1850 ne sont pas abordables par toutes les classes de la société et le pou est alors considéré comme la vermine sale et crasseuse que l'on connait de nos jours.

Mais un pou, c'est quoi ?

C'est un insecte mesurant de 3 à 4 mm de long, hématophage, qui se propage dans les chevelures longues de préférence et surtout enfantines. Le pou n'est pas un solitaire, il aime la collectivité et se reproduire aussi. Son sens de la famille l'amène à pondre jusqu'à 300 oeufs par mois. Ces oeufs sont appelés lentes et éclosent au bout d'une semaine. Son cycle de vie est de 30 à 40 jours environ.

Il se niche généralement derrière les oreilles, sous la frange, au-dessus de la nuque, là où il sera plus difficile de le débusquer. Le pou ne vole pas, il court et profite du contact de deux chevelures ou d'un échange de bonnet, d'accessoires de coiffure pour conquérir le territoire capillaire voisin. C'est pourquoi les petites filles, plus tactiles et prêteuses que les garçons, sont souvent la proie favorite des totos.

Le mode du vie du pediculus humanus capitis

Il s'accroche à l'aide de 3 paires de pattes griffues à nos cheveux et enfonce son appareil buccal et suceur dans notre chair pour un repas qu'il réitère 3 à 4 fois par jour. Lors de la piqûre, le sang est fluidifié par un liquide anti-coagulant que la salive du pou sécrète et ce sont ces piqûres répétées qui provoquent les démangeaisons du cuir chevelu.

Toujours très attachant, il fixe les lentes dans le cheveu à l'aide de la spumaline. A savoir lors du décollage au peigne fin qu'une lente d'un blanc brillant est une lente vivante et qu'une lente au blanc terne est une lente morte.

Solutions et traitements de "dépouillement"

Enfin notre pou qui aime faire exception à la règle tel le bijou ou le hibou a développé au fil des années une résistance qui fait de lui le fléau moderne de nos tignasses. Naturellement résistant à la chaleur et au froid, il faudra passer le doudou de votre enfant dans un lave-linge à + de 60 °C ou un congélateur à -18 °C pendant au moins 8 heures pour le décontaminer.

Les traitements à base d'insecticide ne sont plus efficaces (le pou ayant trouvé un moyen d'y survivre en raison d'une mutation génétique) et sont même considérés comme nocifs pour la santé. Désormais on utilise des produits comme le Duo LP Pro, l'Apaysil ou le Pouxit qui asphyxient le pou en quelques minutes grâce à des dérivés d'huile qui obstruent ses voies respiratoires.

D'autres méthodes comme l'utilisation du peigne électrique qui électrocute poux et lentes ou des remèdes de grand-mère à base de vinaigre et de lavande aident au traitement anti-poux . Si vous ne souhaitez pas en faire l'élevage, agissez rapidement et surveillez bien la tête de vos enfants en période d'infestation à l'école tout en les aspergeant de répulsifs, que ce soit des huiles essentielles de lavande ou des produits de pharmacie destinés à cet usage.

Le pou est tenace, soyez le plus encore !

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