Les Romains en Afrique du Nord

Quisquis ubique habitat, Maxime, nusquam habitat. "Celui qui habite partout, n'habite nulle part" Martial

A peu de distance de l'Italie, l'Afrique du Nord. Les Romains, voyageurs sans relâche, occupent la région sur trois axes principaux : le premier, allant du nord au sud, en suivant la côte, puis vers l'est, le deuxième se dessien derrière des massifs rocheux et le troisième en diagonale, alland du sud vers l'ouest.

Nous pouvons visiter en leur compagnie le site de Djemila, l'antique Cuicul, le nom du village berbère qui occupait l'emplacement primitivement.

Cuicul

La ville romaine de Cuic ul , abrite plus de 100 000 habitants, c'est une colonie de vétérans environnée d'oliveraies verdoyantes, propice à l'élevage. Après avoir échappé aux destructions du peuple Vandale jusqu'au 6e s, elle accueille le retour des Byzantins sur les lieux en 533, la ville évitant de tomber sous la coupe des rois maures qui dominent le reste de l'Afrique du Nord.

Ce n'est qu'en 553 que Cuicul tombe dans l'oubli.

Le site archéologique de Cuicul est récent. Ce n'est en effet qu'à partir de 1909 que l'on commence à dégager de la terre et de la végétation les ruines de la cité. Monsieur de Crésolles, ancien administrateur des colonies, est le premier à s'intéresser à l'ensemble qui se révèle, longtemps après sa mort, extrêmement digne d'intérêt. Les Romains n'avaient en effet pas choisi l'emplacement au hasard. Ce poste avancé de l'armée romaine, probablement fondée par Trajan à la fin du 1e s (98), se trouve sur un terrain accidenté, sur la route allant de Constantine à Setif, entre l'Atlas littoral et l'Aurès.

La visite du site se révèle d'une rare richesse : grand temple de la famille septimienne, temple du Nord, dédié à la Terre et à Vénus, arc de triomphe de Caracalla, thermes du capitole, maison de Castorius, agora, etc..

Le théâtre semble avoir interrompu ses représentations récemment. Les orateurs et les acteurs l'ont déserté mais il émane encore de l'endroit une atmosphère érudite. Un seul monument demeure presque intact au fil des siècles, le baptistère, situé dans l'ancien quartier chrétien,

dominant la ville païenne, et rappelant que la cité se dote d'une basilique au 4e.

Le musée de Djemila réserve la découverte de superbes mosaïques. Il est le seul d'Algérie à être entièrement recouvert de ses oeuvres témoignant d'un savoir-faire unique : A remarquer, le très belle Toilette de Vénus, l'Enlèvement d'Europe par Jupiter et les scènes du culte de Dionysos.

A savoir : - Suite à la disparition de Monsieur de Crésolles, sa veuve continue le travail, en digne fille et femme d'archéologues ; - Lors de l'expédition des Portes de fer , le duc d'Orléans et ses troupes occupent en 1838 et 1839 le site. Le projet du duc de transporter l'arc de triomphe de Caracalla à Paris, n'aboutit pas ; Cuicul - Djemila , est inscrite au patrimoine universel de l'Unesco depuis 1982 ; A lire : L'Afrique Romaine, de Eugène Albertini (1937), à visiter les sites d'Algérie .

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