Marcel Bozzuffi, un acteur et une voix inoubliable

Excellent second rôle du cinéma français aux côtés de Jean Gabin ou Alain Delon, il est aussi connu pour sa voix célèbre dans le monde du doublage.
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Fils d’émigrés italiens, Marcel Bozzuffi (de son vrai nom Marcel Louis Edouard Bozzuffi), est né le 28 octobre 1929 à Rennes (Ille-et-Vilaine). Après avoir fait son service militaire, il décide de partir pour Paris pour y étudier l’art dramatique au cours Simon. Marcel Bozzuffi débute au cinéma dans « Razzia sur la Schnouf » de Gilles Grangier, avec Jean Gabin.

Flics ou voyous : des rôles sur mesure

Son physique, et sa voix rauque plaisent aux réalisateurs qui voît en lui le second rôle idéal aux côtés des plus grands acteurs. Marcel Bozzuffi sera à plusieurs reprises le partenaire de Jean Gabin pour « Gas-oil » (1955), « Le rouge est mis » (1957), ou « Maigret voît rouge » (1963), trois films réalisés par Gilles Grangier. C’est sur le tournage de ce dernier film que Marcel Bozzuffi rencontre celle qui allait devenir la femme de sa vie : l’actrice Françoise Fabian, la veuve du cinéaste Jean Becker. En 1966, il joue le rôle de Jo Ricci dans le film « Le deuxième souffle » de Jean-Pierre Melville, aux côtés de Lino Ventura, Paul Meurisse ert Simone Signoret. Dans les années 70, il tourne beaucoup de films et alterne les rôles de policiers et de voyous : « Vertige pour un tueur » (1970), « Les hommes » (1972), « Le gitan » (1975), « Le juge fayard dit « Le shérif » (1976).

Une carrière internationale

Dans « Z » (1968) de Costa-Gravas, l’acteur interprète le rôle de Vago, l’homme qui va tuer « Z » le député de l’opposition. Son talent est reconnu au niveau international. Les plus grands réalisateurs font appel à lui. Marcel Bozzuffi le voît jouer le rôle de Pierre Nicoli, le tueur de « French Connection » (1971) réalisé par William Friedkin, Par la suite, il figure au générique des films « Chino » (1973) de John Sturges, avec Charles Bronson, « Marseille Contrat » (1974) de Robert Parrish, « Passeur d’hommes » (1979) de Jack Lee Thompson, tous deux avec Anthony Quinn et James Mason, ou encore la super production « Liés par le sang » (Bloodline) de Terence Young avec Ben Gazzara et Audrey Hepburn

Un acteur aux multiples talents

Tout au long de sa carrière, Marcel Bozzuffi ne s’est pas contenté d’être uniquement acteur. Il a aussi fait du doublage : L’acteur a été la voix française de Paul Newman dans « Le piège » et « La tour infernale » et a aussi doublé le personnage de Lucky Luke dans le film « Daisy Town » en 1971. Mais le comédien a aussi écrit et réalisé le film « L’américain » en 1969, avec Jean-Louis Trintigant, Bernard Fresson, Simone Signoret et Françoise Fabian. Le film raconte l’histoire d’un homme qui a passé onze ans aux Etats-Unis, et revient en France où ils retrouvent ses copains de jadis. L'acteur écrit également pour la télévision, les scénarios des films « Le mandarin » (1980) et « Bon anniversaire Juliette » dans lesquels il joue et où il retrouve Françoise Fabian.

La télévision et le théâtre

Dans les années 80, il change de registre. On le voit notamment dans la comédie « La cage aux folles II » de Edouard Molinaro. En 1982, il surprend en interprétant le rôle de Mario, un homosexuel dans « Identification d’une femme » de Michelangelo Antonioni. Les rôles qui ont fait sa popularité dans les années 70 se font plus rares car le style de cinéma a changé. Marcel Bozzuffi se tourne alors vers la télévision où il réalise « Les grands ducs » (1982) et « Bon anniversaire Juliette » (1983). Cependant c’est au cinéma qu’il trouve son meilleur rôle dans le film policier « L’arbalète » de Sergio Gobbi, où il à pour partenaire Daniel Auteuil. En 1985-1986, il joue au théâtre dans la pièce « Les gens d’en face » au théâtre Montparnasse, aux côtés de Françoise Fabian. C’est lors d'une pause et au cours d’une partie de tennis qu’il ressent les premiers symptômes de la maladie. L'acteur est atteint d'un cancer. Pendant deux ans, il va se battre, tout en continuant à tourner. Mais la maladie aura le dernier mot. Marcel Bozzuffi meurt le 2 février 1988 à Paris, à l’âge de 58 ans.

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