Qu'arrive-t-il à Liverpool ?

Liverpool n'a plus rien gagné depuis 2006. Entre les problèmes de joueurs et les soucis financiers, voyons comment ce club légendaire en est arrivé là.

Tottenham, Manchester City, Aston Villa, et, comble de l’ironie, Everton, l’autre club des bords de la Mersey : les candidats à la succession de Liverpool au sein du Big Four anglais ne manquent pas. On pourrait même penser à Fulham, récent finaliste malheureux de l’Europa League. Un lot de clubs moins glorieux, comparés au prestige, au passé et au soutien populaire du Liverpool FC.

Comment donc les Reds – vainqueur de la Champion’s League et de la Supercoupe d’Europe en 2005 puis de la Cup en 2006, leur dernier titre – ont-ils pu en arriver là ?

Un effectif en question

En deux ans, les Reds ont successivement perdu Xabi Alonso (parti au Real Madrid) et Javier Mascherano (qui a rejoint cet été les rangs du Barça), dépositaires oh combien talentueux de l’entrejeu des « merseysiders ». Ces deux piliers déchargeaient Steven Gerrard de nombreuses tâches défensives et organisationnelles, ce qui permettait à Captain Stevie de se concentrer sur l’attaque avec une adresse exceptionnelle. Mais la coqueluche d’Anfield a beau avoir inscrit un triplé inespéré hier soir contre Naples, à trop se disperser sur le terrain, il n’est plus aussi efficace qu’avant.

Le duo hispanophone n’a donc jamais été remplacé ; tout d’abord parce qu’il y a très peu de joueurs au monde du niveau d’Alonso et de Mascherano, et ensuite, parce que les Reds ont multiplié les erreurs de casting pour tenter de compenser les pertes de leurs deux tauliers. Roberto Aquilani, éphémère starlette italienne aperçue l’an dernier et prêtée cette année à la Juventus de Turin, en est le plus bel exemple. Cette saison, Roy Hodgson – nommé à la place de Raphaël Benitez, parti profiter du travail de Mourinho à l’Inter Milan – a fait venir le danois Christian Poulsen et le portugais Raul Meireles ; deux joueurs doués, mais qui n’ont ni le talent ni la complémentarité de leurs augustes prédécesseurs.

Ajoutons à cela trois choses :

  • la vente de l’un des joueurs les plus constants des deux dernières saisons, l’israélien Yossi Benayoun,
  • la pléthore d’erreurs de casting accumulées ces dernières années ; Charles Itandje, Andrea Dossena, Albert Riera, Ryan Babel, Philippe Degen, Nabil el Zhar, Robbie Keane, et dans une moindre mesure Sotirios Kyrgiakos, Maxi Rodriguez, et cette année Milan Jovanovic et Joe Cole,
  • et enfin, la longue liste de joueurs consciencieux mais limités qui peuplent le collectif – Paul Konchesky, Lucas Leiva, David N’Gog, etc.… et l’on comprendra la difficulté des Reds à tenir leur rang.

L'imbroglio financier

Mais si la situation sportive n’est guère glorieuse, en coulisses, le constat n’est pas plus brillant. En effet, lorsqu’en 2007, les américains George Gillett et Tom Hicks ont racheté le club, les supporters imaginaient déjà une destinée à la « Chelsea by Roman Abramovitch ».

Ils vont vite déchanter : trois ans, une myriade de vaines querelles internes et un retentissant procès plus tard, initié par la Royal Bank of Scotland pour obliger Gillett et Hicks à vendre le club suite à leur gestion catastrophique, Liverpool n’aura remporté aucun titre sous l’égide des deux hommes d’affaires d’outre-atlantique. Depuis le mois dernier, suite à la décision de justice favorable aux créditeurs du duo sus-cité, le Liverpool FC appartient à New England Sports Ventures, un consortium américain également, qui gère aussi la destinée du club de base-ball des Red Sox de Boston.

Espérons donc que ces spécialistes du sport professionnel sauront stabiliser la situation financière des Reds – dont la dette a été évaluée en mai dernier à 350 millions de livres sterling, soit 400 millions d’euros – et profiter de l’immense soutien populaire dont bénéficie toujours ce club légendaire pour repartir du bon pied le plus rapidement possible et redonner aux Merseysiders des résultats qui les fuient depuis 5 ans. D’autant plus que les éternels rivaux mancuniens de la pourtant très radine famille Glazer, ont pendant ce laps de temps, remporté pas moins de… 11 titres !

Souhaitons donc un rétablissement rapide au mythique Liverpool FC. Afin que le fameux Big Four ne soit plus composé uniquement de… 3 clubs !

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