Le chantier école pour la remise à l'emploi

Le chantier école est un dispositif innovant pour permettre la remise à l'emploi de jeunes en rupture scolaire mais il s'adresse aussi aux adultes.

La communauté d'agglomération de Mantes en Yvelines (78) en est ainsi à sont cinquième chantier école bâtiment. La mise en place de ce dispositif a été décidée au vu du contexte économique en vallée de Seine avec un taux de chômage relativement élevé, la mutation du secteur industriel et le faible niveau de qualification. Or le BTP est un secteur porteur. D'où la volonté d'accompagner les demandeurs d'emploi en leur proposant une pré-formation pour les conduire plus loin.

Ce public particulier est le plus souvent en rupture avec les structures de formation traditionnelle: jeunes qui ont quitté l'école sans diplôme, chômeurs de longue durée... Il est difficile de leur proposer un parcours pédagogique classique car ils le jugent trop scolaire. De ce fait, l'accent est mis en priorité sur la pratique. Il ne s'agit pas d'une réelle formation puisque ces chantiers ne durent que cinq mois, mais une remise à l'emploi, une pré-formation et, pour un bon nombre, l'orientation vers une filière en alternance où ils se sentent plus à l'aise que sur les bancs de l'école.

Une forte demande

La demande est importante: à Mantes-la-Ville, le chantier qui est actuellement en cours et qui porte sur la réfection des peintures des locaux du complexe sportif Aimé Bergeal, regroupe douze jeunes et adultes. Ce ne sont pas moins de soixante candidatures qui ont été déposées par l'intermédiaire de la Mission locale, du Pôle emploi, mais aussi par le bouche à oreille.

L'équipe est encadrée par un formateur. Au programme: 35 heures par semaine, comprenant la formation, des remises à niveau (français, maths...), deux stages en entreprise et la formation à la Prévention et au secours civique de niveau 1 sans oublier un accompagnement socio-professionnel. Le chantier débouche sur l'obtention d'un certificat de compétences.

L'apprentissage des codes sociaux

Ces jeunes adultes sont pour la plupart en rupture de ban. Il faut donc débuter par un travail en amont ne serait-ce que pour arriver à l'heure tous les matins et apprendre à respecter le formateur et les autres membres de l'équipe. Des codes sociaux qui sont souvent absents et qui seront indispensables lors des stages en entreprise. Ces stages sont facilités par le réseau qu'entretient la communauté d'agglomération. Les entreprises acceptent de jouer le rôle de tutorat et il n'est pas rare que de jeunes soient engagés en contrat d'apprentissage à l'issue du chantier.

C'est également une volonté de la municipalité de promouvoir l'insertion :

"Dans tous les marchés publics que nous passons, nous exigeons une clause d'insertion," affirme le maire, Monique Brochot qui souligne que ces chantiers n'entrent pas ne concurrence avec les entreprise puisqu'il s'agit d'une pré-formation, une passerelle pour mener à l'emploi.

L'avis des jeunes

Les jeunes n'hésitent pas à expliquer ce qu'ils ont accompli : l'enduit, l'impression, la peinture mais aussi l'isolation, la peinture d'un meuble, les huisseries et la réfection d'un escalier pour apprendre à travailler en hauteur sur un échafaudage.

Pour Jordan, 23 ans, ce chantier est une découverte:

"Avant j'avais fait des stages dans le bâtiment mais à l'extérieur, comme couvreur entre autres. C'était assez dur. Mais la peinture, c'est beaucoup moins pénible. Je me sens bien plus à l'aise."

Site:www.mantesenyvelines.fr

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