«Spitha» : Mikis Théodorakis lance un nouveau mouvement

À 85 ans, le compositeur grec légendaire crée un mouvement contre les mesures d'austérité auxquelles fait aujourd'hui face la Grèce.

Mikis Théodorakis s’est battu toute sa vie pour que son pays connaisse de plus beaux jours. Dans chaque épisode difficile que la Grèce traversait, à chacune des guerres, à chacune des crises, il était là, fidèle au combat. Ce n’est donc pas étonnant qu’encore une fois, même s’il est à présent octogénaire, il ne se contente pas d’assister aux événements qui touchent son pays de manière passive.

Alors que des plus jeunes auraient pu reprendre le flambeau, c’est lui, malgré sa maladie et son âge avancé, qui tente de faire bouger les choses. Ce militant infatigable pour la liberté et la grécité aurait pu rester en retrait. Il a cependant choisi de s’impliquer, une fois de plus, dans la crise que traverse la Grèce.

Un appel à la désobéissance

« Spitha », voilà le nom du mouvement anti-rigueur qu’a lancé Théodorakis, le 1er décembre 2010. En français, « Spitha » signifie « Étincelle », celle que le compositeur voudrait bien rallumer dans le cœur des Grecs. Avec ce mouvement, qui ne se veut pas un parti politique, Théodorakis appelle les citoyens grecs à la désobéissance. Le compositeur souhaite ainsi protester contre les décisions du gouvernement émanant, selon lui, des États-Unis, du Fonds monétaire international et de l’Union européenne, et cédant la souveraineté nationale à des puissances étrangères.

Un mouvement de citoyens indépendants

Concerné plus que jamais par l’avenir de son pays, il a en effet expliqué que « Spitha » est un mouvement de défiance qui vise à se démarquer dans la pratique contre les décisions illégales, antidémocratiques et antipopulaires du gouvernement. La mise en place du mouvement de citoyens indépendants vise ainsi à instaurer un dialogue avec le peuple sur la manière de surmonter la crise par la mise en œuvre d’actions coordonnées.

Suggestions et accusations

Dans son discours de deux heures et demie prononcé à l’Institut Michael Cacoyannis à Athènes, le compositeur a attaqué le système politique corrompu qui a conduit le pays à la faillite. Il a analysé la façon dont la Grèce a accumulé tant de dettes et a proposé la séparation du pays du programme de sauvetage du FMI-Bruxelles. Selon lui, la Grèce pourrait obtenir des prêts à des conditions plus favorables auprès de marchés non européens, comme la Russie et la Chine.

Théodorakis a aussi suggéré que le gouvernement taxe les banques plutôt que d’implanter des mesures d’austérité et a accusé le FMI de faire de la Grèce un pion dans l’échiquier américain. Il a également encouragé l'élaboration d'une nouvelle doctrine de défense nationale, à l'extérieur de la planification de l'OTAN.

Le site web (en grec) du mouvement : http://www.spitha-kinima.org/

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