Les événements du 17 octobre 1961 : 50 ans après

Les événements du 17 octobre 1961 désignent la répression sanglante ayant frappé une manifestation organisée par la Fédération de France du FLN.

Le 17 octobre 1961 est un moment oublié de l’histoire de France. Longtemps, les atrocités commises pendant cette manifestation pacifique d’Algériens ont été passées sous silence par le gouvernement et les médias français. Il est difficile d’imaginer, même après 50 ans, les atrocités qui ont pu être perpétrées lors de cette journée. Seul les chiffres nous permettent de prendre la mesure de cette tragédie étouffée sciemment par le pouvoir, au moins 200 Algériens ont été tués, abattus, frappés ou jetés à la Seine ; 11 500 autres ont été arrêtés et souvent torturés. Des centaines enfin ont été renvoyés dans leur pays. Aujourd’hui, on en sait beaucoup sur la violence de cette nuit, grâce au travail des médias et du monde associatif, mais cinquante ans plus tard, les réparations et l’hommage officiel aux victimes se font toujours attendre.

Un devoir de mémoire

Sur le site du nouvel observateur, ils reviennent sur ces évènements passés il y a 50 ans, que l’on redécouvre presque. J’ai pris la liberté de citer un passage, qui met très bien en perspective cette journée oubliée

« Sept ans après le début de la guerre d'Algérie, le conflit s'est transporté en métropole. Si le principe de l'indépendance était acquis, que les négociations à Evian étaient ouvertes depuis mai 1961, la cohabitation entre les deux communautés est extrêmement tendue. Attentats, assassinats à la fois d'indépendantistes algériens et de policiers se multiplient. La pression est si forte que le préfet de police, Maurice Papon, finit par instaurer le 5 octobre un couvre-feu de 20h30 à 5h30 pour tous les "Français musulmans d'Algérie".

Le 17 octobre 1961, la Fédération de France du FLN appelle les Algériens de Paris et de sa région à manifester pacifiquement contre ce couvre-feu jugé discriminatoire. Pour rappel, Michel Debré est Premier ministre, Roger Frey, ministre de l'Intérieur et le général de Gaulle, le chef de l'Etat. Celui-ci donne carte blanche à Maurice Papon pour interdire la manifestation. Bravant la menace, les Algériens, majoritairement des ouvriers, vont se rendre dans la capitale en costume du dimanche, comme s'ils allaient à "un mariage, à une fête". Pour certains, c'était la première fois qu'ils quittaient leurs bidonvilles. Plus de 30.000 Algériens seront accueillis par des milliers de policiers à Paris. » ( Source : le 17 octobre 1961 : Nuit noire à Paris )

La nuit oubliée - 17 octobre 1961 : un web documentaire au service de la mémoire collective

La nuit oubliée - 17 octobre 1961 propose un voyage interactif vidéo, photographique, sonore et littéraire sur ces événements. Ce webdocumentaire souhaite retracer de façon précise cette soirée. Grâce à une carte interactive de Paris, on découvre les lieux de la répression et les témoignages des participants.

Des archives (photos, audio, vidéo, écrits, infographies) apportent des éléments d'information et de

compréhension supplémentaires.

Les internautes ont été appelés à soutenir financièrement le projet sur Kiss Kiss Bank Bank pour construire une parcelle de la mémoire collective française et algérienne.

Vous pouvez retrouver le webdocumentaire sur le monde.fr ici ". Ce fabuleux travail contribue à lever le voile sur cette journée tragique.

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