Visiter le nord du Bénin: Abomey, pays somba, parc de la Pendjari

Du sud au nord du Bénin, les étapes sont variées: Abomey et ses palais royaux, le pays somba et ses maisons "tata", la réserve biosphère de la Pendjari...
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En partant du sud du Bénin , la route qui prend la direction du nord du pays traverse successivement des forêts et des savanes. Elle est ponctuée de nombreuses escales culturelles avant d’arriver au parc de la Pendjari.

Abomey et ses rois

Aller à Abomey depuis Cotonou est une épreuve: 125 km non pas de route mais de nids de poule entre lesquels votre chauffeur tente de slalomer en évitant les véhicules qui, en face, font la même chose. Il vaut donc mieux prévoir de visiter Abomey en y faisant escale en partant vers le nord plutôt que d'y faire l'aller-retour depuis Cotonou.

La visite de ce site classé au patrimoine mondial de l'Unesco vaut l'épreuve de la route.

Le guide (ouvrage) que vous aurez choisi vous aidera à préparer votre visite de la ville. On y est immédiatement frappé par l'espace occupé par les palais, chaque roi ayant régné ici devant en construire un nouveau plus grand que celui de son prédécesseur. On en visite deux sur les trois existant. Vous y serez obligatoirement accompagné d’un guide (homme) qui vous conduira pour une visite détaillée. Dans la cour, des artisans proposent leurs articles, attendant visiblement le chaland un peu rare. Le guide pourra aussi vous dire s'il est possible de rencontrer le roi et de voir des sites vaudou.

Le héros d’Abomey est le roi Béhanzin, ou Gbéhanzin, qui, contrairement à son collègue de Porto-Novo , résista aux Français avant de se rendre en 1892 et d’être déporté aux Antilles.

Visiter une "tata" somba

Au pied de la chaîne de l’Atacora qui traverse le Bénin et le Togo, approximativement entre Boukoumbé et Natitengou, vivent les Sombas. Cette ethnie forme l'une des branches du peuple otamari venu vraisemblablement du Burkina Faso pour fuir l’islamisation de la région, au XVe siècle. Leurs "cousins", au Togo, en pays tamberma, ont vu l’Unesco décerner à leur site et à leur civilisation la qualité de "patrimoine immatériel mondial de l’humanité".

Les maisons ("tatas") sombas ont une architecture très particulière: elles sont construites en terre séchée sur un plan très défini, en forme de "château-fort". Les Sombas ont conservé leur culte, avec sacrifices de poulets ou de bœufs au profit des ancêtres. Les plumes et le sang séché qui maculent les autels en forme de cônes en attestent. A Boukoumbé, une association locale organise la visite de "tatas", mais les visiteurs doivent bien avoir en tête qu’ils entrent dans la maison de gens qui y habitent, il s’agit donc d’être respectueux des personnes et des lieux. On peut regretter l’aspect "organisé" de ce site qui donne une impression d’artificiel, ce qu'il n'est pas. Une autre option est une visite dans d’autres lieux, où les propriétaires font visiter directement leur "tata", mais vous risquez de tomber sur une famille chez qui la propreté est une notion tout à fait étrangère, ce qui gâche la visite…

Le parc de la Pendjari

La “réserve de biosphère de la Pendjari”, avec ses 12 500 km2, plus la zone de chasse, bordée sur 200 km par la rivière Pendjari, fait partie de la grande zone protégée de l’Afrique de l’Ouest , la WAP (Ecosystème W-Arli-Pendjari). En venant du sud, on y arrive par Tanguieta. Au passage, on se sera arrêté aux cascades de Banti à la végétation luxuriante où vous pourrez vous baigner. L’accès est périlleux, il faut faire confiance aux jeunes guides qui vous accompagnent (vous tirent et vous retiennent).

Voir les animaux dans le parc de la Pendjari demande temps et patience. Il est conseillé d’y passer au moins deux jours en dormant au campement, auquel on peut reprocher quelques lacunes d'entretien. Celui-ci offre toutefois un cadre très agréable. Les pistes, malgré les travaux en cours, sont parfois un peu rudes. Le guide qui vous accompagnera a l’œil pour dénicher, cachés dans les hautes herbes, cobs de Buffon et autres antilopes, buffles, babouins, éléphants (plus visibles) et, avec un peu de chance et selon la saison, des lions. Perchés dans les hauts arbres, marabouts et cigognes cardinales, bien visibles du fait de leur taille, sont un tout petit échantillon des nombreux oiseaux qui y nichent. Depuis des miradors installés au bord des mares, vous observerez hippopotames et crocodiles et, au petit matin, des lions et d'autres mammifères venus s'abreuver.

Le retour vers Cotonou pourra se faire par le Togo.

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