Comment bien préparer sa succession?

Penser à sa succession ne fait pas mourir plus vite et peut éviter bien des tracas à ses héritiers. La vérité sur les testaments.

Avec 3,5 millions de testaments (chiffre au 31 décembre 2010), on ne peut pas dire que les Français se bousculent pour rédiger leurs dernières volontés. C'est pourtant l'unique élément permettant de déterminer avec certitude ce que l'on veut léguer à qui, dès lors que l'on est majeur (les mineurs émancipés ont également la possibilité, sous certaines conditions, de rédiger leur propre testament).

Pour le rédiger, il n'est pas forcément nécessaire de vous rendre chez un notaire. En effet, deux types de testaments existent, selon Notaires de France.

  • Le testament dit "olographe". Il est manuscrit, et doit être daté et signé pour avoir une valeur légale. Il est parfois plus difficile à faire appliquer que le second, pourtant, il est parfaitement légal devant un tribunal et sa valeur ne peut être refusée sous prétexte qu'il n'a pas été fait devant notaire. Pour lui donner plus de valeur devant vos héritiers, vous pouvez le rédiger devant témoin, avec signature de la personne. Il peut ensuite être déposé chez un notaire, qui l'inscrira au "fichier central des dispositions de dernières volontés", mis en place en 1971, afin d'éviter toute destruction au moment du décès.
  • Le testament authentique, établi devant notaire celui-là. Sa valeur est incontestable et en cas de litige entre héritiers, aucune remise en question ne pourra être faite. Il est rédigé devant deux notaires ou un notaire et deux témoins.

Votre femme de ménage, ou votre petite cousine éloignée ont bien entendu le droit d'y figurer, au même titre que vos enfants légitimes ou illégitimes. Vous pouvez leur léguer des sommes d'argent mais également des biens immobiliers, des bijoux ou des meubles, selon l'association Notaires de France.

La moitié de votre patrimoine garanti pour vos enfants

Seul impératif : vos enfants ne peuvent être déshérités. La loi leur garantit un héritage minimum, au moins égal à la moitié de votre patrimoine si vous avez un enfant et à deux tiers si vous en avez deux (source: déshériter.com ). Rien ne vous interdit, en revanche, de déshériter totalement votre conjoint ou vos parents s'ils sont encore en vie.

Vous pouvez, à tout moment, choisir de modifier ou annuler votre testament, sans aucune justification nécessaire.

Si un notaire vous joint en vous signalant que vous êtes l'héritier d'une personne qui vient de décéder, pesez le pour et le contre avant d'accepter cet héritage. En acceptant de prendre connaissance du testament, vous acceptez également d'hériter de toutes les éventuelles dettes du défunt. Vous devrez prendre en charge la totalité de la dette et risquez de vous retrouver avec un héritage négatif. Gardez à l'esprit que "nul n'est tenu d'accepter une succession qui lui est échue" (article 775 du Code civil).

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