L'exposition « Jardins des Pharaons » au musée de Leiden (Leyde)

Découvrez les plantes, les jardins et les fleurs de l'époque pharaonique. Admirez les jardins d'Akhénaton, de superbes papyrus polychromes.
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Le Rijksmuseum van Oudheden de Leiden (Leyde), le plus grand musée archéologique des Pays-Bas, propose une exposition consacrée aux plantes et fleurs dans l’Egypte antique. Intitulée « Jardins des Pharaons » ( Tuinen van de Farao’s ) cette exposition est principalement conçue avec des pièces du musée rarement exposées. Elle est visible jusqu’au 2 septembre 2012.

Les dieux et le Nil

La problématique abordée est très vaste. Les commissaires de l’exposition ont déterminés plusieurs champs de recherches. Pour les anciens Egyptiens, les plantes et les jardins étaient des éléments très importants de la vie quotidienne. La vie nilotique était rythmée par les crues du Nil. Celles-ci permettaient l’essor l’agriculture. Plusieurs divinités veillaient sur cette crue et sur les plantes. Hâpy, le dieu du Nil était un dieu dont le culte était primordial. Il permettait la croissance des végétaux, des arbres fruitiers… Plusieurs déesses des arbres veillaient également sur les plantations. L’exposition met en avant l’importance des arbres fruitiers en Egypte ancienne. Ils ornaient les jardins royaux et les riches demeures des nobles. Plusieurs rois en firent venir de lointaines contées. Sahouré ( Ve dynastie ) ou Hatchepsout firent venir des arbres fruitiers du célèbre pays de Pount. Ainsi, l’importance des jardins royaux dépassait le simple agrément des rois. Ils permettaient également de nourrir le palais.

Le vert était la couleur de la renaissance. Elle était liée à la germination des graines qui suivait la fin de la crue du Nil. Les dieux funéraires étaient souvent représentés en vert pour montrer qu’ils allaient revenir à la vie. Cette couleur symbolisait donc la vie, la renaissance et l’abondance des ressources alimentaires !

Les jardins d’Akhénaton

Une première salle est consacrée à la période atoniste. Akhénaton développant le culte d’une divinité visible, l’astre solaire Aton, développa sa nouvelle capitale en fonction de cette théologie révolutionnaire. Le dieu Aton permettait le développement de la vie sur terre. Le roi fit donc construire de grands temples ouverts mais aussi de gigantesques jardins. La luxuriance des plantes démontrait la puissance du dieu royal. Une grande maquette permet de découvrir les jardins atonistes d’Amarna. On y découvre des plants d’eaux, des vergers, des plantations. Ses jardins étaient utiles pour le palais. En plus de nourrir le roi, il démontait sa maîtrise de la nature. Cette dernière étant souvent considérée comme hostile par les anciens, il était nécessaire de la dompter. L’aspect des parcs royaux se rapproche ainsi des jardins à la française ! On retrouve également cette maîtrise des forces naturelles dans l’art funéraire. On peut souvent voir le défunt chasser ou pêcher dans des fourrés de papyrus. Quelques objets provenant d’Amarna permettent de mieux comprendre la nouvelle théologie d’Akhénaton à Amarna.

Les dieux et les jardins

La salle principale de l’exposition présente de nombreux objets liés aux plantes et aux fleurs. On découvre ainsi des stèles, des peintures murales avec des offrandes de fruits et de fleurs. On découvre ainsi plusieurs divinités champêtres : Hathor, Nout…

De nombreux petits objets permettent de découvrir les principales cultures pratiquées en Egypte ancienne. Afin d’éviter le pourrissement des présents funéraires, les offrandes étaient souvent invocatoires ou réalisées en pierre. On découvre ainsi des grappes de raisins, un melon, des grenades…

La nature et l’art

La nature inspira les architectes et les artisans de l’Egypte antique. Plusieurs exemples de colonnes florales, de flacons en forme de fruits, de coupes lotiformes, de colliers à feuilles sont présentés de manière agréable et aérée.

Toutes les périodes de la longue histoire de l’Egypte sont présentes. Ainsi, on découvre quatre mille ans d’histoire liée à la nature, des vases Nagada aux papyrus et statuettes des périodes lagide et romaine. Enfin, quelques ouvrages anciens montrent l’intérêt des botanistes occidentaux pour la flore de l’Egypte ancienne.

Renseignements pratiques

Un petit catalogue en néerlandais, richement illustré, permet de compléter la visite de l’exposition (14,95 €) : GRECO (C.), OETERS (V.), RAVEN (M.J.), Tuinen van Farao’s. Planten en bloemen van het Oude Egypte uit de collectie van het Rijksmuseum van Oudheden , Leiden, 2012. La photographie est autorisée dans l’exposition.

Le musée est ouvert du mardi au dimanche, de 10h00 à 17h00. L’entrée est de 9 Euros. Une visite guidée, en français, de l’exposition est possible si elle est réservée auprès de la direction du musée.

Le musée est à quelques centaines de mètres de la gare de Leiden. Il est situé au Rapenburg 28 à 2311 EW Leiden (Pays-Bas).

En voiture, Leiden est à environ 2h30-3h00 de Bruxelles. Il est aussi possible d’arriver en train. La gare de Leiden n’est pas sur les lignes internationales. Il faut donc, en premier lieu, prendre le Thalys (Paris-Bruxelles-Amsterdam) ou le train IC Bruxelles-Amsterdam. Ces trains s’arrêtent à Schipol, l’aéroport international d’Amsterdam. Là, toutes les vingt minutes, il y a un train pour Leiden.

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