Les relations entre l'enseignant et les nouvelles technologies

Quelles sont les motivations et les difficultés liées à l'utilisation des nouvelles technologies (T.I.C.) telles qu'Internet en classe pour l'enseignant ?
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Il est intéressant de voir que les enseignants se sont relativement bien adaptés aux techniques nommées «technologies légères», telles que les magnétophones et projecteurs. Même s’il est vrai qu’elles sont relativement simples à utiliser, elles ont fait l’unanimité. Encore aujourd’hui, les enseignants, même les plus âgés, utilisent sans souci ces moyens basiques.

Toutefois, le passage à de nouvelles technologies telles qu’Internet et surtout leur utilisation pour un cours se fait moins facilement. Quelles sont les causes de ces difficultés d’accès ? Les nouvelles technologies sont-elles une aide ou un frein pour l’enseignant ? Afin de répondre à ces questions, voici les principaux critères qui paramètrent l’addiction de l’enseignant aux nouvelles technologies.

L’âge, l’expérience professionnelle et l’expérience informatique

Il est évident que les jeunes professeurs, pour la plupart nés avec l’apparition de l’informatique, seront plus enclins à utiliser les nouvelles technologies en tant qu’outil de travail quotidien, que cela soit à titre personnel (corrections, points, recherche d’information, …) ou surtout afin de donner cours. De plus en plus de jeunes utilisent un ordinateur, et ce de plus en plus tôt !

Par contre, pour les professeurs n’ayant jamais mis un seul doigt sur un clavier informatique, il est compréhensible que le passage aux T.I.C. (Technologies d'Information et de Communication) pour enseigner se fasse de manière plus laborieuse. De même, un professeur d’expérience qui a donné cours, à sa manière, durant des dizaines d’années, ne sera pas toujours convaincu qu’il faille changer ses méthodes qui n’ont jamais fait défaut auparavant. Il n’aura pas forcément l’envie de prendre encore du temps dans la préparation d’un nouveau cours, surtout s’il est habitué à enseigner la même chose, de la même façon, chaque année scolaire…

La motivation de l’enseignant

Encore une fois, cela dépend tout d’abord si l’enseignant est intéressé, ou même passionné, par ces nouvelles technologies hors du milieu professionnel. S’il est capable de les apprivoiser et qu’il se rend compte de ce qu’elles peuvent lui apporter, il aura déjà certainement pensé à les utiliser dans le cadre professionnel, du moins à titre d’essai.

Toutefois, deux cas se proposent si l’enseignant n’a pas d’intérêt particulier pour les T.I.C. :

  1. Un enseignant qui, à tout moment, a un réel souci de bien faire et d’améliorer chaque jour la qualité de ses cours, s’intéressera au moins à ce que les nouvelles technologies peuvent lui apporter. Bonne ou non lui semblera ensuite l’utilisation de celles-ci.
  2. Par contre, pour ceux qui ne pensent qu’à leur «petit bonheur personnel», il serait étonnant de les voir intégrer ces technologies qui leur paraitraient bien compliquées au départ. Ils préfèrent sans doute se reposer sur ce qu’ils ont fait auparavant et qui ne leur a jamais posé de souci.

L’ignorance des possibilités d’Internet

De nombreux professeurs parcourent déjà le web de manière ponctuelle afin d’y trouver des informations quelconques, d’utiliser le courrier électronique et le dialogue en direct (chat). Toutefois, malheureusement, peu d’entre eux essaient de franchir une étape supérieure, en y proposant, par exemple, des cours virtuels ou différentes activités pédagogiques.

Cela est dû au fait qu’ils ne sont pas au courant de ce qu’Internet leur permet de nos jours ! Le monde du web contient un nombre impressionnant de pages et d’informations de toutes sortes : il est donc compréhensible qu’ils ne trouvent pas facilement les sites intéressants et pertinents pour leurs cours et l’apprentissage. Il est également possible qu’ils n’aient jamais eu l’envie de chercher un peu plus loin s’ils sont persuadés que cela ne leur apportera rien…

La peur et la résistance au changement

«Pourquoi changer alors que tout se passe bien pour le moment ?» C’est une question que de nombreuses personnes se posent lorsqu’ils reçoivent une proposition d’évolution ou de modification de leurs méthodes de travail. C’est évidemment le cas pour les enseignants. Certains professeurs pourraient aussi se demander s’il est bon de s’engager dans une telle aventure alors que cela pourrait mettre en danger leur image. En effet, s’ils se sentent mal à l’aise face à ces technologies, ils ne seraient plus maîtres de leur sort en les utilisant et la qualité du cours pourrait en pâtir. Il est compréhensible qu’ils préfèrent rester sur des bases solides qui ont bien fonctionné jusqu’à présent, plutôt que de prendre le risque de tomber de haut. Là aussi, la solution optimale semble être la formation…

Vers un nouveau profil d’enseignant ?

Désormais, grâce aux T.I.C., l’enseignant a un rôle bien plus actif. Il n’est plus seulement consommateur passif des technologies, mais plutôt protagoniste de ceux-ci. L’interactivité, de plus en plus présente, est un bon exemple de ce nouveau profil actif. Du point de vue méthodologique, le même constat revient. Alors qu’avant il ne recherchait que du matériel didactique prêt à être utilisé en classe, l’enseignant doit rechercher désormais une méthode pour l’utilisation de ces T.I.C. en vue d’une communication pratique. C’est donc à lui de déterminer le fil conducteur de cette utilisation, plutôt que de se laisser guider.

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