M-commerce, paiement sans contact, nouveaux atouts du smartphone

Acheter en ligne, payer directement via son mobile, telles sont les dernières possibilités offertes par les nouvelles générations de téléphones portables.

Aujourd’hui, 16% des détenteurs d’un téléphone portable possèdent un smartphone (ils n’étaient que 10% en 2009). Le précurseur en la matière, Apple, a vite été rejoint par Blackberry, Samsung, Sony Ericsson et Nokia pour ne citer qu’eux. D’un doigt, ils permettent d’accéder à quantité d’applications, toutes plus extravagantes les une que les autres. Hormis téléphoner – activité qui semble devenue secondaire avec ces nouveaux engins –, on peut prendre des photos haute résolution, naviguer sur le net, s’orienter, tchater… et, depuis quelque temps, consommer en direct. Ces nouvelles technologies sont à présent de véritables supports de vente. Reste une question: jusqu’où souhaite-t-on aller ?

Le m-commerce

Déjà 11% des mobinautes français – comprenez des détenteurs de téléphone mobile – disent avoir procédé à au moins un achat depuis leur portable. Quand on sait que le nombre de smartphones ne cesse d’augmenter, on ne s’étonne plus que les commerçants de tous poils s’activent. Après le e-commerce – les achats effectués sur Internet –, le m-commerce (ou mobile commerce) est appelé à se développer. Tout a commencé par les téléchargements de sonneries, de logos, de jeux ou de morceaux de musique, majoritairement effectués par les moins de 25 ans. Mais à présent, le m-commerce s’étend à toutes sortes de produits, des voyages en train aux vidéos, en passant par les livres .

Des achats de A à Z

Mieux qu’un simple reformatage des services déjà disponibles via le Net, certaines enseignes proposent de nouvelles applications permettant d’effectuer un achat de A à Z : on choisit son produit, on reçoit une confirmation par SMS (qui tient lieu de ticket de caisse) et on profite bien souvent de bons de réduction ou d’offres promotionnelles. Sachant que plus de 80% des possesseurs de smartphone se connectent régulièrement à Internet par ce biais, les e-commerçants sont prêts à faire des efforts et leurs services marketing sont sur la brèche.

E-bay permet déjà d’enchérir par SMS, PriceMinister ouvre un portail spécial pour trouver le produit au meilleur prix en saisissant son nom ou son code-barre… De nombreux enseignes, cybermarchands ou commerces traditionnels se battent pour faire figurer des bandeaux publicitaires interactifs sur les pages d’accueil des sites consultés via les smartphones: il suffit de cliquer pour acheter! Ayant accès aux données personnelles des utilisateurs, il leur est facile de proposer des produits ou services idoines. Le concept, déjà très répandu en Asie – Japon, Chine et Inde en tête –, gagne peu à peu l’Occident. Le marché potentiel est énorme, même si l’Europe semble se faire quelque peu prier. Des réticences liées évidemment à des craintes concernant la sécurisation des données personnelles.

Le paiement sans contact

Autre possibilité offerte par les nouveaux téléphones portables, essayée depuis quelques mois dans certaines villes françaises et à New-York, le paiement sans contact. Après des expérimentations partielles à Strasbourg, Caen, Marseille ou à Disneyland Paris, c’est Nice qui s’équipe de bornes de paiement. Le principe ? On approche son portable, préalablement équipé du système NFC ( Near Field Communication , sorte de puce spéciale), à moins de 2 centimètres d’un terminal de paiement.

Le bon fonctionnement de ce système implique une coopération entre les commerçants et les villes qui installent ces bornes, les banques (qui proposent des contrats spécifiques rattachés à une carte Visa ou Mastercard) et les opérateurs téléphoniques. À Nice comme à New-York, les commerçants s’y mettent, mais aussi les monuments historiques, dont les bornes envoient des informations sur les téléphones ainsi transformés en guides touristiques. L’ AFSCM (Association française du sans contact mobile) souhaite une opération de grande envergure, pour laquelle on murmure le nom de Paris. On pourrait aussi, grâce à ce système, réserver et payer sa place de cinéma en voyant l’affiche d’un film, acheter ses titres de transport sous les abribus… La liste des possibles n’est pas exhaustive.

Aux Etats-Unis, des supermarchés envoient même des bons de réduction en temps réel, alors que le client parcourt les rayons; certaines enseignes permettent de concevoir sa liste de mariage en pointant les produits désirés; le client peut acheter un produit en vitrine même aux heures de fermeture du magasin en payant via son mobile. Le seul hic, c’est encore une fois que l’on doit accepter d’être repérable et traçable à tout moment, et donc potentiellement traqué par les annonceurs en permanence.

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