Une Barbie chauve pour les petites filles malades ?

Une barbie sans cheveux longs et blonds? C'est l'idée avancée par Rebecca Sypin, atteinte de cancer, et Jane Bingham, dont la fille souffre d'une leucémie.

Non, vous ne rêvez pas. Il se pourrait bien que la jolie Barbie se réveille un beau matin, atteinte d'un cancer et sans sa chevelure magique qui a fait rêver les filles du monde entier, et surtout Ken! C'est en tout cas ce que la page Facebook "Beautiful and Bald Barbie" à l'initiative de deux femmes touchées par le cancer demandent à Mattel: une Barbie spéciale à laquelle les petites filles atteintes d'un cancer puissent s'identifier davantage.

Une page facebook ouverte pour la fabrication d'une Barbie sans cheveux

Déjà 132 947 "like" recueillis depuis l'ouverture de la page Facebook qui, pour le coup, et comparées aux millions de pages déjà ouvertes, ne manque pas d'originalité.

La question de la Barbie sans cheveux s'est posée lorsque Genesis, une enfant atteinte d'un cancer, se plaignait de ne pas avoir les mêmes cheveux magnifiques que sa Barbie fétiche. Pour la soutenir dans son combat, Mattel avait alors décidé de fabriquer une poupée chauve surmontée d'un diadème et appelée à juste titre "Princesse Genesis".

Bonne ou mauvaise idée? Les psychologues sont mitigés

Même si cette demande part sans nul doute d'une bonne intention, on peut se demander ce qu'elle engendre au niveau psychologique. En effet, pour les psychologues, il semblerait qu'une Barbie chauve aurait plutôt tendance à renvoyer une image tronquée d'elle-même à la fillette et une certaine résignation. Le message à délivrer ne devrait-il pas plutôt orienter la fillette vers l'espoir d'un jour retrouver ses cheveux parce qu'elle est guérie et qu'elle s'est battue pour cela?

De plus, si le cancer a tendance à créer une stigmatisation, la fabrication d'une telle poupée semblerait être une cause légitime pour pallier la souffrance de ces enfants. Mais alors, ne faudrait-il pas dans le même sens fabriquer une Barbie à un sein, à la suite d'un cancer d'un sein et d'une ablation? Ou encore, une Barbie à une jambe, à la suite d'une malformation de naissance? Le risque serait donc de créer une stigmatisation d'autant plus marquante qu'elle tiendrait à l'écart les personnes différentes, alors que la société regorge de personnes diverses qui ne peuvent être comparées à aucune poupée Barbie.

Il semblerait préférable de valoriser l'enfant sur ses compétences propres, ses habiletés, sa créativité plutôt que sur son aspect physique qui repose sur une image de soi trop instable, compte tenu des modèles de beauté imposés par les papiers glacés au XXIe siècle.

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