Austerlitz, l'Europe française

Austerlitz est la plus grande bataille de Napoléon. Elle consacra la toute puissance française sur l'Europe. Austerlitz, morne plaine pour les Alliés!

« Quand j'aurai donné une leçon à l'Autriche, je reviendrai à mes projets » , déclare Napoléon en apprenant, en août 1805, que les Autrichiens s'apprêtaient, avec l'appui des Russes, à attaquer la Bavière alliée de la France. Renonçant à l'envahissement de l'Angleterre, il fait « pirouetter » sa Grande Armée du camp de Boulogne vers l'Alsace, franchit le Rhin, fait capituler le général Mack à Ulm et fonce sur Vienne. Après quelques jours à Schönbrunn, Napoléon remonte vers la Moravie où se sont réunies les armées des deux empereurs alliés, François II et le tsar Alexandre Ier. Lancé en flèche dans un pays qu'il lui est hostile, Napoléon sait qu'il doit maintenant obtenir une victoire rapide et surtout éclatante.

Napoléon arrête ses troupes près d'un petit bourg tout autant inconnu : Austerlitz. Par d'habiles feintes, il va amener ses adversaires, supérieurs en nombre, sur le terrain qu'il a choisi. Pour mieux les tromper, il fait demander au tsar une suspension d'armes, évidemment refusée, et feint de reculer. Ayant évacué le plateau de Pratzen, il compte que les Austro-Russes prendront place sur ces hauteurs et tenteront ensuite de lui couper la route de Vienne. Le mouvement prévu s'effectue. « Ils donnent dans le piège ; avant demain cette armée sera à moi ! » s'écrie Napoléon au soir du 1er décembre.

Une stratégie gagnante

L'aube venue, les ennemies, descendus du Pratzen dans la plaine que recouvre un épais brouillard, attaquent en effet la droite française, commandée par Davout. Celui-ci a ordre de résister mollement. Pendant ce temps, sur la gauche, Soult s'élance à l'assaut du plateau, dont le sommet, alors, s'inonde de soleil. Les charges françaises sont effroyables, pendant quatre heures, les adversaires tournoient, pris à revers, puis commencent à reculer. La garde impériale russe, jugée pourtant invincible, se laisse enfoncer. En vain, Koutousov essaie-t-il de reprendre le plateau. Ses troupes se débandent et cherchent à fuir, en contre-bas, sur des étangs gelés, mais les obus français font briser la glace.

Victoire

Vers 16 heures, la défaite des Alliés est complète, les deux autocrates se sont enfuis et Napoléon va pouvoir lancer un ordre du jour fulgurant : « Soldats, je suis content de vous... » . Les Alliés ont perdu 35000 hommes alors que les Français comptent 8000 morts ou blessés. La paix de Presbourg, qui termine la campagne, dépouille le Habsourg de ses possessions italiennes et de certains territoires allemands.

Source et complément

Napoléon et les Cent jours

Sur le même sujet