Le roi d'Egypte Ibi et sa pyramide de Saqqara Sud

Dans les années 30 du XXe siècle, l'archéologue Gustave Jéquier découvrit une sixième version du Texte des Pyramides dans la tombe du roi Ibi.
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Ibi fut l’un des premiers rois de la VIIIe dynastie . L’ordre des monarques de celle-ci demeure malheureusement indéterminé. D’après la liste royale d’Abydos, il y eut Néferkamin, Nykaré et Néferkahor (rois dont l’existence est avérée) avant Ibi. Pour le papyrus de Turin, liste royale établie à la XIXe dynastie, il n’y avait que Néferkamin avant Ibi. Seuls les deux cartouches du roi sont connus ; ses autres noms demeurent, à ce jour, inconnus.

Le nom « Ibi » et la VIe dynastie

Le nom « Ibi » n’est pas inconnu dans les sources de la fin de l’Ancien Empire. Le vizir et régent de Pépy II Djaou et ses sœurs, les reines Pépy-ankh-en-es I et II, avaient un frère qui se nommait Ibi. Le fils ce même Djaou fut aussi appelé Ibi. Ces informations indiquent que ce nom se retrouvait dans l’entourage des rois de la VIe dynastie . Le roi Ibi fut peut-être un parent d’un des successeurs de Pépy II .

Malheureusement, le nom des parents d’Ibi demeure également inconnu à ce jour. Seule une trace d’une épouse a pu être retrouvée, mais le nom de celle-ci n’est pas connu. Enfin, il n’existe aucune information sur d’éventuels enfants d’Ibi. L’archéologie donnera peut-être un jour des réponses à ces questions.

Durée du règne

D’après le papyrus de Turin, Ibi régna 2 ans, 1 mois et 1 jour sur l’Egypte. Toutefois, cette estimation chronologique est fausse. En Nubie, à Tomas, il existe une mention épigraphique du 2e recensement réalisé sous Ibi. Ces comptages étaient réalisés tous les deux ans sous l’Ancien Empire. Cela implique qu’Ibi ait régné au moins 4 ans. L’archéologie tend à confirmer cette estimation car il faut plusieurs années pour construire une pyramide.

La pyramide d’Ibi à Saqqara Sud

La sépulture d’Ibi fut construite à Saqqara Sud, à proximité des tombeaux de Shepseskaf ( IVe dynastie ) et Pépy II. La pyramide d’Ibi fut remarquée par l’égyptologue allemand K.R. Lepsius, mais il fallut attendre les années trente du XXe siècle pour que le monument soit fouillé. L’archéologue suisse Gustave Jéquier y mit au jour le Texte des Pyramides . Il s’agit du 6e et dernier exemplaire royal connu. Jéquier remarqua aussi que le roi portait le titre de « prince des Libyens », il s’agissait peut-être d’une allusion à une campagne militaire occidentale. La pyramide d’Ibi servit de carrière pendant des années. Le monument fut gravement endommagé, seuls les appartements funéraires présentaient un véritable intérêt. La pyramide était l’une des plus petites tombes royale de l’Ancien Empire. Elle était haute de 21 mètres et large, à la base, de 31,50 mètres.

Jéquier découvrit aussi le sarcophage du roi. Il était en granite rose d’Assouan. Cela confirme, en plus de l’inscription nubienne, que ce roi contrôlait bien toute l’Egypte. Aucun déclin de l’Ancien Empire n’est visible si l’on s’en tient aux découvertes archéologiques liées à ce roi.

Le temple haut, la chaussée montante et le temple bas ne furent pratiquement pas fouillés. Aucune pyramide de reine ne fut localisée. Seule une petite chapelle funéraire, située à l’ouest de la pyramide, fut partiellement dégagée par Jéquier. La reprise des fouilles permettra un jour de mieux connaître la VIIIe dynastie, période encore obscure de l’histoire de l’Egypte antique.

Bibliographie sélective :

BARTA (W.), Bemerkungen zur Chronologie der 6. bis 11. Dynastie , dans Zeitschrift für Ägyptische Sprache und Altertumskunde , b. 108, 1981.

RYHOLT (K.), The Late Old Kingdom in the Turin King-list and the Identity of Nitocris , dans Zeitschrift für Ägyptische Sprache und Altertumskunde , b. 127, 2000, p. 87-100.

THEIS (Chr.), Die Pyramiden der Ersten Zwischenzeit. Nach philologischen und archäologischen Quellen , dans Studien zur Altägyptischen Kultur , b. 39, 2010, p. 321-339.

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