Les rois de la VIIIe dynastie égyptienne

Le nombre de roi de la VIIIe dynastie égyptienne pose de nombreux problèmes : crédibilité et contradiction des sources, données archéologiques limitées.
40

La VIIIe dynastie fut la dernière dynastie de l’Ancien Empire égyptien. Sa durée fut brève. Les sources sont malheureusement peu nombreuses pour écrire l’histoire de cette époque méconnue. Seule une pyramide fut découverte à Saqqara Sud. Il s’agit de la sépulture du roi Ibi .

Les rois de la VIIIe dynastie et la liste royale d’Abydos

La liste royale d’Abydos, réalisée sous le règne de Séthy Ier (XIXe dynastie), cite un certain nombre de rois postérieurs à Néferkaré II , dernier roi de la VIe dynastie . Après un doublon de ce monarque, treize cartouches donnent le nom de rois pratiquement inconnus : Djedkaré Shemai, Néferkaré Khendou, Merenhor, Néferkamin, Nykaré, Néferkaré Tererou, Néferkahor, Néferkaré Pépy-Sénèb, Néferkamin II Anou, Qakaré (Ibi Ier), Neferkaouré, Néferkaouhor et Neferirkaré II.

Quelques-uns de ses rois sont connus par d’autres sources. Un sceau de Nykaré et un sceau de Néferkahor furent mis au jour. Des inscriptions de Neferkaouré de Néferkaouhor furent retrouvées. Lepsius signala avoir vu une inscription avec le cartouche de Néferkamin. Mais le roi le plus connu fut Ibi dont la pyramide fut mise au jour par l’archéologue suisse Gustave Jéquier.

Les rois de la VIIIe dynastie et le papyrus de Turin

Néferkaré Pépy-Sénèb est probablement un autre doublon de Néferkaré II. Dans le papyrus de Turin, liste royale rédigée sous Merenptah (XIXe dynastie), il n’y a que cinq rois après Néferkaré II : Néferkamin, Ibi, Neferkaouré, Néferkaouhor et Neferirkaré II. Tous sont présents dans la liste royale d’Abydos.

Manéthon et la VIIIe dynastie

D’après Manéthon , la VIIIe dynastie était une succession de 27 rois memphites. Ils régnèrent 127ans d’après cette source du IIIe siècle avant notre ère. Ces chiffres ne sont guères crédibles. Ils ne sont confirmés pas par l’archéologie et l’épigraphie. De plus, l’historien égyptien ne cite aucun nom.

Cinq rois sont donc présents dans les deux principales listes du Nouvel Empire : Néferkamin, Ibi, Neferkaouré, Néferkaouhor et Neferirkaré II. L’archéologie a aussi livré les noms de deux autres rois : Nykaré et Néferkahor.

L’archéologie et la VIIIe dynastie

Toutefois, l’archéologie livre d’autres noms. Une pyramide fut découverte à Dara, en Moyenne Egypte. Le nom de son royal propriétaire était Khoui, un personnage qui vécut à l’extrême fin de l’Ancien Empire. Une fausse-porte retrouvée dans la nécropole de Téti à Saqqara livre le nom d’un autre roi : Iytjenou. Des stèles retrouvées à Coptos donnent, en plus du nom de Néferkaouhor celui d’un roi nommé Wadjkaré. Au ouadi Hammamat, il y a aussi des inscriptions au nom de deux nouveaux rois : Imhotep et Ity. D’après l’épigraphe de ce dernier, il était le possesseur d’une pyramide. Ce monument n’a pas encore été mis au jour ! Enfin, au Gebel Silsileh, il y a une inscription dont la datation est controversée, celle d’un roi du nom d’Issou.

Synthèse (provisoire ?)

En combinant les noms présents dans les deux listes royales et ceux livrés par l’archéologie, on obtient treize noms royaux. Parmi ces rois, Khoui fut probablement un usurpateur car sa pyramide n’est pas située dans une des nécropoles memphites. Enfin, la datation du règne d’Issou est problématique.

Bibliographie sélective :

BECKERATH (J.) VON, The date of the end of the Old Kingdom of Egypt , dans Journal of Near Eastern Studies , v. 21, 1962, p. 140-147.

HAYES (W.C.), Royal decrees from the temple of Min at Coptus , dans The Journal of Egyptian Archaeology , v. 32, 1946, p. 3-23, pl. 2-5.

KAMAL (A.), Fouilles à Dara et à Qoçéîr el-Amarna , dans Annales du Service des Antiquités de l'Égypte , t. 12, 1912.

RYHOLT (K.), The Late Old Kingdom in the Turin King-list and the Identity of Nitocris , dans Zeitschrift für Ägyptische Sprache und Altertumskunde , b. 127, 2000, p. 87-100.

THEIS (Chr.), Die Pyramiden der Ersten Zwischenzeit. Nach philologischen und archäologischen Quellen , dans Studien zur Altägyptischen Kultur , b. 39, 2010, p. 321-339.

WEIGALL (A.E.P.), Upper Egyptian notes , dans Annales du Service des Antiquités de l'Égypte , t. 9, 1908, p. 105-112.

Sur le même sujet