Copwatch, le site "anti-flics"

Filatures, vidéos, témoignages, Copwatch explore le côté obscur de la police.
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Copwatch est un site internet créé par un groupe de citoyens prônant la transparence et l’information quant aux agissements de la police. Le site en question dénonce à grand renfort de vidéos et de témoignages, les éventuelles bavures et violences dont auraient fait preuve les agents assermentés.

Anonymes mais déterminés

Tout en restant anonymes, les auteurs du site se présentent comme des militants qui veulent surveiller la police. Afin de médiatiser, voire d'empêcher une bavure, ces nouveaux « Robins des bois » encouragent les citoyens à filmer ou photographier les forces de l'ordre en exercice Le site ironise en rappelant : « Puisque ceci n'est plus une évidence que la police est censée servir le peuple et le protéger. »

Outre-Atlantique

Aux Etats-Unis, le copwatching naît avec le mouvement des Droits Civiques et les Black Panthers - groupe révolutionnaire afro-américain formé en Californie - en 1966. En 1991, le film amateur du passage à tabac de Rodney King, un noir américain violemment battu, à Los Angeles par des policiers blancs, donne une réelle ampleur au site.

Quelques exemples

Sur son blog, Copwatch dénonce, entre autres, les affaires suivantes :

  • L’opération « Occupy Wall Street » où quelques centaines de militants se faisant appeler « les 99 pour cent » en opposition au 1% de riches qui monopolisent les branches du pouvoir. La manifestation est pacifique mais n’empêche pas le passage à tabac de quelques militants par la police new-yorkaise. Les policiers s’en seraient également pris aux quelques journalistes présents.
  • Les indignés à Paris. Le 20 septembre 2011, la marche des indignés, en route vers Bruxelles, emprunte le boulevard Saint-Germain. Aux alentours de 21h, plusieurs véhicules de la police nationale font irruption et, sans la moindre sommation, les agents aspergent les "marcheurs" de gaz lacrymogène, les dirigeant vers le boulevard Saint-Germain où ils ont fini par les encercler. Les agents de la force publique auraient une fois de plus utilisé la violence (coups de poings, de pieds et insultes) sur les citoyens des différents pays participant à cette marche. (Français, Espagnols, Grecs, Allemands, Anglais...).
  • L’affaire de Bobigny où plusieurs policiers et un procureur semblent mis en cause revêt une trame digne des romans de Patricia Cornwell.

Copwatch va-t-il trop loin ?

D’après Le Post du 28 septembre 2011, Copwatch n’hésiterait pas à publier les photos des agents parisiens et lillois, en uniforme et en civil, ainsi que leurs noms et même leurs surnoms. Des filatures seraient organisées depuis des années depuis la sortie des commissariats.

La guerre est déclarée

Selon un reportage diffusé sur France Info , le 28 septembre 2011, le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant parle d’un procédé "intolérable" et porte doublement plainte. L’une pour "diffamation publique envers un fonctionnaire de police" et l’autre pour "diffamation publique de l’administration".

A chacun son opinion

Copwatch vient de lancer un pavé dans la mare. Même si ses procédés semblent discutables – les policiers restant avant tout, des êtres humains avec une famille à protéger et à faire vivre pour la plupart d’entre eux - certaines pratiques policières, souvent dénoncées comme abusives sans qu’elles ne soient l'objet de poursuite, resteront l’un des plus grands secrets de polichinelle de ce monde.

http://copwatch.fr.over-blog.com/

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