Le jour où Andy Murray a échappé à une tuerie dans son école

Le tennisman écossais fréquentait en 1996 l'école de Dunblane où seize enfants ont été tués par un déséquilibré. Des souvenirs douloureux pour Andy Murray.
19

Quinze ans après, le souvenir reste douloureux. Sur la page Wikipédia qui lui est dédiée, il est d’ailleurs précisé qu’Andy Murray ne fait jamais référence à cet épisode tragique. Au prétexte qu’il l’aurait chassé de sa mémoire. C’est inexact. Le joueur britannique n’a pas oublié la matinée du 13 mars 1996 et son sordide fait divers : le massacre de Dunblane, qui ébranla cette bourgade écossaise située à 50 kilomètres de la capitale Edimbourg.

Un tueur équipé de quatre armes de poing

Ce jour-là, seize enfants et leur institutrice, Miss Gwen Mayor, sont froidement abattus dans le gymnase de l’école par un individu masqué qui a fait irruption équipé de quatre armes de poing, avant de se donner la mort. Le carnage bouleverse durablement l’Ecosse. Et donc Andy Murray, alors âgé de 8 ans, qui comme tout les matins gagnait le chemin de l’école en compagnie de son frère aîné Jamie, 10 ans. Les deux garçonnets n’ont dû leur vie sauve qu’au fait de se cacher sous le bureau du directeur de l’école. Sans cela, raconte le joueur dans son autobiographie Hitting Back (2008), « j’aurais pu être un de ces enfants tués ».

Si Andy Murray se montre si discret sur ce tragique événement, c’est parce que, dit-il, « [il] ne garde que des images confuses de cette journée, comme le fait d’être dans une salle de classe entouré d’enfants entonnant des chansons ». « Certains des frères et sœurs de mes amis ont été tués ce jour-là », se rappelle-t-il.

Andy Murray connaissait le meurtrier...

Le plus traumatisant pour le prodige écossais, c’est que le tueur, un certain Thomas Hamilton, âgé d’une quarantaine d’années, n’était pas un inconnu pour lui et pour sa famille. Hamilton était instructeur dans le club de scouts que fréquentait Andy Murray. « C’est perturbant de se dire que c’était quelqu’un que vous connaissiez, écrit-il dans son livre. Nous avions l’habitude d’aller au club et de prendre du bon temps ensemble. »

... qui était assis en voiture à côté de sa mère

Judy Murray, la mère d’Andy, elle-même professeur de tennis, avait à l’occasion véhiculé Hamilton. « La chose la plus bizarre, insiste Andy, c’est que nous connaissions le type. Il s’était déjà trouvé dans la voiture de maman. C’est bizarre de se dire que vous aviez un meurtrier dans votre voiture, juste à côté de votre mère. »

« Une chose à laquelle mon cerveau ne peut pas faire face »

Pour toutes ces raisons, Andy Murray a pris l’habitude d’esquiver les questions se rapportant au massacre de Dunblane. « Découvrir que ce type que je connaissais était un meurtrier, c’est une chose à laquelle mon cerveau ne peut pas faire face », conclut le tennisman.

Sur le même sujet