La Cartographie Grecque, représentation antique du monde

La représentation du monde a toujours été, pour l'homme, une priorité quelles que furent les époques et les lieux. Les Grecs possèdent une place à part.
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Toutes les civilisations, depuis l'Antiquité, se sont interrogées sur la représentation du monde. Quelle est la forme de la planète? Comment s'inscrit-elle dans le cosmos? Quelles sont les régions habitées?

Des cartes-images ont existé et les caractéristiques, pour ces différents peuples, furent similaires: circularité d'un océan limitant le monde, le centre étant la référence géographique de la nation - Babylone, Jérusalem...

Lorsque justement on s'éloigne du point de référence, la précision cède le pas à l'imaginaire. Une civilisation pourtant retient l'attention car elle a élaboré une image de la terre selon des critères et des méthodes scientifiques, ouvrant ainsi la voie à la cartographie moderne: la Grèce.

De l'observation à l'intuition

Les Grecs avaient la caractéristique reconnue d'être des commerçants habiles et des marins expérimentés. Ce sont eux qui vont découvrir la sphère terrestre, et ce à partir de leur observation.

Un premier phénomène qui avait frappé leur esprit concernait la disparition à l'horizon des navires quittant le port. Cette disparition semblait verticale car le mât du navire, après quelques temps "de flottaison" s'enfonçait également à son tour. Encore plus explicite: l'ombre portée de la terre sur la lune, lors d'une éclipse de lune, est toujours courbe.

D'autre part, sous l'influence des sciences égyptiennes et babyloniennes, les philosophes grecs se représentaient la terre au centre d'un univers sphérique. Et pour les disciples de Pythagore, la forme de la terre devait correspondre à celle de la sphère céleste, afin de satisfaire à la loi de la logique et de l'harmonie.

Les premières cartes

On attribue à Dicéarte (347-285) la première carte comportant deux axes, qui se coupaient à Rhodes. Bien sûr les connaissances géographiques étaient limitées: les contours des côtes, les trajets des fleuves restaient souvent hypothétiques. On se fiait alors exclusivement aux récits des voyageurs ou aux expéditions guerrières, comme celle d'Alexandre.

La postérité révèlera Eratosthène comme le père de "la grande carte classique de l'Antiquité". Et malgré des erreurs dans le tracé des méridiens et des parallèles; malgré la figuration géométrique des pays inconnus, la carte d'Eratosthène constitue déjà un remarquable exemple de représentation du bassin méditerranéen.

Et c'est finalement grâce aux Romains, par la vulgarisation du savoir et par les nombreuses copies de manuscrits, que les travaux grecs sont parvenus à la postérité. On peut citer Strabon ou Pline l'Ancien qui ont particulièrement développé les cadastres et les itinéraires.

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