Henriette-Louise, le renouveau d'une cloche

La cloche Henriette-Louise de l'église Saint-Étienne de Mantes-la-Ville (78) vient de retrouver sa place après une complète refonte.
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La plus grosse cloche de l'église Saint-Étienne de Mantes-la-Ville sonne de nouveau. Très abîmée, elle a été entièrement refondue et, le curé, le père Olivier Dupont, a souhaité une nouvelle bénédiction qui s'est déroulée sous la houlette du père Olivier Leborgne, en présence du maire, Monique Brochot, et de nombreux fidèles qui ont tenu à démontrer leur attachement à l'église.

Cette cloche date de 1824. Au fil du temps, la corrosion a usé le battant et elle s'est fêlée. Au risque que cela comportait s'ajoute le fait qu'elle ne sonnait plus juste. Elle a rejoint, en juin dernier, l'atelier du fondeur Corneille Havard à Villedieu-les-Poêles.

L'histoire de Henriette-Louise

L'une des paroissiennes a retracé l'historique de cette cloche qui doit son nom à son parrain et à sa marraine. Le premier était le petit-fils du roi Charles X, Henri d'Artois, duc de Bordeaux. Il deviendra par la suite duc de Chambord et sera plus connu sous ce nom. Il avait alors quatre ans. La marraine était sa sœur, Louise d'Artois, qui avait un an de plus que lui. La première bénédiction a été donnée par le père Jean-Baptiste David. Son nom est gravé sur la cloche ainsi que celui du maire de l'époque, Jean-Marie Brochant, et celui de son adjoint, Jean-Pierre Rousseau. M. Brochant était né au château de Villiers, aujourd'hui détruit qui se trouvait sur la commune de Mantes-la-Ville. Savant, géologue et spécialiste des Alpes, il a été professeur à l'école des Mines du Mont-Blanc et directeur de la manufacture des glaces de Saint-Gobain. Il fit construire la première école gratuite de filles à Mantes-la-Ville. Son nom a été donné à une rue de Paris et à une station de métro.

Une reconstitution à l'identique

La nouvelle cloche pèse 860kg. Pour la refondre, on a utilisé en majeure partie l'ancienne et on a ajouté un peu de métal. Toutes les inscriptions qui y figuraient, ont été reprises. On y a jouté les noms du père Lebrogne qui l'a bénie, du père Dupont et du maire, Monique Brochot.

Après la bénédiction, le premier geste du père Leborgne a été de la faire tinter. Puis, il a invité toute l'assistance à l'imiter, ce qui a ravi les enfants. Quelques jours plus tard, Henriette-Louise a été remontée dans le clocher où elle se trouve désormais en compagnie de ses deux sœurs de 520kg et 480kg. Elle sonne en fa dièse, ce qui s'harmonise avec le son des deux autres.

L'église Saint-Étienne

L'église Saint-Étienne date de 974. Lors des bombardements de la seconde guerre mondiale, elle a été très endommagée. En 1968, un vaste programme de restauration a été entrepris sous l'égide des Monuments historiques. Le clocher est restauré en premier, puis le chœur et, enfin, la nef et l'intérieur. Actuellement, elle comprend une nef construite à l'époque romane. Sa voûte en berceau a été refaite en bois de châtaignier. Le clocher, trapu, est plus récent. La plus belle partie de l'église est le chœur à pans coupés, un embellissement qui a succédé à l'abside primitive dont on peut penser qu'elle était modeste, et qui date vraisemblablement du XIVème siècle. Les vitraux d'origine ont été détruits lors des bombardements. Ils ont été remplacés en 1948.

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