Les Voyages du Théâtre du Lamparo

Compagnie de théâtre itinérant, le Lamparo, créé en 1987, sillonne nos campagnes afin d'y développer des projets culturels.

Dire. Vivre. Partager. Transmettre. Par ces quatre vecteurs fondateurs de leur travail, la compagnie du Théâtre du Lamparo , basée à Argenton-sur-Creuse, dans l’Indre (36), génère, par des séjours en résidence de création et de diffusion, une relation privilégiée avec des gens, des habitants, qui s’établit lors de représentations de spectacles destinés tant à un public adulte qu’à la jeunesse, mais aussi dans la vie quotidienne, grâce au chapiteau – acquis en 2001 – et au village de caravanes, lieux qui leur permettent de construire des relations sincères et durables, basées sur la convivialité, la complicité, le partage et l’échange. De plus, la présence du chapiteau est d’autant plus cruciale qu’elle permet de présenter les créations dans les conditions où elles ont été créées.

Depuis plus de 20 ans, d’Anet (28) à Saint-Amand-Montrond (18), de Beaulieu-lès-Loches (37) à Baule (45), ou d’Issoudun (36) à Chalon-sur-Saône (71), le Théâtre du Lamparo milite en faveur d’une culture définie comme un service public. «Si le cœur et la raison d’exister de la compagnie se nourrissent de son travail artistique, la conscience des populations à qui s’adresse son travail a toujours fait partie de sa réflexion et de ses méthodes de travail», ajoute la compagnie. De ce fait, elle s’est toujours orientée vers des populations éloignées de l’offre culturelle. Ainsi, elle a développé de nombreuses actions de formation auprès d’établissements scolaires, voire même dans l’univers carcéral, tout en offrant des spectacles mêlant théâtre, conte, musique, danse, arts plastiques, conférences/débats, expositions et lectures publiques. «S’installer dans une commune, monter le chapiteau, faire appel pour cela aux employés de la commune, installer le village de caravanes autour, prendre une place dans le paysage, faire ses courses dans le bourg ou le village, discuter, plaisanter : tout cela fait partie de la vie de la compagnie dans une commune d’accueil, une vie qui peut se partager avec celle des habitants», se réjouissent-ils.

Un copieux répertoire

Le répertoire de la compagnie s’est construit en fonction de ce travail de résidences… et de partage, il va de soi : formes légères pouvant se représenter hors chapiteau, et formes nécessitant une logistique technique plus importante réalisable dans le chapiteau. Depuis une dizaine d’années, la compagnie s’intéresse à la thématique de la « Mémoire », toujours dans un souci de partage et de transmission, mais sans donner dans la nostalgie d’époques révolues. Plusieurs créations ont vu le jour sur ce thème riche : la Courroie , le Naufrage du Titanic , Lettre au Fils … Des textes choisis pour leur résonance avec notre monde, pertinente, éclairante et constructive. Mais le Théâtre du Lamparo propose également tant des textes issus de la tradition classique que des écrits contemporains et modernes. Ainsi se côtoient Samuel Becket, Georg Büchner, Denis Diderot, Vassili Grossman, Hans Magnus Enzensberger, Bruno Tiaïba, des contes chinois, des témoignages d’ouvrières de la Chemiserie et les textes personnels de Sylvie Caillaud qui se charge de l’adaptation des précédents. Ainsi, nous y trouvons des créations telles que le Kolobok enchanté , le Neveu de Rameau , la Visite du Château , Cherche Femmes , le Pinceau magique ou Petit Peuple mange . Ce sont donc plus de dix créations que proposent le Théâtre du Lamparo… et des pièces toujours en représentation.

La compagnie du Théâtre du Lamparo a su se forger une identité précise, faite de valeurs réelles, loin du consumérisme à outrance: «Je vais au spectacle, je paie et je m’en vais», afin de créer harmonie, échanges culturels et artistiques pour des personnes, et non un public, qui vivent en milieu rural et qui subissent la raréfaction de l’offre culturelle. Dans ce même état d’esprit, la compagnie continue de s’interroger sur la place laissée aux artistes dans notre société.

Sur le même sujet