Adolescence et énurésie, si on en parlait?

Plus de 2% des jeunes de 13 à 17 ans ne sont toujours pas débarrassés de leur problème d'énurésie. Le "pipi au lit", un sujet ô combien tabou. Parlons-en...
8

Pour qui n’y a pas été confronté, l’énurésie reste un terme mystérieux. Pour ceux qui savent ce que signifie le «pipi au lit», le sujet est tabou. Pourtant, définie comme «la fuite involontaire et inconsciente d’urine au cours du sommeil, à un âge où la propreté est acquise», l’énurésie touche beaucoup plus de jeunes qu'on peut l’imaginer: 12% des garçons de 4 à 7 ans et 8% des filles de cet âge en souffrent. Et les adolescents n’y échappent pas.

On distingue l’énurésie nocturne primaire qui concerne un enfant qui n’a jamais été propre de l’énurésie nocturne secondaire qui se produit après une période d’acquisition de la propreté d’au moins 6 mois.

Essayer de comprendre les causes de l’énurésie permettra de venir en aide aux familles confrontées à cette difficulté. La première démarche consiste à consulter un médecin qui veillera à ce que cette énurésie ne cache pas une autre pathologie (infection, diabète, pathologie rénale, faiblesse du sphincter…).

Finalement pas un drame

Parmi les diverses causes, on retiendra pêle-mêle une hyperactivité du muscle vésical qui se contracterait à outrance pendant le remplissage ou encore un déficit en hormone antidiurétique. Une diminution de la capacité vésicale fonctionnelle (mauvais fonctionnement de la paroi de la vessie) pourrait également jouer un rôle dans l’énurésie en émettant prématurément le signal qu’il faut uriner.

Il semble également que des facteurs génétiques pourraient favoriser le trouble. Ainsi, le risque pour un enfant de devenir énurétique serait multiplié par 7 si son père l’était, et par 5 si tel était le cas pour sa mère. Enfin, lorsque aucune anomalie organique n’a été constatée, on peut alors s’orienter vers des facteurs psychologiques: problèmes scolaires ou familiaux (séparation, deuil, maladie, déménagement, racket, arrivée d’un enfant…) peuvent se traduire en angoisse et fatigue pouvant aboutir à l’apparition d’une énurésie. Attention toutefois à ne pas croire que l’énurésie serait purement psychologique. L’énurésie peut en effet être source de problèmes psychologiques. L’image négative de soi en est une conséquence et non une cause.

Quant aux différents traitements, ils pullulent. Entre «pipi-stop», médication, protections et tutti quanti, le choix est large. Reste que le remède miracle ne semble pas encore exister et qu’il suffit souvent de faire confiance au temps pour que tout rentre dans l’ordre. On est très loin du drame!

Sur le même sujet