La famille de l'Escaille: de Charles Quint aux révolutions belges

La puissante famille de l'Escaille, issue de la noblesse de l'ancien duché de Brabant, marqua, à plusieurs reprises, l'histoire de la Belgique.
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Le premier représentant illustre de cette lignée fut François. Né à Bruxelles, au XVIe siècle, il fit partie des archers de la garde du corps de l’empereur Charles Quint. Il fut autorisé par ce dernier à tenir fief. Charles Quint lui permit aussi d’arborer des armoiries. Plusieurs descendants de François de l’Escaille furent, pour ces raisons, très attachés aux archers et pratiquèrent le tir à l’arc.

La famille de l’Escaille sous le régime autrichien

Près de deux siècles plus tard, sous le régime autrichien, l’impératrice Marie-Thérèse nomma Henri de l’Escaille au poste de conseiller et maître à la chambre des Comptes. Il devint, par la suite, conseiller et commis au conseil des finances à Bruxelles.

De nombreux membres de cette famille noble s’implantèrent dans le sud du duché de Brabant, principalement à Bruxelles, Wavre et Jodoigne. De nombreux représentants de cette illustre famille vivent toujours dans ces régions. L’un d’eux, Joseph-Louis-Albert, écuyer et greffier de la seigneurie de Basse-Wavre depuis 1779, acheta trois maisons contiguës de Wavre (Hôtel de l’Escaille, rue de Bruxelles). Il transforma l‘ensemble en une belle demeure patricienne. En 1789, Joseph-Louis-Albert de l’Escaille participa activement à la Révolution brabançonne qui mit fin, provisoirement, au régime autrichien. Les troupes de l’empereur Joseph II furent chassées de toutes les composantes des Pays-Bas autrichiens à l’exception du duché de Luxembourg. La République des Etats-Belgique-Unis fut proclamée. Joseph-Louis-Albert de l’Escaille se tint à l’écart de la vie politique du Brabant lors du retour des Autrichiens en 1790. Il revint au devant de la scène lors de la période française puisqu’il devint maire de Wavre le 11 janvier 1813. Il demeura à ce poste jusqu’en décembre 1816 malgré la victoire des coalisés à Waterloo et le rattachement de la Belgique aux Pays-Bas. A sa mort, l’hôtel de la rue de Bruxelles fut légué à ses deux fils : François et Henri-Joseph-Benoit.

De la Révolution Belge à l’aide sociale

Comme son père, François de l’Escaille participa à une révolution. Cette fois, comme de nombreux Belges, il participa à la Révolution de 1830 qui aboutit à l’indépendance du pays. A lui seul, il mit hors de combat une vingtaine de soldats hollandais à Bruxelles. Henri-Joseph-Benoit, mort sans héritier, comme son frère, légua la demeure familiale de Wavre et de nombreuses terres de la région à la commune. Dans son testament, il ordonna la transformation de l’édifice en un hospice pour vieillards de sexe masculin. Celui-ci fut inauguré en 1860, deux ans après la mort d’Henri-Joseph-Benoit. Le service fut assuré par les sœurs de l’ordre de Saint-François. Les revenus des terres agricoles permirent de faire fonctionner l’hospice durant des décennies. Un siècle plus tard, il fut désaffecté en 1964 suite à la construction d’un nouveau home à Wavre. Le bâtiment abrite aujourd’hui les services du Centre Public d’Aide Sociale de Wavre. En 1987, une statue d’une jeune fille surnommée la Crapaute fut installée dans la cour de l’ancien Hôtel de l’Escaille. Elle est accroupie devant un bassin en forme de nénuphar, emblème du chef-lieu de la province du Brabant Wallon.

Bibliographie sélective :

MARTIN (J.), L’ancien hôtel de l’Escaille , dans Wavriensia , t. XXXII, n°1, 1983, p. 30-32.

MARTIN (J.), Histoire de la Ville et Franchise de Wavre en Roman Pays de Brabant , Wavre, 1977.

TORDOIR (J.), Les libéraux en Brabant wallon, s.l., 1996.

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