Le Nombril du Monde, un Jardin de contes et d'histoires

Site culturel en milieu rural, le Nombril du Monde est le lieu de résidence des contes et un pôle ressource de création et de diffusion artistique.

L’originalité du Nombril du Monde , jardin ludique de contes, d’histoires et de légendes, site surgi comme par magie dans le département des Deux-Sèvres (79), à l’orée du Marais Poitevin, sur la commune de Pougne-Hérisson, est qu’elle fait appel à une légende locale qui remonte d’abord à la Guerre de Cent ans, par l’étrange concentration de troubadours et de trouvères de toute l’Europe qui venaient y trouver refuge et inspiration. Puis, le 6 juin 1944, cette légende prend une nouvelle dimension, par l’arrivée miraculeuse (et surtout due à un parachutage accidentel) de John Barney Fergusson, anthropologue américain. C’est de sa rencontre avec le forgeron du village, Robert Jarry, qu’ensemble, ils inventent une nouvelle discipline, «l’ombilicologie» (le premier met en évidence le phénomène de transformation des histoires incandescentes en pierre, le second fabrique la Machine à tarabuster les pierres pour les faire parler). S’ensuivent des recherches minutieuses, puis la rédaction de la thèse The Nombril : Why and Now ? , qui finira par disparaître mystérieusement avec son auteur dans l’incendie de la bibliothèque en 1958. Jarry transforme son jardin pour en faire un lieu d’expérimentations et de conservation de ses trouvailles. Il meurt en 1976 lors de la sécheresse. Pendant ce temps, Thomas Fergusson, le fils de l’ombilicologue, mène des recherches pour retrouver son père. Astrophysicien, il part pour la France, est recruté par le KGB, retrouve trace de son père à Pougne-Hérisson, fabrique un laboratoire dans une vieille capsule Spoutnik, etc. L’histoire est riche, dense… et ne s’arrête pas là. Loin s’en faut ! Quoi qu’il en soit, ces trois hommes, ombilicologues, laissent d’incroyables travaux que retrouvera le conteur Yannick Jaulin qui fait partager cette mythologie avec le maire et la population du village. Ainsi né le Nombril du Monde .

Qu’en est-il aujourd’hui de cet univers magique ?

Riche de ces aventures extraordinaires, le Nombril du Monde est devenu depuis 2004 un lieu unique en son genre. Sous la direction artistique de Yannick Jaulin ( Grand Prix National de l’Innovation Culturelle ) et porté par toute la population, le Nombril du Monde est dorénavant un pôle ressource de création et de diffusion artistique. Dans un jardin pédagogique, mécanique et végétal, porte ouverte sur l’univers de la parole, dans des espaces sonores et interactifs, le long de parcours destinés tant aux jeunes oreilles qu’aux langues affûtées, s’animent des objets insolites, des machines à tarabuster les cailloux, le laboratoire d’ombilicologie installé dans le Spoutnik restauré, des cabanes à histoires, la Marmite à Esgourdes (kiosque sonore), la Roseraie tubulentes (labyrinthe incroyable de mots et de sons) et la Serre (wagon créé par le plasticien, Frédéric Magnin, empli de valises, de baluchons et peuplé d’étranges personnages). Ce lieu est aussi un Festival biennal et s’articule autour d’une saison culturelle d’avril à septembre qui accueille des artistes en résidence en contes (Nidal Qannari), en peinture et en écriture (Catherine Bénas), en théâtre de rue (Arnaud Ledoux & Alice Geairon), en musique (Compagnie Atelier de Papier) et même en architecture, avec les Observatoires de Vanessa Jousseaume, dont vision originale et poésie sont impératifs pour raconter des histoires et créer mythes et légendes, tout en proposant tant des spectacles que des ateliers durant la période estivale.

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