De l'abri au logement moderne : histoire de l'habitation

L'habitation est avant tout un espace, procurant à l'homme un sentiment de sécurité. De la préhistoire à Le Corbusier, zoom sur l'évolution de la maison.
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La recherche d’un refuge a toujours été l’une des préoccupations principales de l’homme. De la grotte à la maison contemporaine, l’habitation répond à un besoin fondamental de sécurité. Avec la sédentarisation, l’homme ne se contentait plus d’une grotte pour s’abriter. Qu’il soit sédentaire ou nomade, il construisait des huttes avec des roseaux ou des ossements et des peaux d’animaux.

Les huttes

D’après les archéologues, cette habitation date du néolithique, lorsque l’agriculture se substitua à la chasse et à la cueillette. Des fouilles effectuées en Allemagne, en Pologne et à Chypre ont permis aux archéologues de définir la typologie de l’habitat néolithique, qui était constituée d’une pièce unique et circulaire. Zoom sur la préhistoire.

L’antiquité

Dans l’ancienne Égypte, il existait déjà une nette distinction entre les habitations des différentes classes sociales. Les classes supérieures possédaient des demeures à deux niveaux composées de salles hypostyles et de plusieurs pièces. Des matériaux nobles et une riche décoration agrémentaient les espaces. Les classes moyennes avaient des logements sous forme de huttes de briques crues. À un ou deux étages. On n’a pratiquement pas de trace des habitations du petit peuple qui construisaient avec des matériaux venues des rives du Nil, de la terre grasse et de la paille hachée. L'architecture de l'Egypte ancienne.

Dans la Rome antique, les moins riches vivaient dans des complexes pluri-familiaux appelés insulae dont les bâtiments construits en briques étaient à plusieurs niveaux. Ils comprenaient une entrée, une pièce principale et des pièces de service partagées par plusieurs familles. La maison romaine des classes aisées domus avait un seul niveau avec accès direct depuis la rue et deux pièces servant parfois de boutiques.

Le moyen âge

La diversité des solutions architecturales en occident se multipliaient, avec les différents contextes sociaux et politiques. En Orient, l’architecture byzantine se développait en exportant son savoir-faire à Venise, où les matériaux précieux pour la décoration étaient privilégiés. C’est à cette période que les habitations en torchis étaient remplacées par des édifices en pierre plus résistantes au feu. En Europe du Nord, la majorité des habitations étaient en bois avec des toits à forte pente et une structure en pans de bois visibles. Architecture du Moyen âge.

La renaissance

Le concept du palais urbain a pris forme graduellement par l’agrégation de maisons à cour centrale médiévale. Ces habitations ont incorporé peu à peu des tourelles, des échoppes ou des magasins au rez-de-chaussée et des appartements à l’étage. C’est à cette époque que le château de Fontainebleau fût construit sous le règne de François 1er.

La maison bourgeoise

Le terme de bourgeoisie désignait au moyen âge les habitants des villes, bénéficiaire des franchises urbaines. Historiquement, la maison bourgeoise était indissociable de la ville, qui au moyen âge se distinguait de la campagne à la fois topographiquement et juridiquement. Tout en étant un objet unique, la maison bourgeoise ne prenait tout son sens architectural que dans un ensemble (rue, ville). Le type de la maison urbaine consistait en un corps de pierre de trois ou quatre étages, s’élevant sur une parcelle étroite et profonde, qui limitait le plan et l’élévation du bâtiment. Le rez-de-chaussée était dévolu à une fonction professionnelle, les étages au logement et les galetas abritaient les provisions.

L’immeuble d’habitation

En France, de 1853 à 1870 le préfet de la Seine, le baron Georges-Eugène Hausmann, a urbanisé Paris, en détruisant les vieux quartiers médiévaux. Il ne s’est pas préoccupé de la petite population. Face à la hausse des loyers, les ouvriers devaient quitter les quartiers centraux pour s’installer dans les nouvelles communes annexées. La maison bourgeoise du XVIIe siècle était encore mono-familiale, celle du XVIIIe siècle répondait au concept d’un bâtiment élégant partagé par plusieurs familles. De cette façon les divers résidents pouvaient bénéficier de parties communes de qualités. Ainsi est né le concept de l’immeuble d’habitation qui allait influencer la construction résidentielle pour les siècles à venir.

Le logement moderne

Le type d’habitation le plus répandu en ville est l’immeuble résidentiel, qui a connu plusieurs évolutions depuis les expérimentations de Le Corbusier. L’obligation pressante de multiplier les espaces de vie et rentabiliser les surfaces habitables a conduit à récupérer les combles, greniers et sous-sols, après la deuxième guerre mondiale et la destruction massive des villes. La construction d’immeuble était la réponse adéquate pour assurer à la population un logement digne. La cité radieuse de Le Corbusier.

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