Jean-Pierre Mocky, le provocateur

Après 50 ans de carrière, le cinéaste connût pour ses coups de colères et ses films grinçants continue de tourner, car le cinéma est sa passion.
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Né de parents Ukrainiens qui ont quitté leur pays après la révolution, pour s’installer en France sur la côte d’Azur. Jean-Pierre Mocky, (de son vrai nom Jean-Paul Adam Mokiejewski), est né le 6 juillet 1933 à Nice, dans les Alpes- Maritimes (Même si ce n’est pas officialisé dans les registres d’état-civil). Ses parents sont gardiens de propriété. Après avoir fait des études de droit, Jean-Pierre Mocky débute sa carrière au théâtre dans la pièce « Phèdre », Il rejoint ensuite Louis Jouvet dont il suit les cours au Conservatoire de Paris, en compagnie entre autres de Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle et Jean-Paul Belmondo. C'est Jean Cocteau qui lui confie son 1er rôle au cinéma dans « Orphée » en 1949. Jean-Pierre Mocky part ensuite jouer devant les caméras d'Antonioni, et assiste à la réalisation Frederico Fellini et Luchino Visconti.

Le démon de la mise en scène

Le métier d’acteur ne lui suffit pas à Jean-Pierre Mocky. Il rêve de passer derrière la caméra pour réaliser ses propres films et choisir ses propres sujets. Lorsqu’il revient en France, Mocky tente de jouer et réaliser une adaptation du roman d'Hervé Bazin, « La tête contre les murs », mais devant l'inquiétude des producteurs en raison son jeune âge, Mocky choisit d'abandonner la réalisation à George Franju et se contente d’être uniquement acteur. Mail il aura sa revanche l’année suivante en réalisant son premier film : « Les dragueurs », avec Jacques Charrier, Charles Aznavour et Anouk Aimée. Le film obtient un certain succès. Il enchaîne ensuite alors avec « Un couple ». Dès 1961, il fait tourner l’acteur Francis Blanche dans « Snobs » : ce sera le début d’une longue et fructueuse collaboration. Pour son film suivant, c’est Jean Poiret qu’il choisit pour jouer dans « Les vierges » en 1962. Là aussi, l’acteur et le réalisateur se retrouveront à plusieurs reprises.

L’association Mocky-Bourvil : une rencontre décisive

C’est la rencontre de Jean-Pierre Mocky avec l’un des acteurs préférés du public : Bourvil, qui va asseoir sa notoriété. Leur collaboration commence avec « Un drôle de paroissien » en 1963, où il se moque de manière grinçante de l’église. Le film connaît un gros succès. Les deux hommes enchaînent avec « La grande frousse » (1964) , « La grande lessive » (1968) et « L’étalon » (1969). La mort de Bourvil en 1970 à l’age de 53 ans chagrinera beaucoup Mocky qui aimait travailler avec lui. Le réalisateur lui dédira le film « L’albatros » sorti en 1971, et dont Bourvil aurait dû tenir le rôle principal. Les succès et l’impact des films sont tels qu’il peut se permettre de diriger les plus grands acteurs : Fernandel (« La bourse et la vie », 1965), Michel Simon (« L’ibis rouge », 1975), ou encore Jacques Dufilho et Michael Lonsdale dans « Chut » en 1971. Mocky auteur, réalisateur et producteur depuis 1960 garde un contrôle total sur son travail.

Les provocations de Jean-Pierre Mocky

A partir des années 70, il choisit régulièrement Michel Serrault qu’il avait déjà employé dans « Les compagnons de la marguerite » en 1966, pour jouer dans ses films : « Un linceul n’a pas de poches » (1974), « L’ibis rouge » (1975), « Le roi des bricoleurs » (1977), « Le miraculé (1987), « Ville à vendre » (1992), « Bonsoir » (1994), « Le furet » (2003) et enfin « Le bénévole » en 2006. Dans les années 80, Mocky choque toujours et fait scandale avec des films comme « A mort l’arbitre » (1983) où il est le premier à dénoncer les violences dans le monde du football, ou encore « Le miraculé » ou il s’en prend une nouvelle fois à l’église. Mais au-delà des sujets c’est aussi les affiches de ses films qui font polémiques comme celle des films « Les saisons du plaisir » (1987) ou « Il gèle en enfer » (1990) ou des sexes masculins sont représentés.

Jean-Pierre Mocky aujourd’hui

Jean-Pierre Mocky continue toujours de tourner car le cinéma c’est sa vie. A 77 ans et 50 ans de carrière, le réalisateur est toujours en révolte contre la société, et choisit toujours des sujets où il veut dénoncer les travers du monde dans lequel on vît. Rien que pour sa façon humoristique et grinçante de nous communiquer sa colère, Jean-Pierre Mocky est un cinéaste à part dans le paysage du 7ème art. C’est tout simplement, le dernier provocateur…

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