Françoise Dorléac, un destin brisé

En 15 films tournés de 1960 à 1967, Françoise Dorléac aura laissé son empreinte sur l'écran grâce à son tempérament, sa fraîcheur et son sourire.
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De son vrai nom Françoise Paulette Louise Dorléac, Françoise Dorléac est la deuxième fille d’une fratrie de quatre (Danièle, Catherine et Sylvie). Elle est née le 21 mars 1942 à Paris. Sa sœur Catherine Deneuve est née le 22 octobre 1943 à Paris. Françoise Dorléac est la fille de Maurice Dorléac et Renée Simonot. Le père est comédien, la mère est pensionnaire au théâtre de l’Odéon. C’est donc tout naturellement qu’elle se dirige vers une carrière de comédienne. La jeune fille doit faire ses débuts au théâtre en 1951 dans la pièce « La puissance et la gloire » avec Louis Jouvet, mais l’acteur malade est contraint d’arrêter les répétitions. Il meurt quelques jours plus tard. Enfant rebelle et élève indisciplinée, elle est renvoyée du lycée. La jeune Françoise obtient de ses parents la possibilité de s’inscrire au cours d’art dramatique de Raymond Gérard. En 1952, elle double la voix de l’actrice Elsbeth Sigmund dans le film « Heidi ».

L’apprentissage du métier de comédienne

Françoise Dorléac à seulement quinze ans quand elle tourne dans le court-métrage « Le mensonge ». Elle fait ses véritables débuts au cinéma dans le film « Le loup dans la bergerie » en 1959 de Hervé Bromberger. Françoise Dorléac apprend son métier de comédienne au théâtre où elle interprète « Gigi » d’après Colette, « Noix de coco » d’après Marcel Achard en 1960. L’année suivante, elle joue dans « Le mariage forcé » et L’école des maris » de Molière. Au cinéma, elle apparaît dans « Ce soir ou Jamais » (1960) de Michel Deville, « La fille aux yeux d’or » (1960) ou « Tout l’or du monde » (1961) de René Clair, avec Bourvil dans lequel, elle joue le rôle d’une journaliste. En 1962, elle interprète le rôle de Nathalie Cartier dans « Arsène Lupin contre Arsène Lupin » de Edouard Molinaro, aux côtés de Jean-Pierre Cassel puis enchaîne avec « La Gamberge » de Norbert Carbonnaux . Véritable bourreau de travail, Françoise Dorléac est également présente cette même année à la télévision où elle joue notamment dans « Les trois chapeaux claques » de Jean-Pierre Marchand, « Teuf Teuf » d’après une pièce de Tristan Bernard ou encore « Les petites demoiselles » de Michel Deville.

Le temps des succès et de la consécration

Le réalisateur Philippe de Broca la choisit pour être la partenaire de Jean-Paul Belmondo dans le film d’aventures « L’homme de Rio » (1963). C’est un gros succès lors de sa sortie au cinéma. Le film « La peau douce » réalisé par François Truffaut finit d’asseoir sa notoriété. Elle devient l’une des actrices préférées du public. Elle retrouve Jean-Paul Belmondo dans « La chasse à l’homme » de Edouard Molinaro, en 1964. Son talent est reconnu à l’étranger. Ainsi le réalisateur américain Henry Levin fait appel à Françoise Dorléac pour jouer la princesse Bortei dans la super production « Gengis Khan » (1965) avec Omar Sharif et James Mason. Sa carrière internationale continue avec la comédie « Passeport pour l’oubli » (Where the spies are) de Val Guest, avec David Niven. Puis c’est au tour de Roman Polanski de la faire tourner dans « Cul de sac » où elle joue aux côtés de Donald Pleasence. La consécration arrive avec « Les demoiselles de Rochefort » de Jacques Demy dans lequel, elle incarne Solange Garnier, la sœur jumelle de Delphine, personnage joué par sa sœur Catherine Deneuve. Le film bénéficie d’une distribution internationale : Georges Chakiris et Gene Kelly cotoient Michel Piccoli et Danielle Darrieux. Le film connaît le succès lors de sa sortie au cinéma en 1967.

La fin tragique de Françoise Dorléac

C’est maintenant le réalisateur anglais Ken Russel qui lui offre le rôle de Anya dans « Un cerveau d’un milliard de dollars » (Billion Dollar Brain) qui sera son quinzième et dernier film. Dans ce film d’espionnage, Françoise Dorléac a pour partenaire Michael Caine et Karl Malden. Le 26 juin 1967, Françoise Dorléac quitte Saint-Tropez en voiture direction l’aéroport de Nice côte d’Azur, où elle doit prendre un avion. Mais l’actrice est en retard et roule vite, trop vite. A la sortie de l’autoroute de l’Esterel à Villeneuve-Loubet, l’actrice se tue dans un accident après que sa voiture (une Renault 8 Gordini de location) est percutée un poteau électrique avant de prendre feu. La jeune femme meurt brûlée vive, à l'âge de 25 ans. Elle venait d’achever les prises de vues de son dernier film, mais n’a pas eu le temps de faire le doublage de sa voix. C’est donc la voix d’une autre qui sera posée sur l’image du film lors de sa sortie à la fin de l’année 1968. Le film sera un semi-échec.

Une carrière éphémère

La mort prématurée de Françoise Dorléac a privé le cinéma français, d’un talent qui n’aurait fait que s’améliorer à l’aube de ses trente ans. Elle aurait sûrement connu une carrière aussi belle que sa sœur Catherine. Le réalisateur François Truffaut déclare à l’annonce de sa mort : "Pour tous ceux qui l'ont connue, Françoise Dorléac représentait davantage une personne comme on en rencontre peu dans une existence, une jeune femme incomparable que son charme, sa féminité, son intelligence, sa grâce et son incroyable force morale rendaient inoubliable à quiconque avait parlé une heure avec elle. Personnalité forte, éventuellement autoritaire, contrastant avec un physique fragile et romantique du type algue marine ou lévrier, Françoise Dorléac, actrice selon moi insuffisamment appréciée, aurait certainement trouvé avec la trentaine le vrai contact avec le grand public qui l'aurait alors adorée comme l'ont adoré tous ceux qui ont eu la chance de travailler avec elle. »

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