Disparition de Vincent Zecca : l'alcool encore pointé du doigt

En un mois, Bordeaux a été frappée par deux disparitions d'étudiants qui sortaient de soirées alcoolisées. Le débat sur les jeunes et l'alcool est relancé.

Une nouvelle disparition inquiétante

Bordeaux retient à nouveau son souffle. Dans la nuit du 4 mars 2012, Vincent Zecca , étudiant en droit de 19 ans, a mystérieusement disparu après une soirée arrosée entre amis. Alors que le reste du groupe se dirige en boîte de nuit, le jeune homme préfère rentrer chez lui. Sa petite amie, Lauriane, parvient à le contacter plusieurs fois. Puis plus rien.

Une première femme va répondre à la place de Vincent au milieu de la nuit, indiquant à Lauriane où et dans quel état il se trouve. Puis, aux environs de 8h du matin, une joggeuse, intriguée par la sonnerie du portable abandonné, va elle aussi décrocher.

Certaines affaires du disparu sont retrouvées sur les quais de la Garonne, près de la place de la Bourse, mais sa carte de crédit n'est plus là : plusieurs tentatives d'utilisation sont repérées par les enquêteurs.

La disparition de Vincent est-elle liée à une mauvaise rencontre ou est-il tombé dans la Garonne en raison d'un état d'ébriété trop avancé?

La situation est d'autant plus inquiétante que cette disparition intervient un mois après celle d'un autre étudiant bordelais, Maxime Le Bot , 24 ans, lui aussi ivre et qui n'a toujours pas été retrouvé. Alors qu'il faisait la fête dans des bars puis dans une boîte de nuit proche des quais, il a quitté l'établissement en compagnie d'un ami, avec lequel il aurait consommé une bouteille de vodka. Son ami a été retrouvé errant sur une voie ferrée à Bègles, mais Maxime reste introuvable.

Là encore, la possibilité d'une chute dans les eaux de la Garonne est envisagée.

Les rumeurs vont bon train...

Ces deux disparitions font bien évidemment réagir les communautés étudiantes et les habitants de la ville qui ne manquent pas de développer toutes sortes de théories sur les réseaux sociaux et sur la toile, semant un peu plus l'inquiétude et la peur auprès des jeunes.

Certains affirment qu'elles sont orchestrées par des trafiquants d'organes, d'autres qu'un tueur rôde aux environs des quais et boîtes, très fréquentés.

D'autres encore affirment avoir rencontré un couple à première vue chaleureux qui "séduirait" sa victime avec de la drogue avant de chercher à utiliser sa carte de crédit (source : sudouest.fr ).

... mais le facteur alcool reste déterminant

Cependant, il ne faut pas oublier que Vincent Zecca et Maxime Le Bot étaient très probablement ivres au moment de leur disparition, ce qui constitue un facteur déterminant dans la tournure des évènements auxquels ils ont pu être confrontés.

Ces deux affaires rappellent d'ailleurs les découvertes en 2011 des corps de Thianibié Hie et Valentin Barnabeu dans la Garonne. Tous deux étaient également ivres au moment de leur chute dans le fleuve.

Les études montrent que la consommation d'alcool chez les jeunes ne cesse d'augmenter, faisant de multiples ravages. En France, le "binge drinking", c'est à dire la pratique consistant à boire le plus possible en un minimum de temps pour atteindre "l'évasion" et des sensations fortes est devenue une pratique courante auprès des étudiants.

En 2007, 57% des 15-24 ans déclaraient avoir déjà été ivres. Dans un cas sur dix, cet état d'ébriété était répété au moins dix fois dans l'année... (source : lefigaro.fr )

De nombreux cas similaires en France

Si la malédiction semble lourdement peser sur Bordeaux, c'est bien la France entière qui déplore des disparitions d'étudiants après des soirées alcoolisées.

  • Caen : en février 2011, Joackim Lebreton, 22 ans, est retrouvé sans vie par un kayakiste, probablement après une noyade.
  • Vannes : en avril 2011, Mathieu Gaillot est retrouvé dans le port de la ville après avoir disparu suite à une soirée où il avait consommé de l'alcool. Il avait 18 ans.
  • Montigny-les-Metz (Moselle) : le corps d'Antoine Brahy est retrouvé en février 2011 flottant près du barrage d'une centrale hydraulique. Deux autopsies s'accordent sur la thèse de la noyade en état d'ébriété.
  • Toulouse : en mai 2011, Bertrand Liria disparaît après un concert où il a consommé beaucoup d'alcool. Son corps est repêché dans la Garonne quelques jours plus tard.
  • Lille : en 2011, cinq corps sont retrouvés noyés dans la Deûle. Certaines de ces victimes avaient consommé une très grande quantité d'alcool.

Les autorités publiques semblent dépassées par cette inconscience estudiantine. Malgré les mesures prises, la ville de Bordeaux, qui a déployé bornes éthylotests et systèmes de vidéos et qui peut compter sur des patrouilles de police et de volontaires, n'a pas réussi à empêcher de nouvelles disparitions.

A l'heure actuelle, les enquêteurs recherchent toujours Maxime le Bot et Vincent Zecca.

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