L'uniforme français durant la Première Guerre mondiale

Pantalon rouge ou bleu, képi ou casque, l'armée française modifiera plusieurs fois l'uniforme de ses soldats afin de l'adapter à la Grande Guerre.
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Si en ce début de conflit, les Allemands arborent fièrement leurs casques à pointe et leurs uniformes «feldgrau», l’armée française, sur ce point, mettra du temps à assurer l’intendance. Il lui faudra en effet attendre des mois avant qu’elle ne soit «correctement» vêtue pour affronter la guerre et passe de l’uniforme hérité de la guerre franco-prussienne, en 1870, à la célèbre tenue de couleur bleu horizon, apparue en 1915.

Une guerre, deux uniformes différents pour les poilus

Si l’on considère l’uniforme français, la Première Guerre mondiale se divise en deux parties avec, en premier lieu, l’uniforme de la guerre de mouvement , suivi de l’uniforme de la guerre des tranchées . En effet, forcée d'admettre que le premier est devenu obsolète et dangereux (le rouge du pantalon étant notamment trop voyant), l’armée se décide à équiper ses fantassins d’une nouvelle tenue, et ce dès le début du conflit. Mais le temps de la confectionner et de la distribuer au sein des troupes, il faudra plusieurs mois d’attente aux soldats.

Pantalon rouge et képi, héritage de la guerre de 1870

«Au mois d'août, dans la chaleur torride, les fantassins français marchaient couverts de l'univers le plus irrationnel de tous les temps, uniforme cible, uniforme fardeau, pantalon rouge garance, longue capote de drap, été comme hiver, chemise en flanelle de coton et caleçons longs» Georges Blond, La Marne (1974).

Dès les premières offensives françaises de 1914, le pantalon rouge hérité de la guerre franco-prussienne représente un véritable danger pour les soldats qui l’arborent. Trop voyants, les valeureux poilus deviennent vite des cibles idéales pour l’ennemi. Et tandis que l’uniforme, dans son ensemble, n’est pas adapté aux saisons – trop chaud en été, trop froid en hiver – le képi ne protège en rien la tête des soldats. C'est alors que l’armée privilégie la confection de nouveaux uniformes, plus adaptés à ce nouveau type de guerre – la guerre des tranchées. Un uniforme qui ne fera son apparition que dans la deuxième moitié de l’année 1915. En attendant, pour passer l’hiver particulièrement rigoureux de 1914 , le poilu va piocher dans ses propres réserves.

Hiver 1914 - 1915: une armée de soldats dépareillés

Alors que certains conservent le pantalon rouge, ils sont nombreux à préférer le chaud pantalon de velours côtelé que la famille leur envoie par colis. Il n'y a plus d’uniforme: désormais, les poilus portent des lainages, s’enveloppent dans des toiles de tente et même des peaux de mouton. Aux pieds des combattants, bottes et épaisses chaussettes, ou encore jambières, remplacent les brodequins. En cet hiver 1914, elle a fière allure l’armée française!

L’apparition du célèbre uniforme bleu horizon dans l’armée française

Quelques mois avant la tristement célèbre bataille de Verdun , les képis sont enfin remplacés par des casques métalliques, les casques Adrian. «Je crois que cela fera bon usage contre les éclats de toute sorte et même contre les balles qui n'arriveront pas de plein fouet», Pierre-Quentin Bauchart, Lettres (24 août 1915).

Le pantalon rouge, quant à lui, est abandonné au profit d’un pantalon marron, puis bleu. Les bottes épaisses et les bandes molletières remplacent les brodequins. Même les armes – fusils, baïonnettes, couteaux – sont améliorées, et des préventions aux attaques de gaz distribuées aux soldats. Le poilu tel qu’on le représente aujourd’hui, tout de bleu vêtu, est paré pour une guerre qui durera encore trois longues années.

Sources :

  • Demory & Co, L'Encyclopédie de la Grande Guerre , Éditions E/P/A-Hachette Livres, 2008
  • François Icher, La Première Guerre mondiale au jour le jour , Éditions de La Martinière, 2007
  • E. Bourassin & P. Joubert, Le costume militaire , Éditions Delahaye, 2005

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