la navigation à l'estime : la sonde, le compas, le loch

Jusqu'au XVIIIe siècle les instruments de navigation étaient sommaires, laissant la place à une grande intuition et un sens inné de la mer.
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L'art de la navigation consiste à connaître la position du navire, la route qu'il doit suivre et identifier les côtes aperçues. En somme il s'agit de parvenir sans encombre et le plus vite possible à son point de destination. On sait que les premiers navigateurs avaient un sens de la mer particulièrement développé, mais ils avaient aussi à leur disposition quelques instruments sommaires comme la sonde, le compas et le loch.

La sonde

Cet instrument indiquait la nature du fond et la profondeur de l'eau. Constituée d'un plomb amarré à une ligne portant des repères, sa base évidée contenait du suif permettant de remonter un échantillon du fond.

Lorsque le navire approchait de la côte, il était d'usage de laisser à deux timoniers le soin de " faire chanter la sonde", c'est à dire de sonder constamment et d'annoncer la profondeur de l'eau.

Le compas

Le compas, ou comme disent " les Terriens" la boussole, fut inventé par les chinois 3000 ans avant Jésus-Christ, et elle arriva en Occident par l'intermédiaire des arabes et peut-être des Egyptiens ou Phéniciens.

Jusqu'au 17ème siècle, le compas était sec, c'est à dire qu'il ne contenait pas de liquide, et de ce fait, il tournait et s'inclinait au moindre mouvement. Depuis longtemps les navigateurs savaient que l'aiguille aimantée ne se dirigeait pas exactement vers le nord, et l'angle ainsi formé s'appelait la déclinaison.

Grâce à Christophe Colomb d'abord, on constata que l'angle diminuait à mesure que le navire gagnait vers l'ouest, puis plus tard en 1540, Mercator établit que la déclinaison variait aussi dans le temps.

Le loch

Le loch tire son nom du mot anglais " log " qui signifie " bûche ". A ce titre, les premières tentatives pour déterminer la vitesse consistait à jeter à l'eau, à l'avant du navire, un morceau de bois et, en mesurant le temps que celui ci mettait pour parvenir à l'arrière, compte tenu également de la longueur du bâtiment, on avait une notion approximative de la vitesse.

Ce procédé gagna en précision. Ainsi " la bûche" devint une planchette triangulaire gréée sur une patte d'oie, comme une ancre flottante. Une fois par dessus bord, elle restait à peu près en place, faisant se dérouler en raison de l'avancement du navire, une ligne portant des noeuds espacés d'un 120° de mille marin.

En comptant le nombre de noeuds passés en 30 secondes, on connaissait le nombre de milles parcourus dans l'heure - on disposait pour cela d'un sablier de 30 secondes- . Cette méthode inspira le choix du noeud comme unité de vitesse, valant un mille marin à l'heure.

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